11/02/2007 6:19 pm

Molto grazie a S.

     

«Mais quand j’ai bien dormi et m’éveille le matin, c’est l’artiste qui s’éveille en moi, l’adepte du hasard, l’ami du rythme, et le pauvre homme timide s’efface devant celui qui est doué pour la danse, qui est à lui-même père et mère et frère et ami et amie, qui commande à ses membres et à son esprit et se sait assez riche pour ne traiter ses semblables qu’en tant que personnages de tous les jeux qu’il crée. Pourquoi suis-je aussi docile avec moi-même, pourquoi ai-je le talent de m’admonester dès que je subodore en moi quelque ambition? Pourquoi ne puis-je jamais me trouver insupportable? Comment puis-je supporter un monsieur tel que moi? Jamais la question de l’écot ne me serait venue à l’esprit. C’est lui qui a eu cette idée, ce Lui installé au milieu de moi, cet accoucheur d’idées que j’abrite. Je vous assure que personnellement, de moi-même, je ne rirais presque jamais. C’est lui, c’est lui qui est toujours plein de rires, lui, le féerique.»
     
Robert_Walser, La mesure est bientôt comble in Écrire en optimiste in Le Territoire du Crayon. Éditions ZOÉ, 2003.


12/01/2007 6:52 pm

«Ceux qui ont installé l’éternel compensateur comme finalité triomphale du temporel n’étaient que des geôliers de passage. Ils n’avaient pas surpris la nature tragique, intervallaire, saccageuse, comme en suspens, des humains.»

(miroir intégral——>)


11/12/2006 8:07 pm

E molto grazie, Sofia…

     Se voir offrir un livre édité par Les éditions José Corti est un réel bonheur. Et grand comme le ciel se fait-il, lorsque doublé. Et très coquin lorsque, pour son premier, il s’agit du Blanche-Neige de Robert Walser. L’auteur de prédilection pour l’inflexible Kafka, dit-on de Walser en quatrième de couverture, n’aura pas attendu la Psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim pour voir l’au-delà, et l’en deçà, du conte. Walser aurait réécrit le conte fin XIXe siècle ou début XXe, et Bettelheim est né en 1903, mais sont-ce là signes du Temps? Peu importe, l’écrivain montre, et magnifie, là où le psychanaliste explique. Le premier réenchante en désenchantant, le second accompagne dans une quête de sens; aucune comparaison à faire, ça ne se joue pas sur les mêmes planches, ce n’est pas le même théâtre… (miroir intégral——>)


08/12/2006 5:08 am

     
     Le titre de cette note est celui d’un poème de René Char. Et le texte que je retranscris dans cette note provient de la passionnante et riche biographie que Laurent Greilsamer lui a consacrée, après nous avoir offert ce bonheur de lecture que fut pour moi Le Prince foudroyé, la vie de Nicolas de Staël. Quelles vies singulières qu’ont été les leurs, qui ont également vécu ensemble une intense amitié. Mon attachement pour l’œuvre du poète va grandissant, celui pour De Staël et ses toiles étant un peu connu, je retiendrai donc ici un moment partagé entre eux qui met également en scène Anne de Staël, fille de Nicolas.
     

(miroir intégral——>)


02/12/2006 11:10 am

Aucun art ne peut s’expérimenter
par les seuls processus intellectuels.
L’expérience est
infiniment plus complexe
- le sujet doit être ému
de façon subconsciente.
Présentez quelque chose qui
ne se réduise pas à de simples objets.
L’être humain est fait
de processus chimiques et
de processus métaphysiques. L’être humain ne vit vraiment que s’il prend conscience de l’artiste et du créateur en lui - de son engagement artistique envers tout ce qui constitue la vie.

Propos de Joseph Beuys, artiste conceptuel allemand.
Œuvre Nerves No 14, de Betty Goodwin, dont Beuys est l’une des muses.


25/11/2006 5:55 am

«La grande aventure,
c’est de voir surgir quelque chose d’inconnu,
chaque jour,
dans le même visage.
C’est plus grand que tous les voyages autour du monde.
»

Alberto Giacometti, 1901-1966

(miroir intégral——>)


10/08/2006 8:41 pm

     Ai remis la main sur des notes de lectures faites début années 80. Celle qui suivra est tirée d’un livre que je n’ai probablement pas lu en son entier (vu le peu que j’en ai retenu), mais elle me permet de constater que mon questionnement vis-à-vis de l’autorité ne date pas d’hier. En tout cas, vis-à-vis de celui-ci, je me dis que je n’ai pas trop fait faux bond à mes traces antérieures. Reste à déterminer jusqu’à quel point j’ai fait du surplace ou si j’ai vraiment avancé !!
     
     S’il manque à cet extrait sa mise en contexte de départ, on peut tout de même en tirer profit, je pense.

(miroir intégral——>)

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