25/02/2007 10:18 pm
Chronique d’une mort annoncée, et la vie qui va…
Qui chercherait des traces de L’ŒUF AU NOIR et de FIXÉ COMME UNE CALE ne trouvera plus.
L’ŒUF AU NOIR ?!? demande l’un. FIXÉ COMME UNE CALE !?! marmonne l’autre. What were those ??
Pfff.
Qui aura constaté un grand ralenti ici ces derniers temps a raison.
Mais comme y a person
pour m’offrir une chanson
like a tune-up, you know, for my own,
so I keep going on like a rolling stone.
Rocking hard and loud,
heavy and steady,
far from your eyes and your ears :
no need to thank me,
I’m just being funny.
For my own sake.
But don’t get me wrong,
it’s the Spiegel blues song…
Un Chant du cygne.
Avec des mouvements d’ailes gratuits,
pour le pur plaisir de s’ébrouer.
Sorry if you get splashed on the way !
Enfin, qui aura eu le sentiment d’un essoufflement de la carnetiste n’est pas dans le tort : ESPIÈGLERIES vit ses derniers instants…
…ses derniers instants sous cette forme !
Ha ! gotcha !
Mais on ne changera pas d’adresse. De look et de constitution, si, mais pas d’adresse. Du moins pour le moment.
La carnetiste a de nouveaux outils de travail et nourrit des dispositions différentes envers son activité bloguiste. J’aime autant vous prévenir car, pour les prochaines semaines au moins, sinon les prochains mois, vous pourriez vous trouver déstabilisés par les mutations envisagées pour ESPIÈGLERIES. Ça pourrait fonctionner par essais et erreurs, de temps à autre; ça pourrait se donner des airs plus commerçants itou (aïe ! ouch ! pas de lapidation, plîîîzz ! je tâcherai de commettre des péchés aussi artistiques que possible…) ((et pis, faudrait être juste, hein : j’ai jusqu’ici survécu, en bloguant, pour votre plaisir (sometimes ?) et le mien, alors ne me dites pas que vous seriez contre le fait que je tente de vivre, en poursuivant ??!!)).
Mais tout ce flonflon est-il vraiment nécessaire ? pensez-vous très fort (la preuve, j’vous ai entendu…). Pourquoi ne pas seulement nous donner à voir ? Pourquoi cet étalage nombriliste et ostentatoire ?!?
Hey, woh ! I am The Boss, am I not ?!? Ensuite, j’ai des mousses, dans le nombril, donc je ne fais pas dans le nu cru. Et pis, il faut faire preuve d’un brin de sense and sensibility, j’peux pas sevrer d’un coup de leur addiction mes voyeurs : je suis contre la violence, mouah.
D’ailleurs, qui osera dire que le suspinse, suspinse, suspinse - TCHOU, TCHOU ! ne mène nulle part, hein, QUI ??
Suggestions d’écoute, deux sujets très intéressants :
— > Du 23 février au 4 mars, diffusée dans le cadre des émissions Désautels et Dimanche Magazine, une série de reportages (celui d’aujourd’hui est disponible à l’écoute en différé - suffit de cliquer) intitulée : “Tradition ou égalité : femmes en terres d’islam” :
« Des femmes obligées de porter le voile, de se cacher sous leur burqa. D’autres, répudiées par leur mari, jetées à la rue sans ressources et avec des enfants à élever - cela, si elles n’en ont pas perdu la garde. Voilà l’information qui nous parvient, le plus souvent, des pays musulmans. Or, la soumission des femmes de ces pays ne va pas de soi.
La radio de Radio-Canada a choisi de montrer la réalité sous un autre angle, celui des femmes qui se battent pour l’amélioration de leurs conditions de vie. Avec plus ou moins de succès, selon le cas. On y verra tout de même que le mouvement des femmes y est dynamique et combatif. Mais, pour mener leur combat, ces femmes se situent toujours à l’intérieur des limites tracées par le Coran. À tel point qu’on parle de plus en plus, dans les universités occidentales, d’un féminisme musulman. Une dénomination pas toujours acceptée par les principales concernées.
Pour parler de ces mouvements, de leurs luttes, de leurs réussites et des défis qui restent à relever, la radio de Radio-Canada présente une série de reportages réalisés au Maroc par Marie-France Abastado et en Malaisie par Carole Graveline. »
Également à lire, cette page, et celles des liens qu’elle affiche.
— > Le Mois de l’histoire des Noirs s’achève, à Montréal. Ai entendu une chronique grave et inouïe, ce matin, à l’émission Pourquoi pas dimanche, par l’historien André Champagne, à propos de l’émeute de Tulsa (Oklahoma), en juin 1921. Un moment rarement évoqué, où le lynchage de Noirs a atteint un sommet d’horreur. À écouter absolument.
« In terms of density of destruction and ratio of casualities to population, it has probably not been equaled by any riot in the United State in this century. »
Scott Ellsworth, historien et auteur du livre Death in a Promised Land.




Chère Amie,
ton blog devient très sérieux alors ?
Tes deux premiers sujets sont délicats. Il est vrai que je trouve intolérable la situation de nombreuses femmes ds des pays iqslamiques ou non d’ailleurs.
Quand à l’histoire dramatique des noirs aux USA, elle perdure… Qd on sait le nombre de noirs innocents qui sont ds les couloirs de la mort, on s’interroge sur cette démocratie américaine.
Alors bon courage ds ta nouvelle entreprise !
Bises,
Olivier
J’aime pas les chattes qui ont des griffes…
Comment erre Olivier — 27/02/2007 @ 3:52 am
Un feminisme musulman? Pourquoi pas? Je crois que les Thailandaises sont mal barrees de ce cote-la. Ma retraite touche a sa fin. Et je plains sincerement la femme thai. Elle doit assurer. Meme en vendant son corps. It is a way of life. Le serrail/bar au plus offrant. Le harem liberalise. Un endroit ideal pour Olivier. Lui, qui n’aime pas les griffes. Funny, car dans la danse clasique thailandaise, les femmes sont pourvues de longues griffes acerees! Les fauves ne sont pas qui on croit.
Comment erre anna — 28/02/2007 @ 8:15 am
Ce ne sont pas de longues griffes acérées, mais des prolongements d’or du pouvoir magique des doigts, des mains : la matérialisation de la capacité des mains à conduire la lumière astrale, dans la magie traditionnelle. Ces griffes ne servent pas à déchirer, mais à capter, à assimiler la beauté à la divinité.
Comment erre Ramiel — 28/02/2007 @ 9:38 am
Olivier faisait, entre autres choses, allusion à ma chatte, mais comme vous le dites bien, Anna, ne sont fauves pas qui on croit… Sinon, cher Olivier, une tigresse sied à un tigre, et inversement!
Anna, bonjour et bonne fin de séjour à Phuket. La réalité des femmes thaïlandaises paraît bien triste, déjà que celle des femmes “libérées” ne l’est pas à tous les jours non plus. Contente de vous avoir lu ici.
Pour un peu, Ramiel, vous faites des griffes des veines menant au réceptacle sacré que serait le cœur : quelle lionne ne sortirait pas les siennes pour protéger son petit?
Comment erre Marie Danielle — 28/02/2007 @ 10:52 am
Teilhard de Chardin aurait de toutes façons dit que c’est la férocité qui est dans le coeur de la lionne qui lui a donné des griffes. En d’autres termes, la férocité a créé les griffes au bout des veines rayonnant du coeur. Mais ce n’est pas nécessairement à prendre au sens littéral, organique. Quoi qu’il en soit, les ongles d’or des danseuses orientales ne sont pas tout à fait des griffes, ou pas forcément : ce sont des sortes de très longs ongles, pas spécialement crochus ; c’est surtout pour donner une grâce à la danse en prolongeant le mouvement des mains, et en matérialisant les flux d’or qui sont censés en jaillir. Tout du moins, c’est ma façon de voir.
Comment erre Ramiel — 28/02/2007 @ 12:30 pm
Et voilà, Ramiel, que votre regard se fait danse où flamboient vos mots mordorés transcendant la virtualité…
Comment erre Marie Danielle — 28/02/2007 @ 8:45 pm
Well well well Ramiel, interessante votre vision des ongles des danseuses thaies. Seulement, voyez-vous, si je m’en tiens a ce que vous dites au sujet de la lionne, je ne puis qu’en conclure que les Thailandaises sont des… lionnes auxquelles on aurait ampute la faculte de produire des griffes a partir de la ferocite de leur coeur. Ou n’aurait-elle pas de coeur? C’est ce que pretendent les hommes blancs qui se sont laisses pieger par les miroitements dores de leurs appats! Un homme averti en vaut deux.
Comment erre anna — 01/03/2007 @ 6:32 am
Anna, ces prolongements des forces du coeur par les doigts ne sont pas typiques des lions. On dit ordinairement que c’est propre à tous les animaux, et qu’on observe la même chose dans les branches des arbres. Cela peut être très doux, plein d’amour. Quelle idée, d’assimiler les femmes à des fauves ?
Comment erre Ramiel — 01/03/2007 @ 7:22 am
C’est qu’il y a fauve et fauve, n’est-ce pas ?
// Princesse recluse, Shirin quitte son harem natal pour partir à la recherche du prince Khusraw, dont elle est amoureuse. Les miniatures la montrent chevauchant à travers les forêts, à la poursuite de son prince ou se baignant dans un étang sous la protection de sa monture. Puis elle retrouve le prince Khusraw, et on les voit alors chassant ensemble : quand, pour se faire valoir à ses yeux, Khusraw « sabre un lion », elle n’hésite pas à lui répondre en « transperçant un onagre ». À en juger par ces images, la chasseresse n’est pas le moins du monde perturbée par la vue des bêtes massacrées. Ses traits sont calmes, son cœur n’est en rien attendri.
Moi, j’aurais été transie de peur, dans ces forêts, en compagnie d’un prince armé comme Khusraw et surtout trop préoccupée par la présence des lions et des onagres pour songer à la tendresse et glisser dans les rêveries romantiques… Il n’en n’est pas de même pour Shirin, qui est toujours représentée dûment armée, avec arcs et flèches à portée de main, même lorsqu’elle se baigne dans une source.
Lorsque je retournais au Louvre pour tâcher de comparer Shirin avec l’odalisque d’Ingres, je ne pus m’empêcher de rire — combien différentes elles étaient ! Je me suis alors demandé ce qui serait arrivé si le peintre français avait rencontré la princesse Shirin au coin du bois de Boulogne. Lui aurait-il arraché ses multiples robes et son manteau pour la peindre nue ? […]
L’histoire de Khusraw appartient au cycle du Khamseh écrit par le poète Nizami (1140-1209). Les deux amants, Shirin et Khusraw, sont originaires l’un de Perse, l’autre d’Arménie. Bien que l’éloignement des héros (qui appartiennent toujours à des nations différentes) soit un détail propre à l’art islamique, où l’exotisme est toujours un plus, on est en droit de se demander comment ces jeunes gens ont pu se rencontrer. C’est tout simple : en songe.
Khusraw « avait rêvé qu’il monterait le coursier le plus rapide du monde et qu’il obtiendrait la main d’une demoiselle très belle nommée Shirin ». « Peu après, le prince appris par son ami Shapur, qui avait voyagé, qu’il existait en Arménie une princesse merveilleuse, nièce de la reine, dont le nom était Shirin… » Voyant que la passion de Khusraw pour la créature de ses rêves ne s’éteignait pas, Shapur imagina un plan et retourna en Arménie le mettre en œuvre : « Il attira l’attention de Shirin en suspendant dans les arbres des portraits de Khusraw, puis lui expliqua comment elle pouvait entrer en contact avec le jeune homme. »
Et devinez quoi ? La princesse n’eut aucune hésitation. Elle sauta sur le « plus rapide coursier du monde » et se lança dans son incroyable quête de l’amour. « Après quatorze jours et quatorze nuits, épuisée et couverte de poussière, elle arriva au bord d’un étang calme et se baigna. » Quel étrange moment que celui qui voit cette jeune fille arrêter sa folle poursuite pour se dévêtir et plonger dans une source, son cheval et ses armes en vue, comme si de rien n’était ! Le bain de Shirin dans la nature sauvage est une des scènes favorites des miniaturistes musulmans.
Pendant ce temps-là, Khusraw, chassé de Perse pour des raisons politiques, chevauchait vers l’Arménie. Un jour, il voit dans la forêt une jeune beauté se baigner sous la garde d’un cheval magnifiquement caparaçonné. Le regard qu’il pose sur la cavalière mystérieuse est tout aussi souvent représenté, sous le titre Khusraw observe Shirin. Bien sûr, au cours de cette première rencontre, les deux héros ne s’adressent pas la parole, sinon il n’y aurait pas de légende.
Au lieu de cela, « stupéfait par sa grâce, Khusraw s’approcha. Surprise, Shirin cacha sa nudité de ses longues tresses déployées, se vêtit en toute hâte et s’enfuit. Khusraw désirait cette exquise jeune fille, mais il ne l’avait pas reconnue. Pas plus que Shirin n’avait reconnu Khusraw, bien qu’elle se fût demandé si le beau cavalier était ou non le prince ».
Les deux amants poursuivent donc leur route chacun de son côté à la recherche d’un idéal qu’ils avaient déjà découvert. Voilà une merveilleuse illustration de de cette quête universelle qui est la nôtre, à tous, malgré la télévision et ses matraquages publicitaires. Toujours, nous conservons au fond de nous même un idéal, l’image d’un partenaire qui nous habite, et qui vient d’un ailleurs étranger à nous même. Tomber amoureux d’une image qui représente une créature étrangère est un thème courant, que ce soit dans les contes ou les miniatures. S’éprendre d’un portrait… Voilà une allégorie qui s’applique à chacun d’entre nous : avant même d’être en âge de rencontrer l’amour, nous portons déjà en nous une image tatouée dans un coin de notre psyché d’enfant. Image idéale qui nous met en quête nuit et jour, à travers terres et mers.
Dans l’art et la littérature islamiques, les thèmes amoureux nous rappellent fréquemment que le bonheur est une histoire de voyage et de rencontre. Tomber amoureux, c’est franchir les frontières et prendre des risques. //
— Fatéma Mernissi
Le harem européen
Comment erre Jean-Balthazar — 01/03/2007 @ 5:36 pm
Oui mais, ça, c’est un songe pour les beautés! Même si c’est un trrrrès beau songe. Pas très sympa pour les sublimes pas belles, tout de même.
Comment erre Marie Danielle — 01/03/2007 @ 10:13 pm
Oh, Marie-Danielle : le prince aussi était beau ; on peut rêver de l’âme-soeur sans que ce soit forcément une belle selon les canons habituels. Si on la regarde avec les yeux de l’amant, elle est toujours belle.
Jean-Balthazar, nombre de motifs de cette fabuleuse histoire annoncent le roman occitan de “Flamenca”, au sein duquel on tombe amoureux à partir de récits et de portraits, mais rappellent également les “Métamorphoses” d’Ovide. En particulier, la princesse paraît être très inspirée de Diane la chasseresse, qui elle non plus n’avait pas peur du sang de ses proies, une véritable Amazone ! Qui ne rêve d’une femme virile de cette nature, imaginée chevauchant dans la forêt, vêtue en guerrière, et dévoilant sa féminité incomparable dans les fontaines, comme on disait autrefois ? Les êtres venus des rêves les réalisent toujours, et ont en eux la force de la providence, du mythe manifesté. L’exotisme a ici une valeur éminemment poétique.
Comment erre Ramiel — 01/03/2007 @ 10:33 pm
“Si on la regarde avec les yeux de l’amant” : évidemment que si, sinon il n’y aura point d’amants, mais je plaide pour la Beauté non relative, c’est tout.
Comment erre Marie Danielle — 02/03/2007 @ 11:13 am
C’est normal : c’est la vôtre.
Comment erre Ramiel — 02/03/2007 @ 1:53 pm
Ha ha, fieffé coquin!
Faut se méfier avec vous, ce n’est pas le premier coup de sang que vous provoquez en moi (aaaah, j’vous dis pas tout, eh ho!), mais vous êtes drôlement doué dans les entournures, hors ces flatteries qui ne mènent jamais bien loin avec moi…
Cela dit, hein, y a du vrai, mais pas que. Ce type de plaidoirie-là ne me vient pas que de là. Mais d’où… J’dois avoir un seuil très bas concernant les accommodements déraisonnables, comparativement à bien d’autres. Mais c’est une souffrance que je chéris.
Bon, pareille réplique, de votre part : quel œil; non mais, quel œil!
Comment erre Marie Danielle — 02/03/2007 @ 3:14 pm
Oui, mais maintenant que vous connaissez mon vrai visage, que vous dit le vôtre ? Est-ce relatif, ou absolu ? Moi aussi, j’aimerais savoir !
Comment erre Ramiel — 02/03/2007 @ 11:03 pm
Aah mais, vous posez la question bien tardivement! Il y a déjà trop longtemps que je connais votre visage pour être en mesure de réponse à cette question en toute fraîcheur : l’abondance de votre conversation fait voile (et dense, le voile!)
…
Et puis, le mien, vous savez, il y a un moment qu’il est pareil à l’eau tranquille d’un lac. Mais je vous crois capable d’attraper le Loch Ness!
(et quoi encore? vous croyez que ma beauté non-relative peut se relativiser tout de go sur la foi d’un minuscule clip?!? pfff, môssieu’, pfff!)
Comment erre Marie Danielle — 02/03/2007 @ 11:29 pm
Oh, oh, Ramiel, chasseur de dragons cachés, une noble profession, mais à laquelle sans doute il peut faire face, oui.
Comment erre Ramiel — 03/03/2007 @ 2:35 am
Il y a un truc infaillible, pour charmer les dragons; vous le connaissez??
Sinon, je ne livre pas mes secrets très aisément.
Enfin, le truc a été illustré par Schultz, dans une aventure de Lucy… Mais ce doit être trop anglo-saxon pour vous. Et pourtant, la réponse is so French!
Ouarf ouarf.
Comment erre Marie Danielle — 03/03/2007 @ 9:45 am
Je ne sais pas, c’est lui dire qu’il est le plus beau, comme dans “The Hobbit” ?
Comment erre Ramiel — 03/03/2007 @ 11:05 am
Lui dire? Que nenni! Rhâ, Ramiel, n’êtes-vous point François?? Il est oùoùoù, vot’ côté lââtiiiin??
Il faut faire ressentir, Ramiel, ressentir. Il faut poser des gestes. Schultz devait être François, en kekke part…
Geez, I’m getting so French, with Time passing by… I wonder if I’ll be able to handle it!
Bon, à p’luche, je dois quitter…
Comment erre Marie Danielle — 03/03/2007 @ 11:14 am
Oh, mon côté latin : je ne suis pas très malin, surtout. Et puis vous avez compris : l’eau du Giffre va finalement vers la Méditerranée, mais le fond de la vallée du Giffre a été peuplé par des Germains. Ma mère vient de Châteauroux, dont les rivières, par l’intermédiaire de la Loire, se jettent en pays breton, et dans l’Océan atlantique, mais de nouveau, Châteauroux est au départ une colonie germanique en Gaule ; c’est vous dire. Je suis plutôt du genre allemand, physiquement. Je ne suis latin qu’en parole, ou en songe.
Comment erre Ramiel — 03/03/2007 @ 11:58 am
(Lire : Châteauroux, chef-lieu d’un département dont les rivières, etc.)
Comment erre Ramiel — 03/03/2007 @ 12:00 pm
En ce qui concerne mes ancêtres français, ils originent des Charentes maritimes, mais je ne sais fichtrement rien à propos de mes ancêtres irlandais ou écossais (déjà que c’est tout récent que je sache qu’il y en a eu d’Écosse).
Autrement, mon ex se plaisait à dire que j’avais dû être arabo-musulmane dans une vie antérieure, à cause de mon tempérament (enfin, je ne l’avais pas attendu pour le penser moi-même - peut-être à cause de Marie Cardinal… oui je pense bien que ce serait à cause d’elle, au début, même si elle était Pied-Noir). Ayant alors les cheveux noirs, j’en avais un peu plus le look qu’à l’heure actuelle où je suis redevenue blonde. Cela démontre bien, toutefois, que les tempéraments ne sont pas circonscrits à un territoire, une race ou une ethnie. Sinon, je suis Japonaise par mon rapport au temps, et Scandinave par mon goût d’enchantement. Mon gène de Française déportée se sent soudainement tout perdu!
Comment erre Marie Danielle — 04/03/2007 @ 2:10 am
Je ne sais pas si on garde d’une vie à l’autre son tempérament ; pas forcément, à mon avis.
Enfin, les Québécois viennent surtout du Poitou (les Charentes-Maritimes, donc), et c’est vrai qu’ils se sont mêlés à des Irlandais pour des raisons religieuses, comme l’atteste Nelligan. Avec des Ecossais, cela ne doit pas être spécialement courant, à mon avis. Mais cela montre que les Québécois sont issus de la partie occidentale de la France, de la partie qui est la plus liée aux Bretons, aux Celtes, et à l’Océan atlantique. Ce qui prouve que les Savoyards sont davantage liés à la Méditerranée, c’est qu’ils n’ont pas fondé une colonie en Amérique du nord, mais en Argentine !
Etant né sous le signe des Gémeaux, je suis censé être lié à l’air, et donc d’un tempérament volatile. C’est vrai que le matérialisme m’indispose spontanément, qu’il exerce sur moi comme une contrainte désagréable, un peu comme de la vapeur d’eau qu’on tenterait de maintenir dans la terre par la force. J’ai un goût particulier pour les beaux nuages blancs qu’on peut voir quand le ciel est bleu, et j’aime nager durant des heures. Je n’aime pas être placé dans des catégories nettes par l’intellect, j’aime au contraire être divers, double, glissant, fluide, passer entre les mains des gens qui veulent tenir les autres à une place précise.
Le signe de l’air, habituellement, est lié à l’Orient, et je suis fasciné par l’Asie, bien sûr. D’ailleurs, la Savoie est l’orient de la France. L’air est proche du feu et de l’eau, et un peu plus loin de la terre, et donc, j’ai un tempérament en conséquence, je crois. Je ne pense pas que le français soit une langue très aérienne, mais je la regarde comme fluide et aqueuse, et je refuse de la mécaniser et de la clouer à terre, comme font en général les écrivains aujourd’hui. J’aime ses rythmes, ses sons, plus que ses mots, les idées qu’elle véhicule.
Cela dit, je ne rejette pas en pensée ce qui est différent de moi, et qui contient certainement des qualités qui me manquent, en particulier l’esprit de décision et de réalisation matérielle des entreprises. Pour dire clairement les choses, j’ai souvent plu aux dames, moins souvent j’ai concrétisé physiquement ces sympathies, je crois. Et pareillement, j’ai eu des rapports avec beaucoup d’éditeurs et de journalistes, mais je n’ai pas publié autant qu’on paraissait pouvoir l’attendre. Pareillement, j’ai donné à espérer sur ma carrière, mais je n’ai jamais gagné beaucoup d’argent, ni réussi mes études aussi brillamment qu’on aurait pu penser. Et voilà. Sur le plan matériel, je me contente d’une vie plutôt calme, médiocre, comme qui dirait !
Comment erre Ramiel — 04/03/2007 @ 2:45 am
Enseignant, écologiste (voir agriculteur ?), lettré, éditeur, écrivain, blogomane… Ça vous remplit déjà une belle vie d’homme (oui, de femme aussi, Marie-Danielle, c’est pareil, c’est le même mot). Qu’est-ce qu’une vie réussie ?
Même pas sûr que ce soit le nombre d’activités, qui en témoigne.
Peut-être un je-ne-sais quoi d’une vie intérieure qui, parfois, chez certains, rejaillit dans les traces qu’il laissent.
Un peu comme dans les vôtres Ramiel…
(Si après ça Marie-Danielle ne vient pas boire un café en Savoie, vous ne pourrez pas dire que je n’ai pas essayé de vous donner un coup de main !)
Comment erre Jean-Balthazar — 04/03/2007 @ 6:06 pm
Merci, Jean-Balthazar. J’espère que Marie-Danielle pourra venir visiter le mont-Blanc (et le cirque du Fer-à-Cheval, bien sûr).
Comment erre Ramiel — 04/03/2007 @ 10:35 pm
Ramiel vous semblait-il en si mauvaise posture, Jean-Balthazar , que vous ayez éprouvé le besoin de mousser sa personnalité?
Enfin, son emploi du terme de “médiocre”, je le prenais, quant à moi, avec un gros grain de sel. Pour le café en Savoie, je note deux choses, JB : vous avez oublié (soupir…) que je ne buvais pas de café, mais du thé, si ; sous l’air de vouloir me pousser dans les bras de Ramiel, j’observe que vous-même vous vous défilez (soupir…, again).
Tout de même, la question (et là, que personne ne se sauve, vous êtes tous deux conviés à y répondre!) n’est pas de dresser la liste des qualités de Ramiel, puisqu’elles brillent par leur évidence, mais de savoir quel intérêt il y aurait que j’y aille, moi, en Savoie (ou un peu plus au Sud, for that matter, tandis qu’on y est, même si la première invitation n’a jamais été réitérée!). Soyez persuadés, très chairs, que je ne veux indisposer personne par mon propos, mais de nous trois, si quelqu’un peut s’autoriser de parler de vie matérielle médiocre, c’est bien moi. Alors mettez ça dans votre pipe et fumez (à moins que je n’aie allumé vos cigares? tout pourvu que ce ne soit pas des cigarettes, entékâ).
Et puis, le Mont-Blanc… J’ai des moiteurs rien qu’à regarder ces images plongeantes qu’on voit maintenant à profusion, et abusivement, dans les films ou à la télé, comme si on avait découvert les hélicoptères tout récemment, et vous me parlez de Mont-Blanc?!?
Bon… seulement si je suis attachée après la ceinture d’Erri de Luca!
Donc, Ramiel, signe double ainsi que my Traobé qui-me-boude-toujours, vous me parlez du caractère fluide, mais vous taisez celui de votre propension à l’abus des plaisirs liée à votre signe… Je savais bien qu’il y avait une faille sous vos allures angéliques! Mais je suis persuadée que vous avez des aspects forts ou plusieurs planètes liées à des signes de terre, votre lucidité ne serait pas ce qu’elle est autrement. Not that I am a specialist in astrology, que nenni, mais les éléments ne me sont franchement pas étrangers.
Mais, quand vous écrivez, Ramiel : “Pour dire clairement les choses, j’ai souvent plu aux dames, moins souvent j’ai concrétisé physiquement ces sympathies, je crois. Et pareillement, j’ai eu des rapports avec beaucoup d’éditeurs et de journalistes, mais je n’ai pas publié autant qu’on paraissait pouvoir l’attendre. Pareillement, j’ai donné à espérer sur ma carrière, mais je n’ai jamais gagné beaucoup d’argent, ni réussi mes études aussi brillamment qu’on aurait pu penser.”, on se dit qu’il ne peut en aller autrement, fatalement, pour un vrai poète!
Avis : on m’a si bien servi le cirque à domicile, qu’il ne faudrait pas trop miser sur lui pour me faire me déplacer. Il y a donc, pour la troupe, nécessité de se réunir et de trouver quelque chose de neuf qui saura me mobiliser…
Sur cette perspective de lendemains qui chantent, messieurs, je vous tire ma révérence!
Comment erre Marie Danielle — 05/03/2007 @ 1:27 am
Eh bien, Marie-Danielle, je viendrai au Québec !
Mais vous savez, poète, c’est aussi une question de tempérament. Le signe lié à la terre préfère la science. Cela n’a rien à voir avec le génie, qui peut s’exercer indifféremment dans plusieurs activités.
Pour la lucidité, elle se reflète surtout dans l’eau, car la terre est obscure. Les lucides liés à la terre sont de faux lucides : en fait, ils croient être lucides simplement parce qu’ils sont hostiles aux images de l’âme. Mais est-ce que cela suffit ? On peut rejeter les images de l’âme, et être quand même aveugle. Pour voir, il faut avoir des yeux, et puis c’est tout.
Comment erre Ramiel — 05/03/2007 @ 1:54 am
Oui, Ramiel, il vous faudrait venir participer au Festival international de poésie des Trois-Rivières; mais vous voyez, vous perdez votre temps ici et auriez intérêt à fréquenter d’autres blogs québecquois que le mien, je n’ai pas de relations en hauts lieux.
Vous craindriez ma rencontre avec De Luca??
Mon Capricorne ne s’en laisse pas tant imposer par la science, lui qui aime gravir les hautes cimes. Par ailleurs, il me tient très groundée, à marcher le terrain (même si je ne le fais pas si souvent physiquement). Et mon Scorpion, ah mon Scorpion… c’est la 3e oreille et le 3e œil? (oui, bon, ça se peut qu’il ait aussi besoin de prothèses auditives et visuelles parfois…)
Et je note, avant de terminer, que Jean-Balthazar s’est, sur ce fil, défilé.
Comment erre Marie Danielle — 05/03/2007 @ 9:50 am
Il ne croit peut-être pas en l’astrologie !
Le Capricorne est un signe lié à la terre, je crois. Le Scorpion à l’eau. Mais cela ne marche pas toujours !
Comment erre Ramiel — 05/03/2007 @ 12:08 pm
Jean-Balthazar croit sûrement au moins un peu aux signes du destin, à tout le moins; et moi je sais voir lorsqu’ils sont absents!!
La Terre et l’Eau, c’est tout moi : une glaise à façonner, toujours… (je n’ai pas trouvé Bécaud l’interprétant, mais l’argile est reconnue pour être malléable.
Comment erre Marie Danielle — 05/03/2007 @ 4:09 pm
Mais est-ce que c’est mallaxable ?
Comment erre Ramiel — 05/03/2007 @ 11:52 pm
Rhâ, Ramiel, vous ne connaissez pas Bashung?!?
Malaxe
Artiste: Alain Bashung
Album: Fantaisie Militaire
Entre tes doigts l’argile prend forme
L ’homme de demain sera hors norme
Un peu de glaise avant la fournaise
Qui me durcira
Je n’étais q’une ébauche au pied de la falaise
Un extrait de roche sous l’éboulis
Dans ma cité lacustre à broyer des fadaises
Malaxe
Le cœur de l’automate
Malaxe
Malaxe les omoplates
Malaxe le thorax
Issu de toi
Issue de moi
On s’est hissés sur un piédestal
Et du haut de nous deux on a vu
Et du haut de nous deux on a vu
Tes calculs mentholés dans ta bouche ça piquait
J’ai pas compté j’escomptais
Mais une erreur de taille s’est glissée
Et j’y suis resté
Malaxe
Le cœur de l’automate
Malaxe
Malaxe les omoplates
Malaxe le thorax
Issu de toi
Issue de moi
On s’est hissés sur un piédestal
Et du haut de nous deux on a vu
Et du haut de nous deux on a vu
Malaxe
Malaxe
(ad lib)
Comment erre Marie Danielle — 06/03/2007 @ 1:12 am
Eh bien, si. “Ad lib”, cela veut dire “ad libidinem” ?
Comment erre Ramiel — 06/03/2007 @ 2:57 am
C’est très Gémeaux, comme réponse, ça.
Comment erre Marie Danielle — 06/03/2007 @ 9:17 am
Ah ?
Comment erre Ramiel — 06/03/2007 @ 11:27 am
Ah, oui. Mais ça pourrait également être une réponse de Scorpion.
Comment erre Marie Danielle — 06/03/2007 @ 11:38 am
A quel titre ?
Comment erre Ramiel — 06/03/2007 @ 12:15 pm
Un astrologue averti saurait mieux que moi de quoi il est question mais ,pour ce que j’en sais, les Gémeaux et les Scorpions sont tous deux susceptibles de propension au plaisir jusqu’à l’excès, voire la débauche, si vous voulez.
Enfin, c’est pas moi, la latiniste ici, mais puisque vous avez, à l’origine, fait le coquin avec le ad libitum, je fais la preuve que Gémeaux et Scorpion ne craignent pas les pentes glissantes, quand ça leur dit… Chez le Scorpion (je ne sais, pour le Gémeaux), ça peut être lié (donnons-lui un peu de légimité morale) à sa dévoration personnelle par son besoin exploratoire, sa quête du (des) sens.
Mais je dis : nain porte coi!
Comment erre Marie Danielle — 06/03/2007 @ 2:04 pm
J’aime mieux les pentes glissantes (que ce soit en montant ou en descendant) que les pentes qui ne glissent pas, en tout cas. Même si, à coeur vaillant, rien d’impossible. Et puis parfois il faut savoir forcer le destin.
Comment erre Ramiel — 06/03/2007 @ 4:48 pm
Oui, bon, mais avant de le forcer, le destin, on peut frapper doucement aussi, non?
Et les failles, ô grand Ramiel skieur?? Ah oui, c’est vrai, vous, les gouffres : même pas peur!
Quant à moi, je défaille à leur seule vue, même en tableau. Mais pour les vertiges des tableaux staëliens, je serais prête à tout : même pas peur! (Faut dire qu’avec les cœurs vaillants, y a pas d’ébauche absolue. De vie absolument dissolue non plus.)
Comment erre Marie Danielle — 06/03/2007 @ 8:29 pm
Oui, doucement, précautionneusement, mais aussi courageusement, cela n’empêche pas, et puis, cela dépend des jours, de l’atmosphère. Personnellement, de défaillance, je n’en ai quasiment jamais connu, et je n’ai que rarement reculé devant une faille. Cela attise toujours la curiosité : quel trésor cache-t-elle ? Or, si on ne s’y avance pas, on ne le saura jamais, et on le regrettera toujours. Ensuite, s’il faut sauter pour entrer dans la faille, et si la crevasse n’est pas trop grande pour moi, est-ce que je ne prends pas sans tarder mon élan ?
Comment erre Ramiel — 07/03/2007 @ 2:00 am
Et quel élan, et quelle constance!!
À vous les failles profondes, Ramiel, et à moi les hautes cimes! Vous savez, celles qui se perdent de vue parce que ennuagées? Des failles, elles aussi, à leur manière.
Ma marraine, inscrivant toujours quelque citation, en tête de ses lettres, m’avait un jour écrit celle-ci (ne me rappelle plus si elle avait identifié son auteur) : « La perle est l’aménagement de la souffrance ». Les vôtres perles, spirituelles, ne passent pas pour du toc, et la faillible - mais pas très matérialiste - petite chose que je suis les contemplent avec cordiale joie.
Comment erre Marie Danielle — 07/03/2007 @ 8:19 pm