23/09/2006 10:52 am

N’espérez pas rattacher l’infidèle.
Aimez sa vue de chatte derrière
                                 sa voix lointaine,
Ses toilettes ouvertes,
                                 son impudeur rayonnante,
Noyau tendre que la boue presse
                                 sous la rafale des troupeaux.
     
D’un désert de primeur et d’artères
Elle commande aux sans racines
De se peindre
Pour s’alourdir.
Elle souhaite et appréhende
                      le risque en se berçant
                                  de troubler sa mémoire.
Elle voit maigrir les oiseaux inquiets.
     
     

Nous nageons vers l’écueil en forme de paupière.
     
     
Les coteaux s’attiraient.
Aux tuiles de la nuit                                              
les chauve-souris détachaient leur dentelle.
Le viol d’une pâleur de duvet                                 
s’est posée sur la blancheur de la nappe.
L’obscur geôlier de mon sang a grelotté.
L’autre a serré.
Le ciel s’est déplié.
L’ovale de la clairière était doux.
Nos dents ont couvert la voix des cloches
Jusqu’à la craie.

     
     
     
     
(Fichtre ! j’avais omis de dire que ce poème est un extrait de René Char, Dans l’atelier du poète.)


02/09/2006 6:12 pm


S’il te faut repartir,
prends appui
contre une maison sèche.
N’aie point souci
de l’arbre grâce auquel,
de très loin,
tu la reconnaîtras.
Ses propres fruits le désaltèreront.
     
Levé avant son sens,
un mot nous éveille,
nous prodigue la clarté du jour,
un mot qui n’a pas rêvé.

(miroir intégral——>)


18/08/2006 9:50 am

…avec le peintre Sima, le psychanalyste J.-B. Pontalis et la poétese russe Vera Pavlova…
(miroir intégral——>)


30/07/2006 8:35 pm

Je me préparais à
retranscrire le
long poème qui suit,
de Tahar Ben Jelloun,
lorsque me prit
l’idée de vérifier
s’il n’était pas déjà
sur la Toile.
Affirmatif, Watson !
Pour le lecteur au long souffle,
un filon à ne pas louper
en fin de texte…

(miroir intégral——>)


08/04/2006 6:13 pm

Enchemisé
dans les
violences
de sa
nuit,
le corps
de
notre vie
est
pointillé
d’une
infinité
de
parcelles
lumineuses
coûteuses.
Ah ! quel sérail.

                                          


HÔTE ET POSSÉDANT


    
Qu’est-ce qui nous consolerait ? Quel besoin de l’être ? L’homme et le temps nous ont tout révélé. Le temps n’est point votif et l’homme n’accomplit que des desseins ruineux.
  
Désir d’un cœur dont le seuil ne se modifie pas.
  
Nous allions prendre ce que nous convoitions. Mais la main qui brillait se rendait, semblait laide.
  
À verte fontaine, fruits souvent meurtris.
  
Notre sommeil était un loup entre deux attaques.
  
Nous avions allongé puissamment le chemin. Ne menait nulle part. Nous avions multiplié les étincelles. Enfin où menait-il ? Aux brumes dissipées, au brouillard rappelé. Et la nature entière était frappée de pandémie.
  
Le meilleur était durant quelque moment le crime en personne.
  
Astres et désastres, comiquement, se sont toujours fait face en leur disproportion.
  
Des hommes de proie bien civilisés s’employaient à mettre le masque de l’attente fortunée sur le visage hébété du malheur. Ô les termes de leur invitation ! Ô le galbe porcin de leur prospérité !
  
Seul, de nouveau, avec cet appelant au loin, si évasif ?
  
Temps, mon possédant et mon hôte, à qui offres-tu, s’il en est, les jours heureux de tes fontaines ? À celui qui vient en secret, avec son odeur fauve, les vivre auprès de toi, sans fausseté, et pourtant trahi par ses plaies irréparables ?
  
(…)
  

JOIE


  
Comme tendrement rit la terre quand la neige s’éveille sur elle ! Jour sur jour, gisante embrassée, elle pleure et rit. Le feu qui la fuyait l’épouse, à peine a disparu la neige.
    
    
    

Poésies de René Char
in
L’EFFROI LA JOIE
in
LE NU PERDU
(1964-1970)

    

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

    

ESPIÈGLERIES

                                    se fait la malle.
    
Probablement le temps d’un printemps et d’un été. Je ne sais trop. Qui peut prévoir où un changement de cap peut nous mener ?
    
Je ne sais pas si je continuerai à naviguer sur la Toile durant cette période, mais ma présence s’y fera certainement plus rare. Vous me manquerez, c’est sûr.
    
Beau temps à vous…
    
Marie Danielle

    


02/04/2006 11:39 am

      LES CAUSES DE L’EXIL

     
     
     
L’urne fut renversée

dès la première vague

et le sang répandu

imprima sur la plage

la gravité de l’outrage.

(miroir intégral——>)


30/03/2006 2:16 pm

Ai passé la majeure partie de mon avant-midi à chercher le nom d’un poète entendu sur les ondes de radio France Culture il y a deux ou trois ans. J’avais alors noté quelques-uns de ses mots, précieusement, car ils nommaient une difficulté éprouvée (et qui m’habite toujours), une difficulté majeure « qui [me] rend [parfois, souvent] la parole courante difficile ». Je l’ai donc retrouvé : il s’agit du poète Jean Todrani. Pas question cette fois-ci de le laisser retourner incognito dans l’indifférencié de mes archives (il y a tant à lire !). Une note, donc, pour laquelle j’ai vampirisé la Toile, en attendant de m’emparer de l’un ou l’autre de ses recueils. Jean Todrani avait alors évoqué la nécessité à trouver dans le langage “la forme polyèdre” pour dire les choses, difficulté qui rend la parole courante difficile au poète. Sûrement pas qu’à lui, mais le poète s’accommode moins bien que n’importe quel autre des approximations sans sève.
(miroir intégral——>)

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