28/03/2007 1:51 pm
De la Société Radio-Canada, j’apprécie infiniment le contrôle de la qualité de l’information; je la considère tel un pilier, en l’espèce, et souhaiterais que les autres médias la copient plus souvent, dans ce domaine. Ceux qui me connaissent le savent, j’écoute particulièrement la radio de la Première Chaîne. Ses émissions d’informations, surtout. Or, si je tiens à le préciser d’entrée de jeu, c’est que, cette fois-ci, je vais plutôt râler contre.
En octobre dernier, j’avais salué la survenue des nouveaux carnets web de la SRC, et trouve encore que c’était une bonne initiative, mais je dois reconnaître que je les trouve peu conviviaux. Ce qu’ils qualifient de publicité, dans leur nétiquette, me paraît être abusif, au moins
lorsqu’il s’agit d’en arriver à ne même pas permettre au commentateur de joindre à sa signature un lien vers son propre blog (hier, on a refusé mon commentaire sur cette note d’Anne-Marie Dussault pour ce motif, selon l’explication que m’a fournie en réponse Marie-Hélaine Laurence, de l’Équipe Internet de la SRC). Ce n’est pas du contrôle de qualité, ça, c’est plutôt se montrer extrêmement frileux et gros égo. Et contrairement à ce qui est écrit au 9e point ( (ci-dessus), ce ne sont pas d’abord les internautes qui sont là intolérants, mais la SRC elle-même.
Dans l’introduction de leur nétiquette, on lit également ceci : « La nétiquette est l’ensemble des règles de conduite régissant le comportement des internautes dans le réseau Internet. Avant d’intervenir dans une tribune ou un forum, il est important de prendre connaissance de la nétiquette. ». “dans le réseau Internet” ?!? Ouh là, ça en fait, des délinquants, ça, m’sieurs ‘dames, tous ces blogs où notre signature peut mener à notre espace personnel, et tous ces autres qui permettent d’inclure dans les commentaires tout plein de liens menant ailleurs : on comprend mieux pourquoi le monde ne tourne pas rond !!
Cela étant dit, la SRC n’est pas la seule à opérer de cette manière. On observe le même phénomène chez Canoë et sur Cyberpresse. Ça sent comme… un gaz à effet de serre(s). Je soulignerai toutefois que Le Devoir se distingue joliment d’eux, sur ce plan. (
Vous apprécierez, je l’espère, que je sache mettre ma tête sur le billot, le moment venu, alors même que c’est totalement mortifiant de voir la terrible fôte - demeurer camperé(e) - que j’ai commise dans le titre de mon commentaire !!) Enfin, ce point 9 de la nétiquette appliqué par nos médias québecquois, ça me paraît n’être que du clientélisme inversé, et de fort mauvais aloi. Au point où je crois que je vais retirer ces carnets de mes liens (je continuerai quand même à les lire) : c’est vrai, quoi, puisque je contreviens à la nétiquette, je ne suis pas digne de les inscrire sur mon blog !




C’est pas bien malin de leur part.
‘peuvent pas prendre le temps de vérifier que votre blog n’est ni un supermarché en ligne, ni la tribune d’un parti politique ?
Ils ne savent ce qu’ils perdent, allez, tenez.
‘faut p’têt’ leur donner le temps de réfléchir, de s’apercevoir ce que sont les pratiques répandues sur le fameux réseau des réseaux. Vous devriez leur indiquer anonymement comment ça se passe au Monde ou chez Libé. Ça leur ferait les pieds.
Comment erre Jean-Balthazar — 28/03/2007 @ 4:28 pm
Eh bien, Jean-Balthazar, c’est que je leur accorde le crédit de la lecture - sinon d’une connaissance minimale - de ces médias étrangers, et donc qu’ils auraient vu de visu qu’ailleurs, on n’était point si frileux qu’eux se montrent l’être. Mais là, vous venez de m’instiller quelque doute…
Comment erre Marie Danielle — 28/03/2007 @ 4:46 pm
Bizarre et même drôle, si j’ose dire, Cela me rappelle la réaction d’un musée américan quand j’avais demandé la permission d’utiliser un de leurs tableaux (portrait de St. Augustin). Au début, ma demande était tout simplment refusée, car le titre de mon ouvrage (la version anglaise de Histoire perverse du cœur humain) leur suggérait un roman pornographique!
Comment erre miladus — 28/03/2007 @ 6:06 pm
Ah ben oui, Milad, mais je ne vous l’avais pas dit : quand j’étais passée emprunter votre livre à la BAnQ, je l’ai aussitôt glissé dans un sac brun. Vous imaginez les atteintes à ma digne réputation, de me promener à la vue de tous, avec un livre ainsi titré !
(en fait, c’est tout le contraire : je me souviens que j’avais de nombreux rendez-vous médicaux, à l’époque, et je m’amusais assez à le brandir en le lisant dans les transports en commun. Parce que, évidemment, le terme de perverse, apposé à celui d’histoire, et de cœur en plus, c’est assez provocant, à première vue. J’vous parlerai pas de la seconde.)
Sinon, pour revenir à ce point de la Nétiquette, je me suis demandée si cette manière de faire était spécifiquement québecquoise, si ça n’avait pas à voir avec un raisonnement se fondant sur la petitesse de notre bassin démographique francophone. Toutefois, même si c’était le cas, ça demeure à mes yeux un raisonnement dont je peine à cerner la logique. Vraiment, j’vois pas.
Comment erre Marie Danielle — 28/03/2007 @ 6:47 pm
Il va falloir re-lire l’étiquette québécoise à travers le filtre de N. Elias…
Comment erre miladus — 28/03/2007 @ 9:42 pm
C’est-à-dire?
Comment erre Marie Danielle — 28/03/2007 @ 9:52 pm
Tiens donc, compteriez-vous parmi les amateurs du jeu de paume, Milad??
Comment erre Marie Danielle — 28/03/2007 @ 9:57 pm
C’était juste pour dire leur façon d’agir, c’est-à dire de restriendre l’accès, est à lire entermes dérivés des travaux d’Elias sur La Société de Cour…
Comment erre miladus — 29/03/2007 @ 7:37 am
Oh darn, Milad, vous apportez du bois de chauffage à la cause indépendantiste!
Je tire un peu sur la couverture, là, mais qui sait si, peut-être, il s’agirait là d’un relent monarchiste britannique…? (en fait, je pense un peu à voix haute : c’est que je me rends compte que je réfère souvent au fonds judéo-chrétien toujours prégnant de nos jours et à ses ramifications parfois imperceptibles, mais je devrais peut-être envisager, au moins aussi aisément, la réalité d’un fond monarcho-britannique… à méditer…)
Comment erre Marie Danielle — 29/03/2007 @ 9:28 am
Comme le disent certains, Oui à la Monarchie, Non à l’Enarchie.
Comment erre miladus — 29/03/2007 @ 11:50 am
And, what about l’Anarquie??? Vous me direz, ce Royaume n’est pas de ce monde??
Comment erre Marie Danielle — 29/03/2007 @ 12:11 pm
wikipedia dit:
Un énarque est un ancien élève ou un élève de l’École nationale d’administration ou ENA.
C’est faux.
ENA=école des nantis arrivistes €£$!!
Comment erre alain — 29/03/2007 @ 12:25 pm
On vous mettra alainpédia [à l’impédia]* comme l’on mettait autrefois les impénitents des textes maudits à l’index, Alain!!
* “alainpédia” : ce serait une idée d’index contemporain, ça, non?
J’irai vous porter des oranges.
Comment erre Marie Danielle — 29/03/2007 @ 12:31 pm
Superbe: ENA=école des nantis arrivistes €£$!!
Comment erre miladus — 29/03/2007 @ 1:02 pm
Pour un peu, je serais jalouse. Superbe, l’ENA €£$!! d’Alain, et moi, émoi, et moi??
Ouais, bon, d’accord, je l’ai peut-être un peu démérité, selon l’histoire…
OK, je ne dirai plus rien au sujet du prof, au grand jamais, rien, Milad, mais je reconnais que vous êtes très bon jardinier!!
J’m'enfonce??
So much for la transe en danse; l’exorciste, c’est pas mouah.
Comment erre Marie Danielle — 29/03/2007 @ 1:18 pm
Alors une citation de Nietzsche, ” Nous portons tous en nous des plantations et des jardins secrets,” Le Gai Savoir
Comment erre miladus — 29/03/2007 @ 1:48 pm
En France, j’ai été l’un des premiers à proposer une netiquette pour les blogs en octobre 2005, reprise en partie par les humains associés.
Concernant les liens, j’avais écrit : “La publicité n’est généralement pas acceptée dans la plupart des blogs, sauf cas exceptionnel ou site dédiés à cela. Par contre, un lien ou un trackback peut être inséré à condition que le commentaire soit pertinent et ne serve pas d’alibi à une publicité déguisée.”
Comment erre Delcroix — 29/03/2007 @ 5:12 pm
Oui mais il y a publicité et publicité. Je ne suis pas d’avis que le commerce des idées et leurs promotions doivent subir pareil interdit; par contre, les affaires ne visant qu’un profit financier, j’veux bien. Ça me fait tout simplement l’impression que l’esprit d’Internet est lui-même contrecarré, cet interdit-là tel que nos médias d’ici l’appliquent. Fi de la mise en réseau des forces et du savoir, fi de l’échange, fi d’une convivialité pouvant se développer entre blogueurs et commentateurs, etc. Et puis, avec le temps, y a comme un phénomène d’auto-régulation qui se produit, au sein d’un groupe, et une cohésion relative entre ceux qui fréquentent un blog, même avec des points de vue aussi variés qu’opposés. Big Picture et La République des Livres n’ont pas peur de la soi-disant pub, par exemple, qui sont un peu comme des agoras réinventées, contemporaines.
Comment erre Marie Danielle — 29/03/2007 @ 6:47 pm
Je suis 100% d’accord avec toi, Maridan. Je dirais même que cette prétention à refuser une telle “pub au mérite” (car, après tout, tu assumes encore mieux tes propos quand tu signes avec un lien vers ton blogue, qui est ta carte d’identité de citoyen-internaute, en quelque sorte), cette prétention, donc, est totalement hypocrite car, par ailleurs, les pages Web et les ondes TV de Radio-Cadenas sont pleines de pubs payantes.
Analyse de sens : « Si cela me rapporte et participe à l’écosystème médiatico-économique, c’est parfait. Si cela ne me rapporte pas et que cela ne sert que les citoyens, c’est mal. » Non mais, dites donc, elle est où, la notion de service public dans ce positionnement néthique à la mord-moi-le-gousset?
Il faut vous dire, Madame, qu’il n’y a pas de blogue comme tel, à Radio-Canevas, rien que des carnets! La nuance n’est pas que linguistique, elle est sémantique, aussi. Les blogues, c’est pour les amateurs, les gens ordinaires, les frustrés. Les carnets, c’est pour les professionnels, les experts extraordinaires que l’on monte en vedette dans les auto-pubs, les gens qui savent et qui racontent mieux que personne. Les commentaires, c’est pour offrir au “public” un exutoire, pas pour dialoguer, de citoyen à citoyen, avec lui.
Si cela peut te rassurer, je connais plusieurs employés de Radio-Canada qui trouvent cette situation déplorable. Les individus sont toujours plus intelligents que les institutions qu’ils servent, ces “personnes amorales”, comme on devrait les appeler.
Comment erre Christian Aubry — 31/03/2007 @ 2:24 pm
“à la mord-moi-le-gousset” : fameux! Je suppose que tu es prêteur, et pas à des taux usuraires, mm? Parce que je l’utiliserais, c’est trop bien trouvé!!
J’ai répondu à Marie-Hélaine Laurence en lui joignant un lien pour cette note, mais suis demeurée sans réponse à ce jour.
Vrai que notre parole de citoyen est d’autant plus assumée quand notre signature sort de l’anonymat en y joignant un lien vers notre blog. Peut-être que la SRC voudrait, pour accepter de laisser paraître l’adresse du blog d’un commentateur, être assurée de son intégrité morale? Sinon, qui dit que les noms qui apparaissent en signatures de commentaires sur leurs carnets sont de vrais noms? Radio-Canada les vérifie-t-elle comme elle vérifie ses sources? (je pousse jusqu’à l’absurde, précise-je)
Quant à la différence, linguistique ou sémantique, je m’en fous pas mal : l’emploi d’un terme ou d’un autre ne fait pas la noblesse de celui qui en use. Perso, je préfère carnet à blog, mais ça a tout simplement à voir avec la référence au papier du carnet que j’aimais autant que j’aime celle du calepin ou des cahiers. Je trouve que le mot blog sonne dur et sec, mais je l’emploie souvent malgré cela. En fait, on pourrait le voir comme un terme générique et se dire que parfois, certains blogs ont plutôt l’allure d’un carnet, d’autres d’un calepin, ou de cahiers (tels ceux d’Anaïn Nin).
Sinon, je pige bien ce que tu dis au sujet des “personnes amorales”, mais dans le cas qui nous occupe, tu penses pas qu’on pourrait parler plutôt de moralité “douteuse“???
Comment erre Marie Danielle — 31/03/2007 @ 2:59 pm