Il y a un peu plus de chemin parcouru qu’il ne m’en reste. Je parle de ma [poursuite - enfin ! - reprise de] lecture de Le Paradis Terrestre ; Mythes Et Philosophies de Milad Doueihi, et non de ma vie. Quoique… à la différence toutefois que, un livre, ça peut se reprendre depuis son début. Et maintes fois, même. Pourtant, il s’agira cette fois de ne vous parler que de le retrouver là où je l’avais laissé.
     
Tête de Chameau !Car, là où je l’avais laissé, il m’attendait… Singulièrement.
     
Ou mon étonnement n’est-il dû qu’à l’oubli ? ?
     
Depuis quelques mois d’avant ce récent temps de suspension pour - faisons court - raison de migration, j’ai beaucoup jonglé avec [entre autres] le concept de l’ignorance (ou est-ce elle qui ne cessa jamais de jongler avec moi ?). Et donc, hier, je réouvre le livre de Miladus et lis, en début et haut de page 112 :

« L’ignorance, fait humain caractéristique du vulgaire… »

Si j’étais susceptible, je féliciterais le comité d’accueil pour la paire de baffes grâcieusement distribuées…

Heureusement que je sais un peu lire !
     
(Pour les autres (hé, hé…) : vulgaire, en son sens premier, désigne le commun des hommes, la foule. Sans sens péjoratif car, celui-là, c’est le …vulgaire qui l’octroie en surcroît.)

O L É !

     
Oui, bon, souhaitons ardemment que Miladus se montre clément envers moi et les libertés que je m’autorise impunément avec le sujet de son érudit ouvrage. Il doit savoir que j’emprunte souvent des manières de lire peu orthodoxes. Et, après tout, avec ma note, on effectue une plonge au cœur du chapitre en question, Paradis entre politique et liberté !
     
En fait, je ne fais que m’engager sur une voie transversale de l’imposante avenue royale qu’a été la sienne, à ce titre. Et puisse-t-il se réjouir que je ne le sacralise personnellement, en ne répétant pas de la sorte, autrement, l’erreur adamique qu’il relève.
     
Maintenant, il serait temps d’accoucher de mon propos, si vous êtes encore là pour me lire.
     
Deux premiers extraits des pages lues depuis hier :

« L’ignorance, fait humain caractéristique du vulgaire, conduit irrémédiablement à une adaptation, à une accommodation de la révélation du divin aux opinions et aux attentes de l’homme et de son milieu. »
     
« Le local est le lieu ou l’occasion de l’erreur parce qu’il ne reconnaît pas ses limites naturelles ; il se méconnaît et s’identifie à l’universel, se déclare universel. »

     
La Pomme et NewtonVoilà deux perspectives admirablement synthétisées à partir desquelles ruminer longuement et arpenter le cours de la vie/nos vies.
     
Mais on risque de manquer de temps, là, tout de suite… Alors on ne va causer que de la mienne (à votre charge de parler de la vôtre en commentaire, eh, oh !).
     
Au cours de mon humble (en gras, pour que vous sachiez que c’est bien senti, chez moi, malgré mon ton impertinent - ou justement à cause de) existence (mais respectable, hein, faut pas se méprendre !), j’ai connu - au vu de ce qui nous occupe actuellement - deux événements exceptionnels du fait qu’ils demeurent inexpliqués. Ce qui les distingue, c’est qu’ils furent deux situations où intervinrent des éléments totalement extérieurs à ma personne et à mon esprit, puisqu’ils concernèrent les vies de deux de mes connaissances. Afin que vous sachiez plus concrètement à quoi vous en tenir, cela ressort de ce qu’on qualifie de “prémonitoire”, tel un rêve ou un flash éveillé. Troublants, tous les deux, pour des raisons diverses, et à ce jour, inexpliqués. Faut dire que, non seulement je ne cherche plus à comprendre comment ils ont pu se produire, mais ça ne m’intéresse pratiquement plus. Quant au pourquoi… M’enfin, voilà qui nous ramène aux citations précédentes.

« L’ignorance, fait humain caractéristique du vulgaire, conduit irrémédiablement à une adaptation, à une accommodation de la révélation du divin aux opinions et aux attentes de l’homme et de son milieu. »

Suite à chacune de ces expériences, j’aurais pu me dire que c’était là intervention divine, que j’étais une élue de Dieu, que j’avais un don de voyance, et ainsi de suite. Évidemment que je m’en trouvais très intriguée, mais sans la nécessité de parer l’une ou l’autre situation d’une aura miraculeusement divine. Heureusement, d’ailleurs, puisque je n’ en ai connu que deux de cet acabit-là et donc, tout échafaudage à partir d’eux aurait looooonguement été secoué du chambranle ! Les devais-je à une intervention céleste, au pouvoir obscur de mon cerveau, etc., je n’en sais fichtrement rien. Ces singularités-là se sont avérées sur mon chemin comme elles s’en sont allées. C’est tout.
     
Ou presque… mais d’ordre plus banal : j’ai souvent passé, et passe encore, dans ma vie, pour avoir des antennes. Rien de sorcier, la salade : une pincée d’intuition (capacité intellectuelle de déduction et douance pour les calculs de probabilité), La Pomme et Newtonun bon grain de connaissance(s) du ou des sujet(s), et une bonne aptitude à sentir, ressentir, éprouver ce qui traverse le cours de nos vies. Bonne, au sens de sain, et au sens où l’on sait faire la part de ce qui nous appartient et de tout le reste ; mauvaise serait celle qui vise à un pouvoir sur les autres.
     
Voilà pour ma voyance, et mes points de vue.
     
C’est idiot, hein, j’aurais pu faire fortune et être couronnée de gloire, si j’avais voulu les utiliser à d’autres fins. Y a trop de relativité en moi. Et la relativité, ça oui, c’est universel. Moi, moins.

« Le local est le lieu ou l’occasion de l’erreur parce qu’il ne reconnaît pas ses limites naturelles ; il se méconnaît et s’identifie à l’universel, se déclare universel. »

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Pomme [pas si] Secrète I : avec tous mes détours retours, je n’ai pas pu vous parler de la faute d’Adam. Oui, c’est un fait attesté par Milad, c’est Adam qui a commis la faute, pas Ève ! Donc, mes petits, dépendamment de vos commentaires, on verra si cette note appelle une suite. Faut dire que ce serait une sacrée histoire. En attendant, je vous offre une gâterie (c’est bizarre que le verbe gâter ait perdu son sens premier - altérer, avarier, corrompre - en devenant nom, mais je vous aurai averti…) :


     

Pomme [pas si] Secrète II : j’ai repris l’édition de cette note sous un titre différent, pour au moins deux raisons. Le premier titre était Très Naze comme de chez Très Naze, m’étant laissée emporter par la fantaisie au gré des mots comme il m’arrive quand je ne laisse pas reposer l’écrit avant sa publication ; par ailleurs, et quitte à me répéter, il est vrai que je trouve la lecture de l’ouvrage de Miladus exigeante, mais le plaisir que j’y trouve s’en trouve accru d’autant. Avouons qu’on aime mieux que ce soit lui qui ait fait le boulot pour nous que l’inverse… :-) nah, je blague encore. En réalité, pour qui a déjà été très préoccupé, voire tourmenté, par les questions de nos origines, de la foi, etc., mais aussi surtout pour qui s’est frappé au mur des contradictions ou des ambiguïtés inhérentes au discours religieux chrétien, voire juif en certains termes, il y a une profonde satisfaction à éprouver à lire cet ouvrage de Milad Doueihi. L’ampleur de son travail est incontestablement le fruit de nombreuses années de travail et de réflexion acharnée et nous est donnée comme une invitation à gravir pas à pas les monts et montagnes de la connaissance jusqu’à l’accès à une vue haute, par l’entremise de la justesse et de l’attention de son regard. Si, parfois, on ne mesure pas le bénéfice qu’on pourrait en tirer, je vous dirai que c’est au retour dans la plaine - la routine du quotidien, de fait - que l’on constate que nos propres mouvements sont plus dégagés, plus libres, échappant plus aisément à qui voudrait les contraindre. L’acquisition de savoir(s) délivre de voir son Temps confisqué (”temps de cerveau” inclus, et pour tout un chacun, pas qu’en France)…

     

Pomme [pas si] Secrète III : les Parisiens, les chanceux, sont invités à une rencontre avec Milad Doueihi : « Les Éditions du Seuil et La Maison de l’Amérique Latine (217, boulevard Saint-Germain, Paris 75007, Tél. 01 49 54 75 35) en association avec la librairie Gallimard , ont le plaisir de vous inviter à rencontrer Milad Doueihi autour de son livre La Grande Conversion Numérique avec Pierre Assouline, Roger Chartier, Maurice Olender, Edwy Plenel et Benoît Thieulin le lundi 14 janvier à 19h00. »