17/02/2007 3:18 am
Non que ne soient pas traités du ton sobre, juste et efficace qui sied au vrai documentaire - plutôt que celui, plus vulgaire parce que souvent si démagogique, du film de propagande - les risques élevés qu’encoure ou que prend Louise Arbour, la Haut-Commissaire des droits de l’Homme à
l’ONU, à travers les assignations auxquelles cette fonction la mène, et le pressentiment de la détermination et de la haute moralité par là exigées ; non plus que l’on ne porte avec soin à notre attention l’ampleur des tragédies que connaissent en particulier les populations du Darfour et de l’Ouganda du Nord (depuis vingt ans, dans ce second cas!!), mais de ce documentaire Sur la ligne de tir présenté ce soir à Zone Libre, un élément a singulièrement frappé mon esprit : l’établissement des droits humains est un fait occidental, et leur reconnaissance ne couvre pas l’étendue de la planète…
Non, non, on ne tombe pas des nues, nous n’ignorons pas qu’ils sont quotidiennement bafoués un peu partout, dont chez nous, ainsi que par ceux-là même qui ont vu à leur échafaudage, nos voisins du Sud, les États-Unis. Non, c’est la mention de cette expression qu’on nous rapporte avoir émané de la bouche même de l’ex-Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, M. Boutros Boutros-Ghali qui, sauf erreur de ma part (n’ayant pas aussitôt noté tel quel ce qu’on
en rapportait), aurait un jour rappelé le fait de l’occidentalité de ce concept des droits individuels, soulignant qu’il était pratiquement inexistant dans les diverses cultures orientales, ce qui explique que tout ne lui soit pas assujetti. Si cela a tant frappé mon esprit, c’est que mon regard s’est trouvé dès lors transporté en terres inconnues : si ces notions de droit étaient totalement inexistantes avant la mise sur pied de la première Assemblée de la Société des Nations (SDN), et si tous n’y ont pas adhéré également, quelles sont donc les visions propres et actuelles du monde de ceux-là d’entre eux? Car, du coup, il apparaît pratiquement faux de les accuser de contrevenir à ce à quoi ils n’auraient jamais adhéré, et surgit dès lors l’interrogation de la légitimité de l’imposition de l’exercice dudit droit.
À nouveau, précisons que la réalité des dictatures et de régimes despotiques à des degrés divers ne nous est d’évidence pas étrangère. Mais, à mes yeux, il me semble que cela rend plus tangible que déjà la nécessité de la mesure à prendre de l’écart entre les systèmes de pensée qui nous régissent mutuellement et intimement, et des intérêts qui
les motivent. Par devers les ardents défenseurs du droit international, telle que leur digne représentante Louise Arbour, l’on entraperçoit la haute voltige à laquelle ils ont à s’astreindre. Qui nierait qu’elle leur sera d’autant moins coûteuse que nous saurons ne pas faire l’économie de l’assomption de notre responsabilité individuelle? À ce qu’on sache, le respect de la vie n’est pas sacré seulement pour ceux dont c’est l’emploi de voir à sa mise en application à grande échelle… naît ce pas?




// C’est pourquoi Mireille Delmas-Marty s’est attelée à une ambitieuse élucidation des racines du droit, empruntant des éléments conceptuels à la philosophie ou des outils de pensée à la littérature comme à la peinture contemporaines. Le résultat, en cours de publication, est un ensemble de quatre volumes, intitulé Les Forces imaginantes du droit, en hommage à Bachelard et à ses “forces imaginantes de l’esprit”.
Le premier volume, Le Relatif et l’Universel, a paru en 2004 ; le deuxième, Le Pluralisme ordonné, paraît aujourd’hui. Le cours du Collège de France de cette année prépare le contenu du troisième. L’entreprise est sans équivalent en son genre : aucune autre démarche, aujourd’hui, ne rapproche de façon éclairante la pensée d’Edouard Glissant de la construction européenne, ou Mallarmé et Barthes de l’évolution de l’Organisation mondiale du commerce. //
Roger-Pol Droit, (source)
Voir aussi :
// Comment oser parler de valeurs communes dans le climat d’affrontement et d’intolérance que nous connaissons ?
Et comment concevoir seulement les contours d’une communauté de valeurs par-delà la diversité des cultures ?
A ces questions, on ne saurait trouver réponse dans la seule étude des pratiques juridiques.
C’est sans doute au confluent de ces pratiques et des représentations, politiques, philosophiques et anthropologiques, qu’une véritable communauté reste à construire.
Mais le droit pourrait contribuer à cette construction, ou à sa consolidation, comme nous le vérifierons en commençant par le versant apparemment le plus accessible : celui des interdits fondateurs.
L’autre versant, des droits fondamentaux, sera exploré en 2008. //
Mireille Delmas-Marty
Etudes juridiques comparatives et internationalisation du droit
(source)
Comment erre Jean-Balthazar — 17/02/2007 @ 5:36 am
Ah que j’aime vous retrouver là! (je veux dire “précisément là, à ce sujet”) “Les forces imaginantes” rassemblées autour d’un feu de camp… de vacances, parce que le droit pluriel serait bien conjugué… quel feu de joie ce serait!
Beau programme de lecture, merci, Jean-Balthazar. Il y a 5-6 ans, j’avais été assez ravie de tomber par hasard un jour sur un site où étaient présentés en ligne de longs entretiens entre la juriste Monique Chemillier-Gendreau et d’autres érudits, moi qui savais à peine balbutier quelques termes de droit, mais je ne parviens pas à retrouver ledit site. Faut vraiment que j’aille éplucher mes para-notes de cours d’alors, au cas où le site existerait encore. Cela pour dire que la beauté de ce travail de pensée m’était poésie, et que votre Mireille Delmas-Marty m’apparaît en produire de la pareille. Buongiorno et gros poutous.
Comment erre Marie Danielle — 17/02/2007 @ 6:46 am
En tous cas, on dirait bien que la femme est l’avenir du Droit…
Comment erre Jean-Balthazar — 17/02/2007 @ 11:57 am
Et l’avenir de la femme?
Comment erre Marie Danielle — 17/02/2007 @ 2:31 pm
Euh… ben… si c’est le droit, elle a du boulot !
Comment erre Jean-Balthazar — 17/02/2007 @ 7:03 pm
Je vous déconseille de vous réorienter en artisan de rêves…
Comment erre Marie Danielle — 17/02/2007 @ 8:12 pm
Par contre, en assistant Mac OS et Firefox…
Comment fait-on pour que, par exemple si on veut écouter en direct France Culture, le logiciel s’ouvre par défaut? Parce que je sais avoir et RealPlayer et WindowsMedia, mais la page de FrCult ne les voit pas…?
Après, je vous ferai des salamalecs, ou de gros poutous, votre choix…
Comment erre Marie Danielle — 17/02/2007 @ 8:30 pm
Chère Madame Marie-Danielle Spiegel-Sandgirl,
vous avez requis, par votre post précédent, une intervention de nos services Transatlantic HelpDesk Inc.
Vous trouverez ci-dessous les résultats des recherches menées par nos équipes.
En fait, pour les formats Windows Media (hélas utilisés par France Cul, France 2-3, etc.) le mieux est d’utiliser un petit plug-in à télécharger : Flip4Mac.
http://www.flip4mac.com/wmv_download.htm
Microsoft a arrêté le développement de son lecteur pour Mac, à la version 9. Certains contenus ne sont donc plus accessibles avec le player Windows Media pour Mac, désormais trop vieux.
Microsoft propose sur ses pages même le téléchargement de Flip4Mac.
(Note : le “Player” est gratuit, il suffit de le laisser en mode “trial”. Il ne faut payer que si on veut produire un film au format WMV.)
Un fois installé, tout contenu WM sera alors pris en charge par QuickTime™, de manière tout-à-fait transparente.
Nous vous remercions de votre confiance et de votre fidélité.
Comment erre Jean-Balthazar — 18/02/2007 @ 8:20 am
Jean-”Von”-Balthazar dit Flatun, je suis agenouillée et ai l’honneur de vous demander votre main… Plîîz, plîîz!
Grand merci à vous, cela fonctionne numéro 1.
What would I do without you. Je ne veux l’envisager même un instant.
C’est charmant, la puissance. Un exemple, mais incomparablement plus trivial et plus matérialiste, c’est la rapidité avec laquelle mon Mac a copié quelques CD musicaux dans mon iTunes, l’autre jour!
C’est charmant, la puissance. Mais le fait de ne pas abuser de celui - ou de celle, en la circonstance
- qui accuse un peu de la faiblesse l’est encore plus. Quelle grâce!
Cela dit, je me suis levée ce matin en me disant que, finalement, le terme “salamalec” est plutôt péjoratif, non? Je n’y avais jamais songé auparavant. C’est un terme qui avait cours fréquent, quand j’étais petiote, au fin fond de ma Gaspésie : allez donc savoir pourquoi il était passé dans le langage? Un effet idiovisuel, peut-être? Tout de même, la télé est entrée chez nous j’avais 4 ans, et mon souvenir de l’emploi de l’expression n’en est pas éloigné (difficile de dire, pour avant mes 4 ans, évidemment).
Il neige ici. Beau soleil, chez vous? Vous le souhaite. Choukran, one more time
Comment erre Marie Danielle — 18/02/2007 @ 11:03 am
Oui. J’avais bien compris que vous le preniez pas dans le sens du Littré :
“1° Terme de plaisanterie. Au sens propre, qui n’est plus usité, salut.
Après avoir, comme très sage, Avec grande crainte et respect Dit par trois fois salamalec, SCARR., Virg. I.
2° Aujourd’hui et dans le style familier, révérence profonde, politesse exagérée. Faire de grands salamalecs.”
Mais au sens étymologique :
“Salutation arabe, de salam (2nd a long), salut, et aleik, sur toi : salut sur toi.”
(Sauf que salâm, c’est la paix.)
Et si je vous donne la main, vous la mettrez où ?
Comment erre Jean-Balthazar — 18/02/2007 @ 5:00 pm
Pourquoi seulement une?
Mais, c’est que je craindrais qu’elle ne se fatigue, à voir à tout…
Et si je la prenais pour vous emmener danser??
(Ajout : et avant votre nuit…)
Comment erre Marie Danielle — 18/02/2007 @ 5:28 pm