22/03/2007 1:56 am
(S’il se trouve une personne parmi vous qui brûle d’envie de me faire un hÉnAuRmE cadeau…
)
L’extrait qui suit provient du blog de haute tenue d’Angela Paoli, Terres de femmes. Il est tiré d’un ouvrage qui fait 2396 pages, Zibaldone, de Giacomo Leopardi d’abord découvert chez Milad qui lui a voué plusieurs notes. Du genre de celles qui sont des inactuelles. Remarquable…
En date du 2 janvier 1821 :
« L’égoïsme général provoque et nécessite l’égoïsme de chacun, car si personne ne fait rien pour vous, il vous faudra vivre en faisant tout par vous-même. Si les autres vous privent autant qu’ils peuvent de l’essentiel et que, tout à leurs propres avantages, ils ne
se préoccupent pas du dommage qu’ils vous causent, il vous faudra pour vivre vous battre et affronter les autres le plus possible. Quelle que soit la chose que vous vouliez céder, vous ne devez en attendre ni gratitude, ni contrepartie, puisque l’échange où chacun se sacrifie pour l’autre, la libéralité et les bienfaits réciproques ont été abolis. Mais si vous reculez d’un seul pas, les autres vous repousseront de vingt, chacun s’y employant de toutes ses forces. C’est pourquoi il est nécessaire que chacun aille le plus possible contre les autres et combatte pour soi jusqu’à la fin et de toutes ses forces : la réaction doit être proportionnée à l’action pour pouvoir aboutir à un résultat, c’est-à-dire vivre; si l’une est importante l’autre doit nécessairement augmenter d’autant. Telle une meute de fauves affolés autour d’une proie, où chacun est décidé à ne rien laisser aux autres à moins d’y être obligé : le fauve qui reste sans agir, recule devant les autres, attend qu’ils pensent à lui ou n’engage pas toutes ses forces restera le ventre vide ou perdra d’autant plus de nourriture qu’il avait engagé ou pu engager moins de force. En vertu du système de l’égoïsme universel, tout ce que l’on donne est perdu. Par ailleurs, un tel égoïsme est également la cause de l’égoïsme individuel, non seulement d’après cet exemple mais parce qu’il donne à l’homme vertueux l’exemple de la triste expérience de l’inutilité, ou plutôt le caractère nuisible de la vertu et des sacrifices magnanimes, et lui fait perdre ses illusions ; cela s’explique aussi par la misanthropie qu’inspire le spectacle de tous ces gens préoccupés d’eux-mêmes, insoucieux de votre bien-être, ingrats envers vos bienfaits et qui sont prêts à vous nuire, qu’ils en tirent ou non un bénéfice.
Un tel état de choses modifie le caractère des gens et enracine non seulement concrètement mais radicalement l’égoïsme jusque dans les esprits les mieux faits. Ce sont d’ailleurs les plus touchés, puisque l’égoïsme n’y entre pas comme une passion inférieure et vile, mais au contraire comme une passion supérieure et magnanime, telle par exemple la passion de la vengeance et de la haine envers les méchants et les ingrats. Si nocentem innocentem que idem exitus maneat, acrioris viri esse, merito perire [Si le coupable et l’innocent doivent avoir la même fin, c’est se montrer un homme ardent que de mériter sa mort] disait l’empereur Otton selon Tacite, Histoire, Liv. I, chap. 21. (2 janvier 1821.) »
Giacomo Leopardi, Zibaldone, Éditions Allia 2003, pp. 279-280. Traduit de l’italien, présenté et annoté par Bertrand Schefer.



Bonjour Marie Danielle,
L’égoïsme [est] le propre de l’homme. [Zibaldone, 5-11 août 1823]
Comment erre miladus — 22/03/2007 @ 9:05 am
Bonjour,
Celles et ceux qui veulent en savoir plus sur le Zibaldone peuvent se reporter à l’article que Florence Trocmé et moi-même avions rédigé pour le magazine de Zazieweb, au lendemain d’un entretien avec Bertrand Schefer.
NB : par ailleurs, ne me cherchez plus sur Zazieweb… J’ai été “lourdée” comme “politiquement incorrecte” par la maîtresse des lieux, une habituée du ménage et de la larbinisation.
Comment erre Angèle Paoli — 22/03/2007 @ 10:01 am
Bonjour Miladus, Leopardi poursuit-il sur cette voie en faisant s’articuler quelques motifs par devers morale, éthique ou religion? (ma question est probablement énorme en divers aspects, mais je ne vous demande pas de combler celui de mon ignorance d’un trait
)
Grand merci pour cette indication, Angèle. J’irai lire cet article attentivement plus tard aujourd’hui. Zazie ne doit pas pratiquer Char entièrement (non que je sois prête à jurer que je le saurais moi-même…), mais allez, un vers, pour la route :« Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience. »
Comment erre Marie Danielle — 22/03/2007 @ 11:21 am
Je dirai plutôt éthique 9il faudrait développer sans doute…).
par ailleurs, Nietzsche était grand lecteur de leopardi: il a même voulu le traduire.
Comment erre miladus — 22/03/2007 @ 11:45 am
Remarquable, en effet, Maridan. Et tres anti-chretien! Deux mille ans d’efforts inutiles et contre… nature!? Pourtant, nous pourrions renverser le sens donne a “egoisme”: Jesus-Christ etant lui-meme un grand egoiste puisqu’il n’a cesse de nous prouver, vu que c’etait sa nature profonde, que pour gagner le paradis il faut se battre en bon chretien (bon, le mot chretien n’existait pas encore), c’est-a-dire tendre la joue gauche etc. Il n’y a qu’une chose qui en ressort de cette lutte constante entre “moi” et “toi”: l’illusion d’une avancee spirituelle pour certains quand ils cedent du terrain ou l’etablissement du “moi” sur terre, pour les autres peu sensibles au confort de leurs pairs. Le nerf de la guerre des religions pour le cote ’spirituel’ et de la Loi, pour le cote civil - ou - comment controler le cote irrespectueux inne de l’homme. Comme disait Hemingway: “Il faut choisir: Etre gazelle ou lion”. Mais, choisit-on vraiment? La est la question. Car ce qui nous definit, en fin de compte, c’est bien cette lutte constante entre ‘le mal et le bien’…
Comment erre anna — 25/03/2007 @ 9:23 pm
J’en parlais justement chez Ramiel aujourd’hui, de cette incitation (commentaire no 3) à tendre l’autre joue, Anna! Cette citation de Leopardi provoque beaucoup, en particulier ce passage-ci auquel je suppose que vous référez sans le dire expressément : “Ce sont d’ailleurs les plus touchés, puisque l’égoïsme n’y entre pas comme une passion inférieure et vile, mais au contraire comme une passion supérieure et magnanime, telle par exemple la passion de la vengeance et de la haine envers les méchants et les ingrats.” Et, personnellement, je tiens les propos de Leopardi et de Jésus pour radicaux (sans négliger qu’on les lit sans aucune mise en contexte qui permette de décoder si le reste de leurs discours nuance ou développe leurs perspectives. Je ne sais pas pour Leopardi, mais je sais que les enseignements de l’Église qui nous ont été donnés pendant longtemps (et peut-être encore, car je ne saurais dire si ça a évolué ou pas) poussaient à un comportement de résignés, de fatalistes, en imposant un comportement passif de victime qui doit accepter de voir son intégrité malmenée sans réagir en aucune façon, comme si toute action d’opposition et de refus d’être traités comme des moins que rien était la seule et unique manière de comprendre le message de Jésus. Aussi, je formulerais autrement le propos de Leopardi car, si je crois que tout être humain qui se respecte doit avoir la haine du mal (chez les autres et en soi) et doit chercher à le combattre, vouloir rétablir la justice ne me paraît pas équivaloir à la vengeance mais à la réparation du mal commis et, ultimement, quand toutes les conditions sont réunies pour assurer que le coupable regrette réellement et veut faire ce que doit pour réparer, alors le pardon devient envisageable. Mais avant d’en arriver là, ne pas démissionner devant les méchants, ne pas leur rendre la tâche plus facile, et s’attacher à mettre à bas le mur de l’arrogance ou de l’indifférence des ingrats. Et on n’excellera jamais à la chose plus qu’on y parvient en commençant par soi-même.
Comment erre Marie Danielle — 25/03/2007 @ 10:37 pm
Également, Anna, je considère que l’on ne peut jamais choisir plus que selon ce que nos ressources le permettent. Mais ce que je viens de dire est plus complexe que ce que ma formulation donne à entendre. Tout ça est très relatif à une situation donnée, et en même temps, il me semble qu’il y a un appel au dépassement constant, dans le sens qu’il y a à vivre. Tout comme il y aussi le devoir d’assomption de sa part de responsabilité.
Bon, autant pour le précédent que celui-ci, je ne prétends pas à la vérité pleine et entière, précise-je, car mon ton est un peu trop péremptoire, et puis s’avancer sur ce terrain exigerait de développer beaucoup plus que ça n’est possible d’un seul coup.
Comment erre Marie Danielle — 25/03/2007 @ 10:50 pm
Je crois que Leopardi, ici, cherchait juste à justifier ses rancoeurs personnelles. La justice, c’est essayer d’améliorer moralement le monde. Chacun a son idée sur la manière dont il faut s’y prendre. Dans les temps primitifs, la vengeance était regardée comme valable. Mais aujourd’hui, on estime que la raison surmonte le désir de vengeance, et cherche les moyens grâce auxquels le criminel ne récidivera pas, voire s’amendera. Car c’est le but. Mais bien sûr, le désir de vengeance est une réaction face au mal : une réaction instinctive. Il est le point de départ, et correspond à un sentiment d’injustice ; lorsqu’il s’agit de la personne lésée, néanmoins, il se confond avec l’amour-propre, l’orgueil individuel, la présomption de soi-même.
Comment erre Ramiel — 26/03/2007 @ 2:12 am
En plein dans le mille, Ramiel! En effet, en Italie Giacomo Leopardi est percu comme un grand poete - mais - chetif et maladif (comprenez: il est excuse). Vous qui petez la sante (plein Danticorps car il y a une place pour chaque chose), vous devez surement savoir que la maladie du corps n’est jamais que le reflet de l’etat d’esprit. Bon, Mariedan, ne montez pas sur vos grands chevaux (vos allergies ne sont que le symptome d’une rage contre les injustices sociales, petit coeur en marshmallow!). Presomptueuse, moi!? Bon passons et revenons a nos moutons: les rancoeurs personnelles de Leopardi ne sont que l’aveu de son impuissance face a son pere et a sa mere. Le pere, l’autorite temporelle, la mere l’autorite spirituelle. Coince dans son acceptation du conformisme ambiant, voila que son genie le pousse a renverser ces barrieres. Quel dilemme! Son genie en vaut-il la chandelle? Manque de confiance en lui. Cependant, il n’a pas le choix, il doit le mettre en avant. Rancoeur personnelle: c’est dur de devenir grand! Dans la realite qui fut la sienne: papa etait fou car il dilapidait la fortune (as if there was no tomorrow), maman frenait tout et essayait d’assainir les finances. Mamma mia! Quels models pour quelqu’un d’aussi sensible que Leopardi!
Comment erre anna — 26/03/2007 @ 9:22 am
Ce qu’il y a avec vous, Ramiel, c’est que vous veillez à l’irrigation depuis la source jusqu’à tout aval. Nous reste plus qu’à puiser l’eau pour la boire. Et si on y trouve quelque impureté, ce sera que notre gobelet n’était pas parfaitement propre.
Comment erre Marie Danielle — 26/03/2007 @ 9:29 am
Anna, vous n’aviez pas posté encore au moment où j’ai commencé à écrire mon commentaire. Tranquillisez-vous, je ne monterai pas sur mes grands chevaux (faudrait d’abord que j’en aie
), toutefois il appert que les vôtres se sont un peu trop rapidement emballés… Faudrait nuancer, très chère : tous n’arrivent pas à la naissance avec un corps parfait et avec un potentiel de santé maximale (Christian, s’il nous lit, se réjouira d’avoir l’opportunité de venir nous entretenir du poids de la généalogie…). Alors, sans vouloir me vanter, je ne dirais pas que j’ai un cœur en marshmallow : ce serait même tout le contraire, puisque j’ai jusqu’ici résisté (lire : combattu) contre les forces sombres qui veulent étouffer ma petite lumière.
Pfff.
Ouarf. ouarf.
Comment erre Marie Danielle — 26/03/2007 @ 9:39 am
En tout bien tout honneur, Mariedan. Et en tout mal…? Qui n’est point soumis a l’obscurite ou l’obscurantisme, jette la premiere pierre! Comme je vous comprends du haut de mes trois pommes… Une poire pour la soif: les raisins de la colere. C’est bon de lutter, dites-vous bien! C’est fatigant, c’est vrai. Mais, quel autre choix? L’intellect a lui seul ne peut nous permettre de depasser notre condition humaine. L’embrasser ou ne pas l’embrasser (la condition)?
Comment erre anna — 26/03/2007 @ 9:54 am
Pour l’embrasser (la condition humaine), il faut d’abord savoir la reconnaître (remarquez, y en a qui embrassent des inconnus
).
Par exemple, de nos jours, la pensée magique est très prégnante : y a de la fuite dans la condition…
Comment erre Marie Danielle — 26/03/2007 @ 10:09 am
De nos jours seulement, Mariedan!? Voyons, une amatrice d’histoire (d’O) comme vous ne peut certes etre ignorante de sa perennite. La fuite nous assure la… continuite! Quelle condition! Pfff. D’ou l’egoisme, justifie.
Comment erre anna — 26/03/2007 @ 11:17 am
Mon amour, je tenais par la présente à vous faire part de la fermeture de mon blog, le dénommé “Blogalisation by Hrundi”.
- C’est quoi patron, ce style administrativo-chiant que vous employez là ?
- Diable, Fernand, tu as raison, le fait de n’être plus Hrundi alourdi mon style. Ploum, ploum, je recommence : Mon amour. Les meilleures choses ont une fin. J’arrête Blogalisation pour faire mieux encore. Il va s’en dire que j’aurais un peu plus de temps pour venir musarder dans vos notes à vous et lâcher quelques coms à propos. Merci de m’avoir accompagné, soutenu et fait rire pendant tous ces mois et sachez qu’il est bon de se dire que vous existez, certes loin mais y’a pas de sottes localisations géographiques. Je vous embrasse d’une pincée de pixels. Votre trop aimable Hrundi.
- Ah ben, là, c’est mieux patron.
- Bon, on en est où du chargement de la Pope Hartford Modèle 1913.
- Pfffff, patron, vot’ malle elle est trop grosse, elle rentre pô dans le coffre.
- Débrouille-toi et gaffe de ne pas abimer mon haute forme. A bientôt Marie Danielle.
Comment erre Hrundi — 26/03/2007 @ 11:28 am
Haut de forme, patron, haut de forme.
- Magne Fernand, magne.
Comment erre Fernand Mondain — 26/03/2007 @ 11:30 am
Anna, comment savez-vous que j’ai vu déjà Histoire d’O? Serait-ce que de l’avoir vu avant même mes 18 ans ait laissé de telles empreintes sur mon esprit?!? Ou peut-être mon âme (Ramiel, Ô secours!!)?!?
Z’avez raison, bien sûr, pour la pérennité de la pensée magique. Alors, disons cela autrement, pour marquer à quel point elle est plus prégnante encore : aujourd’hui, y a plus de pensée, on ne fait que dans la magie!!
Évidemment, y a quelques exceptions, mais faut remonter à la source de la fuite si on veut les trouver…
(applaudissez, m’dam’ zé mes cieux, j’viens de vous funambuler ça à un tel point* que je me sens prise de vertige, aaaaaaah! je plooooongeuuhh… Ah! mais, que vois-je?!? Hrundi est là pour me cueillir dans ses bras, ooh viens, que je te sécurise le filet!! Que me voilà entre de beaux bras!!
* faudrait jouer le jeu et faire semblant d’être émerveillé, quand même, hein, sinon tant pis pour vous. Là, croise hier, ça muse!
Eh ben, Hrundi, vous déblogalisez? Mais vous le laisserez en ligne, votre blog ou, psccchtt! tout disparaîtra ? Parce que le bassin est immense encore qui ait besoin de découvrir vos fabuleuses Aurores et autres aventures! Toujours ravie d’avoir mon exemplaire à portée de main. Si, si, j’insiste.
Enfin, je vous comprends, on est comme ça, nous, les artistes, on a un besoin incessant de se métamorphoser (oui, oui, moi-même opérerai des changements importants bientôt).
Me réjouis de savoir que je pourrais vous voir plus souvent dans les parages, cela dit. Sinon, vous croque-noterez principalement? (quand l’envie vous prendra de croquemitainer in the flesh, passez me voir…
) Bisous à Fernand et vous.
Comment erre Marie Danielle — 26/03/2007 @ 12:48 pm
Marie-Danielle, vous avez vu le film, mais avez-vous lu le livre ? Moi, un peu. Anna, et vous ? Que pensez-vous de Sir Stephen ? Hrundi peut-il être aimé de Marie-Danielle comme cet Anglais d’O ?
Sinon, la vérité est que j’ai un peu lu Leopardi aussi : car comme vous savez, je lis l’italien, et donc connais un peu la littérature italienne. C’est bien, mais sombre et apocalyptique. Il exagérait le mal qui existait en ce monde, à mon avis.
Marie-Danielle, vous connaissez des femmes qui embrassent des inconnus ? Etes-vous l’une d’elles ?
Comment erre Ramiel — 26/03/2007 @ 2:42 pm
Lu le livre? Vous voulez dire que le scénario est basé sur un livre?!? Ils font ça, les cinéastes?!? Pfff, on se fiche de l’inspiration neuve, me semble-t-il.
Nah, je crâne, hon! sans doute. Mais non, pas lu le livre. Mais écoutez, Ramichou, hein, j’ai vu le film y a plus de 30 ans, et personne ne m’avait parlé du livre à l’époque; et pis après, on oublie, quoi. Mais les impressions demeurent. Sauf que j’vous dis pô lesquelles, pfff.
J’vous vois quand même venir, pis vous saurez fichtrement pas ce à quoi a pu ressembler ma vie privée lorsque en couple, eh ho! Quant à my Hrundi, on leur fait faire ce qu’on veut, aux pixels, ça ne porte pas à cons séquences.
Pour le reste, Ramiyam-yam, je suis étonnée que vous posiez la question car s’il y en a un qui devrait bien savoir qu’on ne connaît jamais tout à fait les autres, c’est vous. Et donc, qu’on embrasse toujours au moins un peu l’inconnu. Perso, j’embrasse que l’Étranger. Pour autant qu’il me montre son vrai visage. Et en personne, plaît-il.
Comment erre Marie Danielle — 26/03/2007 @ 3:21 pm
Le blog fera bien pshiiiitt (dans quelques jours je pense). mais bon, bientôt la version augmentée des aventures sur papier et ce coup-ci Fernand va bosser.
- Pffffff, patron.
- Bref, nous continuons à travailler mais différemment. Et puis la fine équipe reviendra un de ces quatre.
- Patron, y’a Gallimard au téléphone.
- Dis leur de rappeler plus tard, je cause à Sandgirl.
Comment erre Hrundi — 26/03/2007 @ 6:52 pm
C’est qui, ce gars limard?!?
Ouais bon, comme j’ai dit, je comprends très bien, et aurai juste très hâte de vous lire ailleurs ou autrement. Moé ’si, je suis moins présente sur la Toile ces derniers temps; je suis en train de parachever ma réorganisation de vie, car si ma santé n’est pas encore totalement stable - quelques récurrences encore bien emmerdantes de temps à autre -, j’ai retrouvé beaucoup de mes forces et de mon énergie. Mais je ne suis pas au bout de mes peines : faut que je trouve à gagner mon pain, et peut-être un peu de beurre à mettre dessus, alors le temps doit s’orienter autrement…
Comment erre Marie Danielle — 26/03/2007 @ 7:33 pm
Oui Sandy, Histoire d’O a ete ecrit par une femme, Pauline Reage, un pseudonyme. Elle a revele qui elle etait vraiment, en fin de vie. Passou avait fait un billet la-dessus. Si j’ai aime le film, Ramiel? Il m’a perturbee car, je ne pouvais pas imaginer qu’une femme puisse se soumettre, de son plein gre, physiquement, a ce point. Bien sur, je me suis vite empressee de prendre ces images crues pour une metaphore de la condition psychologique et sociale de la femme. Au fond, c’est bien ca qui m’a perturbee: a quel point nous obeissons de gre ou de force, consciemment ou inconsciemment a certaines injonctions ou conditionnements. Moi, qui ai toujours aime prendre du recul par rapport a ce qui m’arrive de ‘plein fouet’, je dois avouer qu’il m’a ete difficile, bien souvent, de percevoir les vrais contours de ce qui est ‘normal’ et de ce qui ne l’est pas. Car j’aime me ‘peter’ la tete a imaginer toutes les dispositions d’ame et conditions existentielles de tout un chacun (ma nature d’ecrivain, sans doute…). Bien sur, en-dehors de la douleur physique, que je ne supporte pas, sauf s’il le faut vraiment (je suis une petite nature), je ne puis cerner pour les autres, quelles sont les ‘limites morales’. Mais, en ce qui me concerne, j’ai toujours su, jusqu’a present, ce que je serais disposee a subir ou pas. Parce que je suis convaincue que l’amour a bon dos. Et que parfois, aimer vraiment, c’est savoir dire NON! Ce qui nous amene a l’elaboration d’un tout autre scenario de vie. Le plaisir ou donner du plaisir a n’importe quel prix? Se soumettre par choix ou non choix a n’importe quel niveau? Et la dignite de soi-meme, dans tout ca? Voila que l’egoisme salvateur devrait refaire surface en pareilles circonstances, car aimer n’est pas se nier ni s’offrir en pature!
Comment erre anna — 26/03/2007 @ 11:30 pm
Si l’amour a bon dos, le fouet n’y fera rien qu’un picotement.
Mais, Anna, il m’a en fait simplement semblé que Pauline Réage avait cherché à séduire Jacques Rivière en lui faisant comme des promesses allusives dont elle savait bien qu’il ne les exigerait pas toutes. Comme Rivière était un lettré, elle a écrit un roman. Ce qui y est amusant, c’est que le style reste toujours froid, explicatif, comme anodin, alors qu’il évoque des horreurs. En fait, c’est une fantasmagorie, de la poésie.
Je ne pense pas qu’il ait une vraie portée sociale dans le sens que vous donnez, car O est réellement amoureuse de ses tortionnaires. C’est une plaisanterie, ou une allégorie, au mieux, sur la nature de la femme même. Mais cet aspect me paraît secondaire. Pauline Réage a suivi une idée, et en a montré l’application. Cette idée est une facette de l’âme féminine ou même plus généralement humaine. Elle ne recoupe pas tout : mais cela correspond à quelque chose. Il y a aussi des hommes qui aiment être fouettés, dit-on. Mais aucun d’entre eux n’a encore avoué. C’est la différence avec Pauline Réage. Un jour, un homme, pour plaire à une femme autoritaire, pourra peut-être écrire un roman comparable.
Comment erre Ramiel — 27/03/2007 @ 2:24 am
Dont elle savait bien qu’il n’exigerait pas qu’elle les tînt toutes, plutôt (erratum).
Comment erre Ramiel — 27/03/2007 @ 2:31 am
Anna, rien qu’entre vous et moi, sachez que je joue parfois aux Candides afin de contenir les transports de Ramiel. Alors avant que Passou ait fait un billet à propos de Réage, je savais déjà que Histoire d’O était un roman. Mais je ne l’ai toutefois pas lu, ça, c’est vrai.
Tous les deux (et/ou tout autre qui voudra se joindre à la discussion), vous avez vu Breaking the waves / L’amour est un pouvoir sacré ? Ça n’est pas la même histoire, mais cela met également en jeu ce à quoi on peut se montrer prêt [soi-disant] par amour. Qui fera la part du sadisme et du masochisme destructeurs? J’ai pour mon dire qu’entre personnes adultes et vaccinées, et consentantes, on peut faire ce que bon nous semble. L’affaire, c’est de savoir jauger si ce bon est vraiment bon. Mais j’ai également pour mon dire que tout ce qui devient habitude possède le pouvoir d’aliéner si on ne sait pas dégager ce que cela recèle de vie à préserver. Pour s’affranchir de la part animale en soi, il faut l’avoir reconnue; pour la reconnaître, il faut l’avoir connue. Sinon, on ne fait que nier et/ou vivre comme des amputés. Mais on a intérêt à tenter de bien choisir les voies de ses découvertes si on ne veut pas s’y perdre. Et alors, comment faire pour déterminer si le partenaire avec qui en faire certaines (découvertes) est “convenable”?
Vous pensez quand même pas que je vais vous donner les réponses?!?
Comment erre Marie Danielle — 27/03/2007 @ 3:12 am
Non, je n’ai pas vu ce film. J’ai vu “Videodrome” : c’est un peu le même thème.
Cela dit, il y a la règle du consentement, et aussi celle-ci : qui ne dit mot consent - sauf s’il est menacé, bien sûr (ou si un rapport d’autorité biaise la chose, et c’est là qu’il y a un gouffre d’incertitude, assez souvent). C’est vrai que des choses demandées de vive voix sont acceptées, souvent, lorsqu’elles ne sont pas demandées : c’est l’emportement de la passion, pour ainsi dire !
Comment erre Ramiel — 27/03/2007 @ 7:54 am
(Ce que j’ai dit est confus : certaines choses sont acceptées par absence de refus alors que demandées de vive voix, elles seraient refusées !)
Comment erre Ramiel — 27/03/2007 @ 7:56 am
Selon ce qui en est dit là, de votre Videodrome, je pourrais peut-être me le louer un de ces 4 pour en juger, au moins il n’y a pas ces grosses bestioles absolument répugnantes que l’on voyait dans Naked Lunch. Je devais être la seule personne saine de la salle de cinéma ce jour-là, le cœur me levant littéralement à chaque fois que j’en voyais une apparaître… (no need to “analyze this” : as you see, it’s already done!).
Le gouffre autoritaire : ça ferait un beau titre, non?
Comment erre Marie Danielle — 27/03/2007 @ 9:28 am
Pour moi, “Videodrome” est le chef-d’oeuvre de Cronenberg (qui est, comme vous, canadien, d’ailleurs, je viens d’y repenser). Mais il n’a eu aucun succès, et cela lui a coupé les jambes, pour ainsi dire. Ensuite, il aura plus de mal à trouver le ton juste, soit par excès de conformisme, soit par excès dans le bizarre. Néanmoins, cette terrible et tragique histoire de “snuff movies” comporte bien quelques étrangetés, et les âmes sensibles peuvent se préparer à être un peu choquées. Mais vous saurez len surmonter, ô Marie Danielle !
Comment erre Ramiel — 27/03/2007 @ 11:51 am
Lire : LE (pas “len” - et pour le gouffre autoritaire, soit dit en passant, dans le film de Cronenberg, il s’agit de l’autorité de l’image, notamment télévisuelle : mais les participants sont volontaires ; ils adhèrent au dogme.)
Comment erre Ramiel — 27/03/2007 @ 11:53 am
Je ne sais trop , Ramiel, si je dois me réjouir de votre vote de confiance, ou me méfier d’une intention inapparente à vous rejoindre sur un terrain où vous feriez autorité…
Enfin, je suis toujours partante, lorsqu’on me fournit de bons motifs pour m’engager dans une lecture nouvelle, ainsi que le fait …l’article que j’ai mis en lien dans mon com précédent
.
D’ailleurs, il se peut - je ne promets plus rien, car je ne les tiens pas - que je fasse une note - en fait, j’en aurais plusieurs à faire - sur le cinoche, à propos d’un film vu au FIFA qui traitait du cinéma, justement. Ça m’a beaucoup plu, parce qu’il ouvrait une perspective passionante par ses réflexions sur cet art, un peu comme Ludovic , dans sa manière très personnelle… Il me semble que son regard aurait tout pour vous plaire, mm??
Comment erre Marie Danielle — 27/03/2007 @ 12:21 pm
Je ne sais pas : ce n’est pas facile à comprendre. Mais il y a de très jolies images. Cependant, je rejette une conception éblouie de l’art cinématographique.
Comment erre Ramiel — 27/03/2007 @ 2:08 pm
Pfff, à d’autres! S’il y en a un qui doit savoir qu’on ne pénètre un univers personnel qu’à force d’y baigner, c’est bien vous. Et comment pouvez-vous affirmer être en présence d’”une conception éblouie” aussi promptement??
Sinon, vous êtes bon pêcheur, n’est-ce pas? (pécheur, on s’en doute)
Et moi, je suis douée pour les sauts de carpe. Mais faut pas abuser.
Comment erre Marie Danielle — 27/03/2007 @ 2:44 pm
Je n’ai pas dit qu’il y avait une conception éblouie du cinéma, sur ce blog, mais que si c’était le cas, je ne pouvais pas vraiment entrer dans la logique de son auteur. Ce qui me suggère que cela peut être le cas, c’est qu’il n’y a pas vraiment de discours organisé : c’est l’expression de sentiments intimes, m’a-t-il semblé. Or, la vérité est que, à mes yeux, un discours organisé qui ne reflèterait que la pure raison est un leurre : ceux qui travaillent en ce sens s’aliènent à un esprit collectif qu’ils croient objectif mais qui au départ a émané aussi d’une individualité. Donc, pour moi, même un discours organisé porte la marque de l’individu dans son intimité, à celui qui sait voir. Inversement, même ce qui se pose comme intime demeure dans la logique d’une langue collective, et même publique, et donc de nouveau est un leurre. En fait, je rejette à la fois les dissertations froides et mécaniques de la Sorbonne, et l’expression trop éblouie de certains poètes. Je dirai que c’est un des sens qu’on peut donner à l’histoire de Charybde et Sylla.
Comment erre Ramiel — 28/03/2007 @ 1:59 am
Ah tiens, je viens de trouver votre animal-totem, Ramiel : il s’agit du chameau. À cause de Charybde et Sylla (il a deux bosses). Également parce qu’il peut demeurer dans le désert longtemps, sans boire, puisqu’il a ses réserves. Je vais devoir fouiller la chose, et puis je me demande quelles sont leurs mœurs sexuelles (s’ils en ont). Et pis, la tête qu’ils font, toujours : on se demande toujours sils se fichent de nous ou s’ils sont revenus de tout et ont atteint le nirvâna depuis des lustres. Enfin, ils légitimissent la raison d’être des déserts. Ou, plutôt : l’un a besoin de l’autre et vice versa, quoi.
Comment erre Marie Danielle — 28/03/2007 @ 9:36 am
Si vous voulez, Marie-Danielle. Je pense que le chameau se comporte à peu près comme le cheval, sur le plan sexuel.
Mais le chameau médite sur les merveilles que l’être humain ne voit pas, dans le désert, vous savez. La vie qui ne s’incarne pas crée des images vives et lumineuses que les sages du désert et les chameaux voient, et que les infidèles ne conçoivent que comme rêveries futiles.
Cependant, entre les machines qui infestent le désert, et la vide nourri d’imagination du même désert, je suppose qu’il existe quand même quelques oasis. Le chameau va d’oasis en oasis, et dans le désert, marche continuellement.
Comment erre Ramiel — 28/03/2007 @ 11:06 am
LE vide, pas lA vide (erratum).
Comment erre Ramiel — 28/03/2007 @ 11:07 am
Z’êtes assez doué en nez-talon, pour les pirouettes : je ne savais pas les chameaux si souples. Bon, me reste plus qu’à cultiver la menthe et les dattiers.Et à dresser la tente. L’attente étant déjà adressée. Mais je n’empêcherai pas mon chien de japper, lorsque la caravane passera. Faut toujours considérer le capital de risques. Et savoir se protéger des insolations. But the sky is my shelter.
Comment erre Marie Danielle — 28/03/2007 @ 12:05 pm
Je viendrai dès que je pourrai, Marie-Danielle : ne vous impatientez pas. Sous le tabernacle, la lumière du jour sera rouge, et tout l’air sublimé, rayonnant et constellé de points d’or.
Comment erre Ramiel — 28/03/2007 @ 12:18 pm
Ramiel, les mirages sont vôtres, songez donc à porter le voile! Pour moi, il n’est plus question de patience, dans l’azur : elle s’est totalement évaporée, en lavant mon regard, le rendant lucide. Alors je vis en compagnie des Maures. Les morts étant redevenus sable (je suis donc très entourée!). Et le doux parfum de la Rose du désert est un baume pour l’âme.
Comment erre Marie Danielle — 28/03/2007 @ 12:57 pm
Vivez aussi avec mon ombre : si vous l’aimez assez, elle finira par se matérialiser. Je vous apporterai la rose en personne.
Comment erre Ramiel — 28/03/2007 @ 2:55 pm
Je vous signale, cher Ramiel, que le temps est au réchauffement, et qu’ici les hivers sont déjà passablement longs et rigoureux; ainsi, me demander d’adjoindre un peu plus d’ombre à celle que je porte déjà, c’est exiger beaucoup.Vous défrayerez mes frais de chauffage??
La poésie, même dans la rue, est très incarnée; vous le savez bien.
Comment erre Marie Danielle — 28/03/2007 @ 4:23 pm
Ah ? Je croyais qu’on préférait à présent les beaux discours qui prétendaient réaliser des marveilles grâce à des votes.
Comment erre Ramiel — 29/03/2007 @ 2:02 am
MErveilles.
Comment erre Ramiel — 29/03/2007 @ 2:03 am
Diable… dois-je comprendre que, à mots couverts, vous laissez entendre que vous envisagez vous lancer en politique?
Il est vrai que vous avez déjà le profil de l’homme politique français, à faire le pacha. Et, jusqu’en outre-Atlantique, par-dessus le marché!
Comment erre Marie Danielle — 29/03/2007 @ 8:27 am
Eh bien, oui, la poésie, en France, cela ne fait plus recette ; maintenant, il n’y en a plus que pour les beaux discours. Même quand ils n’annoncent pas des décisions concrètes, les politiques se flattent tous d’être de grands orateurs, et d’égaler à cet égard Chateaubriand et les autres. De Gaulle même a commencé par écrire de la poésie lyrique. Peut-être que je vais m’y mettre aussi, parce que, somme toute, les élus sont les seuls à être payés à écrire de beaux discours.
Comment erre Ramiel — 29/03/2007 @ 10:43 am
Ben voilà, Raminou, et ça règlerait toutes les dépenses somptuaires et somptueuses nécessaires à nos amours! En plus, les Fançais, z’aiment ça, les doubles vies de président. Pis ça, c’est sans parler de celle de Passou!! (oh oh! je viens de me rendre compte que son héros porte le même prénom que vous… saperlipopette!!)
Comment erre Marie Danielle — 29/03/2007 @ 11:53 am
Oh, mais je suis déjà président de la Bergerie d’Orgevat ! Et j’ai de nombreuses vies parallèles.
Mais le héros de P. Assoul. est sociologue, ce qui est plus brillant que professeur de collège, ou même membre de la société des auteurs savoyards, comme moi.
Comment erre Ramiel — 29/03/2007 @ 2:22 pm
Anthropologue, pas sociologue. C’est plus proche de l’anthroposophie, non??
Comment erre Marie Danielle — 29/03/2007 @ 2:33 pm
Non, pas forcément. C’est juste un sujet d’étude plus vaste.
Comment erre Ramiel — 30/03/2007 @ 1:25 am