15/03/2007 4:41 am
« Ô naïf, ce que tu cherches, c’est l’arbre de la connaissance… Tu es parti à la recherche de la forme et tu t’es égaré. Tu ne peux pas la trouver parce que tu as abandonné la réalité. Parfois on l’appelle “arbre”, parfois “soleil”, tantôt “mer”, tantôt “nuage”. Quiconque cherche le nom seul est perdu. Pourquoi t’attacher au nom? »
Djalâl-al-Dîn Al-Rûmi (1207-73), Mathnawî.
Je ne résiste pas à l’envie d’adjoindre à cette note qui se voulait complète en elle-même cette seconde calligraphie d’Ali Rouhfar en provenance du même site que la première, avec cette fort belle citation qu’elle illustre :

« Love of the living
is every moment fresher
than a bud
in the spirit and in the sight. »
Djalâl-al-Dîn Al-Rûmi, Book I, Line 218, Mathnawî



* * *
Ayant bu des mers entières, nous restons tout étonnés que nos lèvres soient encore aussi sèches que des plages, et toujours cherchons la mer pour les y tremper sans voir que nos lèvres sont les plages et que nous sommes la mer.
Attâr
* * *
Dieu et la créature sont deux noms qui désignent en fait un seul et même Nommé: à savoir l’Essence divine qui Se manifeste par l’un et par l’autre.
[…]
Dieu et les créatures sont indiscernables sous le rapport de la réalité essentielle et se distinguent sous le rapport du degré ontologique: car le degré ontologique du dieu créateur n’est pas celui du serviteur crée.
[…]
Si tu dis que seule la Réalité divine se manifeste et que les créatures sont non manifestées, tu dis vrai. Si tu dis le contraire, tu dis vrai aussi. Et si tu confesses ta perplexité à ce sujet, tu dis vrai encore. […]
Émir Abd el-Kader (l’Algérien)
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 215, présentés et traduits de l’arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988).
* * *
Heureux le moment ou nous serons assis dans le palais
Toi et moi,
Avec deux formes et deux visages, mais une seule âme
Toi et moi.
Les couleurs du bosquet et les voix des oiseaux
confèreront l’immortalité
Au moment où nous entrerons dans le jardin
Toi et moi.
Les étoiles du ciel viendront nous regarder;
Nous leur montrerons la lune elle-même
Toi et moi.
Toi et moi,
Libérés de nous-mêmes, serons unis dans l’extase,
Joyeux et sans vaines paroles
Toi et moi.
Les oiseaux du ciel au brillant plumage
Auront le cœur dévoré d’envie.
Dans ce lieu ou nous irons si gaiement
Toi et moi.
Mais la grande merveille
C’est que toi et moi, blottis dans le même nid,
Nous nous trouvions en cet instant
L’un en Irak, et l’autre en Khorassan
Toi et moi
Rumi
* * *
Comment erre Jean-Balthazar — 15/03/2007 @ 10:13 am
“En quête d’un amour lancé
Et d’espérance non privé
Si haut si haut j’ai volé
Que ma proie je l’ai capturée
Pour pouvoir enfin toucher
Pareille fortune divine
Tant me fallut voler
Que de ma vue je me perdis
Pourtant dans un élan si vif
Moi dans mon vol j’ai faibli
Mais l’amour est si haut monté
Que ma proie je l’ai capturée
Quand plus et plus je m’élevais
Mon regard en fut aveuglé
Et la plus puissante saisie
C’est dans l’obscur qu’elle se fit
Mais d’amour m’étant élancé
Je fis un saut aveugle obscur
Et m’élevai si haut si haut
Que ma proie je l’ai capturée
Et tant et plus je montais haut
De cet élan si soulevé
Tant plus bas tant plus épuisé
Tant abattu me suis trouvé
Je dis que nul n’en aurait prise
Et tant et tant je m’abattis
Que si haut si haut j’atteignis
Et ma proie je l’ai capturée.”
Jean de la Croix, Poésie
Comment erre Marie Danielle — 15/03/2007 @ 11:01 am
Je suis arrivé dans un désert où l’amour apparaît.
Rumi
Comment erre Jean-Balthazar — 15/03/2007 @ 11:17 am
« That the rose has endured thornes has made it smells nice. »
« Whoever has beauty must know it is borrowed. »
Rûmi
And, always from Rûmi, some Stars on a dark night, en musique et images…
(mazette, Jean-Balthazar, j’ai reconnu l’orifice de cette sortie de grotte que vous m’aviez montrée déjà, et me suis rendue compte qu’il n’y avait personne qui se jetait à l’eau mais un rocher immergé dont la partie sombre, de loin, me suggérait silhouette humaine…)
Comment erre Marie Danielle — 15/03/2007 @ 12:20 pm
Sans doute une autre sortie de la Caverne…
Tenez, tant que l’on en est aux échanges culturels, voici une tibétaine chantant à Fès, avec quelques images d’un site de ruines romaines, dans la région.
Comment erre Jean-Balthazar — 15/03/2007 @ 2:20 pm
Nous pouvons également passer aux échanges cultuels… Like This…
Comment erre Marie Danielle — 15/03/2007 @ 3:03 pm
Un voyage… dans le temps, à l’Isle of Wight. Mais il ne s’agit plus de Rûmi; plutôt de Leonard Cohen. Pour me faire pardonner de tous vous laisser en plan : le cinoche m’attend encore ce soir! Ce qu’il ne faut pas faire, pour l’Art, hein, j’vous dis pô. À deux mains!
Comment erre Marie Danielle — 15/03/2007 @ 3:42 pm
Que ne faut-il pas faire au nom de l’art:
Mr ingres a fort bon gout lorsqu’il choisit
sa femme de ménage comme modèle,mais il aurait
dü lui dire de ne pas poser avec son plumeau
Remarquez tout de même que cela confère aux
tâches domestiques un certain attrait!!
Comment erre alain — 16/03/2007 @ 9:59 am
Alain… mais ce n’est pas un plumeau, c’est un objet voué aux plus troublantes caresses…
Aaaatchoum!
Comment erre Marie Danielle — 16/03/2007 @ 10:32 am
Une fille à poil avec un truc en plume ?
Je réponds Zizi
Comment erre alain — 16/03/2007 @ 3:14 pm
Ah tiens, z’êtes zenrhubé, baintenant?
Comment erre Marie Danielle — 16/03/2007 @ 5:14 pm
“Mon truc en plumes Rien qu’en passant Ça fouette le sang Mon truc en plumes Ça vous caresse Avec ivresse Tout en finesse. Moi je vis de ma plume Et je plume…”
_____
Bon réveil Chère Amie et telle Eve sortez de vos plumes d’eider…
Comment erre alain — 17/03/2007 @ 5:40 am
Sortez les violons, Louise, on passe à l’Attaque!
«Sinon, reste l’esclave du temps…
Quel que soit l’état auquel tu aspires,
Pense à humecter tes lèvres au divin nectar
Pour que ton palais s’en imprègne
Et que, la bouche sereine,
Tu atteignes la source!
Car la richesse prend sa source dans ton art,
Au lit de la rivière, dans le creux de tes pensées
Où se sont manifestés l’ouvrage et la beauté.»
Rûmi, Les amoureux et la lettre d’amour
Comment erre Marie Danielle — 17/03/2007 @ 10:19 am
Louise n’y a pas été de main morte ,je crois
qu’ils ont tous eu peur….
Comment erre alain — 20/03/2007 @ 1:25 pm
Sa plume (à Louise) a dû parvenir à les chatouiller, et les voilà tous à plancher sur la page blanche…
Comment erre Marie Danielle — 22/03/2007 @ 12:14 pm