14/02/2007 12:14 pm
Comment voulez-vous qu’elle soit bonne??
Il tarde tant à venir.
Qui?
Mon Saint va lent, tins, tins!…

Pour me faire pardonner ma coquinerie : Let me…
Comment voulez-vous qu’elle soit bonne??
Il tarde tant à venir.
Qui?
Mon Saint va lent, tins, tins!…

Pour me faire pardonner ma coquinerie : Let me…
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Comment erre alain — 14/02/2007 @ 2:21 pm
Désolé cela ne donne rien j’ai du bâcler le Html
Comment erre alain — 14/02/2007 @ 2:23 pm
J’ai tenté le coup en centrant votre code, mais je ne suis pas certaine du résultat (voir votre 1er com)…?
Mais, c’est l’intention qui compte, après tout!
Comment erre Marie Danielle — 14/02/2007 @ 4:39 pm
Je suis là ! bon d’accord un peu loin !
Malgré tout, je vous embrasse tendrement….
J’ai tout bon ?
A bientôt chère Marie Danielle,
OLIVIER
CARPE DIEM est ma marque déposée !!!!!!!
Comment erre Olivier — 15/02/2007 @ 3:23 am
j’allais dire que pour moi il est passé en coup de vent, mais si je me souviens bien il ne resemblait pas à ça, d’abord il ne jouait pas de violon : il faisait de la sculpture et des omelettes
Comment erre brigetoun — 15/02/2007 @ 12:21 pm
Moi aussi, Brigetoun, je sais faire les omelettes. Mais je peins mieux que je ne sculpte. Avec moi, fantaisie, couleurs, figires diverses ; je ne prétends pas à une musculature spéciale, même si je ne suis pas spécialement frêle non plus.
Mes pauvres ! tout de même. Je dois malheureusement vous avouer que j’ai acheté un beau et bon gâteau en forme de coeur, pour l’occasion, et l’ai apporté à mon âme-soeur. Nous l’avons bien mangé, malgré son gros volume. Eh oui, l’amour fait tout avaler ! C’est ça qui est beau !
Comment erre Ramiel — 16/02/2007 @ 11:27 am
Eh bien, Olivier, vous seriez Ségolèniste?? Mais oui, preux chevalier, vous avez fait preuve de bravitude, à ne pas craindre le sort du pichet d’eau déversé sur la tête de Laurel (dans l’extrait vidéo youtube)… (et, cher téméraire, nous notons également que l’humilité ne vous étouffe pas, à vous présenter sous le visage d’un saint : y a pas comme une légère contradiction frisant l’impossible, làààà??
)
Brigitte, pour moi y a que la musique grave de la poésie qui Vit, ô! l’on scelle…
Ramiel : “L’amour fait tout avaler” ? Ou presque.
Et pas une seule miette de votre gâteau pour nous? Radin, va!
Comment erre Marie Danielle — 16/02/2007 @ 3:37 pm
devinette bancale:
-Ségolene est (parfois) socialiste …
-Le rose est la couleur des socialistes …
-Alors qui est le cochon ??
Comment erre alain — 16/02/2007 @ 4:39 pm
8====>
- Fernand, c’est quoi cette horreur ?
- Ben patron, j’essaye de faire un coeur pour la saint ripolin
- Mais, c’est nul, enfin, rooooo. Pardonnez Sand Girl sublime et naïve mais mon bon n’a plus toute sa raison.
Comment erre Fernand Mondain — 16/02/2007 @ 4:54 pm
Fernand, vous laissez pas emberlificoter par l’prof, tout est nôrmal, votre cœur et votre raison sont là où ils se trouvent naturellement chez les mecs, c’est-à-dire dans leur froc! (entékâ, dans le vôtre au moins, il y a queuequeue chose, tous peuvent-ils en dire autant??)
Comment erre Marie Danielle — 16/02/2007 @ 5:27 pm
Marie-Danielle, les parts de gâteau, j’en laisse, bien sûr, mais seulement aux dévouées !
Comment erre Ramiel — 17/02/2007 @ 2:23 am
Ma chère Amie,
Je me prends pour un Saint ??? j’y comprends rien !!!
Comment as tu deviné que j’aime bien Ségolène ? je suis pas encore totalement convaincu…
De très gros bisous doux pour Marie-Danielle !
Bon week-end !
Olivier le dernier Samüraï
Comment erre Olivier — 17/02/2007 @ 3:42 am
Aux dévouées?!? Mais, Ramiel, à qui et/ou à quoi?
Pfff, comme si vous étiez l’unique détenteur des pâtisseries qui les fabriquent! Monopolysateur, faites gaffe que je ne vous fiche en prison pour abus de conscience!!
Ouarf ouarf!
Comment erre Marie Danielle — 17/02/2007 @ 3:46 am
Ah ah, Olivier, faut relire ma [si courte] note!
Le dernier Samüraï a un faible pour les nanas, c’est bien connu…
Mais l’on croit en sa capacité de penser. Et de panser. Si, si, j’vous assure!
Spiegel kisses.
Comment erre Marie Danielle — 17/02/2007 @ 3:50 am
Une prison avec vous comme geôlière, qui n’en veut, ô forteresse Montcalm (mais pas sans passion) !
Comment erre Ramiel — 17/02/2007 @ 7:00 am
“qui n’en veut” : mais j’en connais tout plein, Ramiel, tout plein; ne cherchez pas si loin…
Tenez, encore un peu et je pourrai bientôt signer Spiegel Rapunzel.
Comment erre Marie Danielle — 17/02/2007 @ 7:49 am
Peuh ! il y en a tout plein qui n’ont aucun goût ; voilà tout.
Comment erre Ramiel — 17/02/2007 @ 12:49 pm
Ah oui, ce qui me fait penser qu’il me faudrait causer avec Traube…
Ouarf.
Comment erre Marie Danielle — 17/02/2007 @ 2:34 pm
Traube réfléchit trop : quand il va à une exposition de peinture, il se demande toujours ce qu’il doit énoncer comme jugement compte tenu des vrais principes de l’avant-garde qui a 80 ans d’avance. Quand on se laisse guider par son goût naturel et spontané, on s’en moque, de ces balivernes. Et on ne veut que vous comme geôlière, bien sûr.
Comment erre Ramiel — 18/02/2007 @ 2:58 am
Ces bals hivernent? Faites pas votre findumondiste, Ramiel, vous croyez que d’ici 80 ans, ce sera le règne du vide?
Ha ha ce que je suis coquine. Quand le chat n’est pas là, mais en Allemagne, les sous rient, dansent!
Et les éléphants veillent.
Que disions-nous déjà? Et votre Valentine, elle va bien??
Comment erre Marie Danielle — 18/02/2007 @ 10:11 am
Elle ne s’appelle pas Valentine.
Mais non, je ne crois pas à la fin du monde pour dans 80 ans ; ni à l’avènement du paradis terrestre, d’ailleurs. Ce sont des billevesées.
Comment erre Ramiel — 18/02/2007 @ 11:26 am
Elle n’a pas de tout-petits petons?
Sinon, me voici en profonde jonglerie de mots.
Vous me voudriez geôlière, mais vous veux-je prisonnier?
Nah… vive la liberté!
Et pis, ce serait trop de boulot, d’avoir à tenir prison…
Comment erre Marie Danielle — 18/02/2007 @ 11:56 am
Ah, Marie Danielle, c’est comme vous voulez : je ne vous force pas. On fait une proposition, et on doit s’attendre soit à un oui, soit à un non. Chacun est libre. Et celui qui ne sait pas essuyer un refus n’obtient jamais rien. Mais en tout cas, il ne faut pas dire que personne ne veut de vous, si c’est vous qui ne voulez pas de ceux qui vous veulent bien !
Mais ne vous inquiétez pas : vous trouverez certainement bientôt l’âme-soeur. Si Traube se décide à ne plus passer ses journées dans les expositions d’art contemporain !
Comment erre Ramiel — 18/02/2007 @ 12:35 pm
Ramiel, Ramiel, Ramiel… Tout n’est-il pas que littérature, jusqu’ici? Sinon, faites-moi une offre ferme et claire comme un contrat à la Onfray, et je vous promets de l’étudier sérieusement. À l’Amour comme à la Guerre, quoi.
Cela dit, je vous trouve un peu téméraire de vouloir vous engager sans savoir à quoi, précisément.
Oui, bon, je sais, je suis irrésistible…
Jusqu’à ce qu’on me jette pour X motif (parfois fondé, le motif, mais pas systématiquement le rejet)
(Je crains que, dans le cas de Traube, les empêchements débordent la seule question de l’art contemporain…)
Et puis, comme l’aurait dit l’autre, que je vous crois connaître bien, mais qu’il serait importun de nommer ici, ne croyez-vous pas que vous et moi, ce serait analogue au mariage de la carpe et du lapin?? I rest my case. Pour aller en appel, il vous faudra faire une sacrée cour.
Comment erre Marie Danielle — 18/02/2007 @ 2:07 pm
Michel Onfray aime les contrats clairs, comme dans l’économie. Faudra-t-il mettre les positions, les trucs spéciaux, la fréquence, dans son contrat ? Quel poète, cet Onfray ! Mais c’est ça, l’hédonisme bien réglé, hors de toute considération religieuse, ou mystique.
Comment erre Ramiel — 19/02/2007 @ 2:46 am
Ramiel, si vous me convoitez tant, vous devez bien me connaître au moins un peu? À vous de me présenter un contrat que je ne saurais refuser!
Afin que votre tourment ne tourne en cauchemar (désolée, pas de vidéo disponible, pour celle-là), je vous rappelle qu’il se trouve toujours quelque interstice niché ici ou là (il est dans la nature même du mécanisme de la contraction d’en produire) qui autorise certaines libertés (oui mais voilà, vous savez que de ce fait je suis également au courant, alors ne vous montrez pas trop désinvolte non plus…).
Comment erre Marie Danielle — 19/02/2007 @ 3:53 am
Voyons, voyons ! Un contrat fait pour vous ! Lequel serait-ce ? Guidez-moi un peu. Je suis aussi bête que le sont tous les hommes, vous le savez bien !
Comment erre Ramiel — 19/02/2007 @ 4:31 am
Ah ha, le chat sort du sac!
Quand Hollywood “veut signer” une pin-up, elles savent toutes deux pourquoi. Mais Hollywood n’a pas envie de “signer” n’importe qui, n’est-ce pas?
Avant de commencer à négocier, faut tout de même que vous me fassiez une offre minimale : après tout, c’est pas moi qui vous coure après!!
Vous ne croyez tout de même pas parvenir à me faire tourner la tête avec un miroir aux alouettes?!?!
Sinon, je me lasse vite des mirages. Mëme si je m’en amuse longtemps (avant et après, parce que le pendant, c’est jamais réjouissant).
Comment erre Marie Danielle — 19/02/2007 @ 4:59 am
Eh bien, écoutez, Marie Danielle, je vous engage pour mon prochain film : êtes-vous d’accord ?
Comment erre Ramiel — 19/02/2007 @ 5:33 am
Ça n’est pas un contrat, ça, Raminours, c’est de la poudre aux yeux! Allez donc consulter Audiard, je suis convaincue qu’il pourrait vous apprendre 2 ou 3 petites choses…
Comment erre Marie Danielle — 19/02/2007 @ 6:20 am
Vous me tenez rigueur de mon ignorance : ce n’est pas juste ! Eclairez-moi, car je ne suis qu’un sot.
Mais je peux vous proposer de m’inviter à Montréal. Est-ce que vous n’auriez pas des connaissances, à l’Université ? Faites proposer un séminaire sur la littérature savoyarde que j’animerais, en tant que spécialiste reconnu et patenté. L’Université paiera peut-être le déplacement. (Si les Savoyards ne suffisent pas, n’hésitez pas à rajouter la littérature de Suisse romande : je m’en sortirai.) Ensuite, mon contrat est que je promets d’accéder à tous vos désirs, une fois sur place.
Comme vous avez vu que je connaissais un peu la poésie québécoise classique, il y a également la possibilité de faire un séminaire du type : “Regard d’un écrivain savoyard sur la poésie québécoise des origines à l’aube du XXe siècle”. Si “écrivain savoyard” n’est pas assez prestigieux, ajoutez que je suis un peu connu en Suisse, en particulier à Genève, aussi ! Cela ferait : “sabaudo-genevois”.
Bref, il y a moult possibilités !
Comment erre Ramiel — 19/02/2007 @ 11:07 am
J’ai envoyé un message : où est-il ???
Comment erre Ramiel — 19/02/2007 @ 11:08 am
J’ai envoyé un autre message : vous avez instauré une sélection ?
Comment erre Ramiel — 19/02/2007 @ 11:19 am
Désolée, Ramiel, mais que des commentaires soient parfois retenus en modération n’est pas de mon ressort.
Une fois ces contingences sacquées, vous m’en imposeriez d’autres? Alors, sur foi - et foin - de vos seules paroles, je devrais vous décrocher une invitation de résidence à titre de professeur-poète-écrivain invité, avant de vous voir vous plier à tous mes désirs? How more typical of a man can this gets?
Monsieur, en dépit de votre beau discours alliant culture respectueusement ancrée dans l’histoire française et ramage poétique, je crains que vous ne sachiez faire la cour à une dame. Et avoir envisagé - que dis-je, avoir réclamé, quasi comme un dû! - ne serait-ce qu’uninstant qu’elle dûsse elle-même pourvoir à votre lacune est la goutte qui fait déborder la vase! (ce ne pourrait être le vase, vous n’ayant point daigné encore lui offrir la moindre fleur…)
Moult possibilités de moudre : voilà pour votre farine, clown blanc.
Comment erre Marie Danielle — 19/02/2007 @ 3:34 pm
Oh, là, Marie-Danielle, vous me tuez ! Ce n’était pas du chantage : c’était pour faciliter les choses.
D’ailleurs, Marie-Danielle, tout cela n’est pas très clair. Dans les affaires galantes, on ne dit jamais ce qu’on voudrait ; tandis que dans les contrats, au contraire, on le fait valoir : à cet égard, il n’y a pas d’illusion. C’est que l’amour est dominé par la passion, et que le contrat est dominé par la raison. Cela prouve que Michel Onfray est un idiot, et que vous avez eu tort d’évoquer cette idée de contrat.
Car, tout de même ! que l’amour soit dominé par la passion ne fera pas que l’être amoureux oubliera toute raison, même dans ce qui ne concerne pas l’objet de son affection. Sinon, il n’est qu’un sot. Il ne faut pas confondre l’amour et l’idolâtrie.
Bref, je ne veux pas de contrat. Je veux l’amour fou, total, seul digne de vos charmes, ô Marie-Danielle, ô fée espiègle de mes rêves ! Je ne veux penser à rien, ni à vos hommes, ni à mes femmes, mais seulement au bonheur d’être prochainement en votre compagnie, ô centre rayonnant de ma volonté !
Déchirons, déchirons ces vains contrats dont Michel Onfray nous encombre, comme un âne qu’il est ! Plongeons dans le feu de nos propres coeurs, et brûlons-y toute vaine feuille de papier prise en annexe d’un “Traité d’athéologie” dont le prix réel ne dépasse pas celui d’un bouton de manchette !
Voilà ce que j’ai à dire, Marie-Danielle. Cela n’est-il pas beau ?
Comment erre Ramiel — 20/02/2007 @ 5:03 am
Erratum : non pas “même dans ce qui concerne”, etc., mais : “surtout dans” etc. Sinon, cela n’a pas de sens.
Comment erre Ramiel — 20/02/2007 @ 5:06 am
Je vous tue, je vous tue*… comme cela est vite dit! Ah, ainsi sont les hommes, prompts à prêter plus de pouvoir aux femmes qu’elles n’en ont (ou à ne pas toujours leur reconnaître le droit d’en avoir, dans la réalité - mis ceci est hors sujet). Ramiel, vous avez, là, manqué belle occasion de faire le joli cœur! (* si je vous disais, Ramiel, qu’il fut un temps où octroyer pareil sort à un homme - et, aaah voyez-vous l’ironie, à un prof de français même! - m’obsédât presque…)
Toutefois, cher ami, la suite sauve à peu près la mise. Oui, nous aimons ce “ô fée espiègle de mes rêves” et ce “ô centre rayonnant de ma volonté”, car vous y manifestez (enfin!) le début d’une amorce d’un germe de capacité à qualifier l’objet de votre susdit amour. L’absolu de votre “Je veux l’amour fou, total, seul digne de vos charmes” n’est pas non plus pour nous déplaire, mais voilà, ces charmes, cela n’est rien de dire qu’il en existe, il vaut de dire lesquels, et les encenser, afin que je sache que je ne fais point affaire avec un voleur des grands chemins ou à un beau parleur qui, par-dessus le marché, me croirait assez sotte pour succomber pour si peu. Manque de pot, Cyrano vous a précédé, Monsieur, et depuis nous rêvons d’un fleuret au moins aussi habile, pour qu’enfin il nous achève…
(Si Onfray est un âne, il en est un fort joli spécimen. Il ne faut pas vous gausser des autres en espérant vous élever à mes yeux, Ramiel. Il n’y a que les nains qui aient besoin de se hisser sur les épaules d’un géant… Ne saviez-vous donc pas que vous étiez déjà à assez bonne hauteur?)
((L’est pas mal, sinon, mon gène déporté, à faire preuve de plus de raison que certains bien ensouchés, mmm?))
Comment erre Marie Danielle — 20/02/2007 @ 11:23 am
Je n’ai pas compris votre dernière allusion, Marie-Danielle.
Pour Onfray, je n’essaye pas de me dire mieux que lui. Je crois qu’il est difficile de dire ce qu’on pense de certains grands penseurs à succès sans paraître excessif, jaloux, envieux, haineux. Je n’ai pas vraiment beaucoup lu Onfray, mais le fait est qu’il représente pour moi ce mélange d’orgueil français et de traditionalisme laïque qui pour les Français eux-mêmes tient lieu de pensée, et de pensée originale, qui plus est. Je trouve que c’est comique. Rien n’est plus vide de sens, à mes yeux.
En fait, la première chose que j’aie lue de lui, c’est la présentation de compositions musicales d’un de ses bons amis, Eric Tanguy, que j’ai été amené à rencontrer, parce que son épouse est une amie d’enfance. Or, dedans, Onfray faisait valoir que Tanguy appartenait à la vraie tradition française. Eh bien, comme critère, je trouve ça idiot. A cette époque, je ne pensais pas que les laïques pouvaient être aussi nationalistes. Je les croyais libres de tout dogmatisme, même national ! Eh bien, c’est exactement le contraire : s’ils sont laïques, c’est simplement parce que cela appartient à la tradition nationale ; il n’y a derrière aucune réflexion sérieuse, aucune pensée digne de ce nom. Voilà ce que je crois.
Et pour vous, ô fille du dieu Pan, reine des facéties, lutine espiègle, je dirai que mes sentiments sont tels qu’il m’est impossible d’énoncer en mots leur source. Si je le faisais, ce serait trop de maîtrise, au risque de tomber dans le cynisme. Mais disons que votre blog a une vraie vocation artistique, tandis que les autres n’ont en général qu’une vocation intellectuelle. Les images que vous choisissez, par exemple, sont en général d’une valeur esthétique assez supérieure à celles que choisit Pierre Assouline ! Et quant au fond, vous assumez pleinement la poésie : vous ne recherchez pas systématiquement le discours, la dissertation.
C’est peut-être, en partie, parce que vous n’êtes pas française : et vous savez quel respect j’ai pour les poètes québécois, qui ont gardé de la tradition française le vieux goût des arts, mais pas tant acquis son goût plus récent pour les discours intellectuels et creux. Mais cela vient aussi de vous - Marie-Danielle -, bien sûr !
Comment erre Ramiel — 20/02/2007 @ 9:37 pm
Ramiel, très chair, il est inévitable que nous ne sachions toujours sur quel pied danser, ensemble, puisque vous, comme moi, pratiquez l’humour et les jeux d’esprit. Ainsi que vous l’avez dit ailleurs, vous en usez de façon souvent peu évidente, ce qui m’arrive également à l’occasion quoique, fréquemment, j’use du nez rouge pour le signaler. Et je sais mon puits de connaissances moins profond que le vôtre sur plusieurs plans, il n’y a pas à douter. Cela pour dire que ça pose parfois le problème du sérieux à accorder à nos propos, l’un par devers l’autre. Mais la joute est si belle…
Au sujet d’Onfray, c’était littéralement a figure of speech, rien de plus ni de moins, au sens où Onfray est un moulin à paroles (qu’il ne me déplaît pas d’écouter - je l’ai peu lu). Balle que j’ai saisi au bond, quand vous l’avez traité d’idiot : j’émets plus qu’il ne me plaît de ces jugements péremptoires - plutôt fascistes, non? -, mais cela me déplaît toujours de m’y être adonné, car je crois qu’il vaut de mettre en cause un discours en le distinguant de la personne qui le tient, les deux ne s’équivalant pas. Peut-être avez-vous raison, à propos de la valeur de sa pensée, je ne suis réellement pas à même de le dire ; il en va ainsi de moi pour à peu près tout : je ne cherche pas à juger du tout, car je n’y ai pas accès ou ne suis pas disposée à m’y coller le temps qu’il faudrait. Je peux parfois me trouver en mesure de juger d’éléments partiels, mais il est rare que je me sois trouvée devant quoi que ce soit qui me soit apparu totalement insignifiant. Ma relation au monde, ainsi qu’il en va pour chacun d’entre nous, a ses intérêts et ses limites. J’apprends des choses de la vôtre, qui diffère de la mienne en maints aspects et qui la rejoint en d’autres. C’est à la fois stimulant et exigeant, et quand ça m’embête trop, il n’en tient qu’à moi de composer avec, afin de me maintenir dans l’agréable (mes forces physiques sont ici en cause, plus que quoi que ce soit d’autre).
Enfin, je me fais plutôt l’effet d’une souris, regardant de près les détails, parvenant parfois à me faire une idée globale, avec de la distance, alors que vous me paraissez pratiquer l’aller-retour dans une aisance remarquable qui n’est, d’évidence, pas la mienne. L’impression également que vous vous êtes construit contre, et avec, des structures assez nettes, alors que, personnellement, je l’ai fait contre l’informe, contre l’ignorance et contre le non-dit, et même l’interdit. Je n’ai donc pas cette facilité à nommer et qualifier qui est la vôtre, mais je crois qu’il y a un souci que nous avons en commun, celui de la justesse (ce qui ne fait pas de nous des détenteurs de vérités pour autant, n’est-ce pas).
Qu’est-ce que c’est, qu’une vocation artistique, pour un blog, Ramiel? Ce que je sais, c’est qu’il n’est pas le laboratoire d’exploration du langage et de la vie que je le voudrais être, qu’il fonctionne le plus souvent comme un mécanisme de survie à des temps difficiles, à la manière d’un radeau de naufragé, et que je ne sais si je retrouverai un jour la terre ferme, fut-ce sur une île déserte, ou si une vague déferlante finira par m’avaler tout de bon. Mais parfois le temps est doux. Par exemple quand me parvient une bouteille lancée à la mer par un poète, ou un fils du Père Fouettard, ou un Groucho, ou une Fille du Sud, et tutti frutti!
Comment erre Marie Danielle — 20/02/2007 @ 11:30 pm
Oh, Marie-Danielle ! Un blog n’est qu’un blog. Si vos poèmes ont besoin d’un éditeur sur papier, pour constituer un livre que vous pourriez ensuite présenter au public, ne serait-ce que local, n’hésitez pas à contacter les éditions Le Tour ! Car ce qu’il y a, c’est qu’il faut diversifier ses activités, surtout quand on a l’impression qu’une chose piétine, n’avance pas.
Sinon, pour Onfray, il m’est antipathique parce qu’il regarde les croyances religieuses comme évidemment stupides, et ceux qui les ont, de même. Or, il n’en a pas de preuve. Mais il a de telles certitudes ! On dirait celles du comité central du PCUS ! Cela veut dire qu’il faut pour moi partie de ceux qui essayent d’empêcher les gens qui ont ces croyances de s’exprimer librement en faisant croire que ces croyances sont clairement des idioties, qu’il n’y a même pas besoin de les appréhender par l’intelligence. Pour moi, c’est le contraire d’une attitude réellement honnête sur le plan philosophique. Il s’efforce d’instaurer ce que j’appellerai un dogme laïque, ou un athéisme d’Etat. Je trouve que c’est fondamentalement régressif.
Comment erre Ramiel — 21/02/2007 @ 2:17 am
Erratum : il faIt partie (non il faut partie).
Comment erre Ramiel — 21/02/2007 @ 2:21 am
Mais, Ramiel, en le traitant d’idiot, n’avez-vous pas l’impression d’agir de pareille façon qu’Onfray, dont vous dites qu’il tient pour stupides et les croyances religieuses, et ceux qui les ont?
N’empêche que je m’interroge souvent à ce sujet, à savoir les armes de combat à employer, contre ce qu’on réprouve. En même temps, je pense que, selon le lieu de combat, les armes et/ou les stratégies doivent différer. L’impression toutefois que se positionner contre quelqu’un ou quelque chose serait plus juste en temps de guerre contre l’ennemi qui l’a déclarée, car l’on n’espère pas rallier les soldats des adversaires alors ; sinon, l’ennemi n’ayant pas tout faux toujours, s’opposer en mettant de l’avant les arguments qu’on aurait pour quelque chose me paraîtrait pouvoir obtenir l’attention de ceux qui ne verraient pas naturellement les choses de même façon.
Enfin, bref, ce ne doit pas être un nouveau sujet de pensée pour vous, tout ça.
Quant à l’édition de mes poèmes, je note votre suggestion, merci. Peut-être devrais-je quand même procéder sur ce plan-là, car jusqu’ici j’attendais d’être en mesure de pouvoir participer activement à quelque soirée ou activité de poésie ici… Mon plan d’affaires traîne d’la patte, et il n’est pas le seul. Et je devrais renouer avec d’anciens contaacts, et m’en faire de nouveaux, afin d’organiser votre venue!
Comment erre Marie Danielle — 21/02/2007 @ 11:46 am
Ah, oui, c’est important !
Mais la différence, Marie-Danielle, c’est que je dis pourquoi je trouve Onfray idiot : je ne fais pas comme si cela relevait de l’évidence. Or, tout le monde sait que si Dieu existait, il serait intelligent d’avoir des croyances à cet égard. Il ne peut donc pas être idiot d’avoir des croyances, car l’inexistence de Dieu ne relève pas de l’évidence pour tout le monde.
Si vous avez noté, je vous rappelle que j’ai dit qu’il était idiot parce qu’établir un contrat pour l’amour était dénué de sens, l’amour étant un sentiment et un contrat étant fondé sur la raison, et puis j’ai dit qu’il était idiot parce qu’il faisait comme si tout le monde savait que Dieu n’existait pas, et comme si cela relevait de l’évidence, alors que ce n’est pas le cas. Il utilise l’argument d’autorité consistant à se fonder sur la tradition, une vérité généralement reconnue ; mais c’est idiot, car ce n’est pas, réellement pas, une vérité universellement reconnue, et le pire, c’est qu’il le sait très bien. Il est malhonnête. Il se place du point de vue d’une fiction pour faire apparaître ce qui n’est pas comme une évidence. C’est du jésuitisme. Il fait, en somme, comme si l’immense masse de gens qui pensent différemment de lui avaient une opinion qui ne comptait pas, et comme si on pouvait tenir comme évident qu’ils avaient tort. Eh bien, c’est insultant. Dire ensuite que la religion empêche de s’exprimer librement, c’est le summum ! Car le dogmatisme, pour faire taire les opposants, a toujours commencé par les discréditer en tant que personnes.
Comment erre Ramiel — 21/02/2007 @ 2:35 pm
Vous êtes un coquin, Ramiel, fils de Barthes (j’écris “fils de Barthes” comme on dit “fils de Zeus”! - encore chanceux de ne pas être le fils de Bart… Simpson), «La langue, comme performance de tout langage, n’est ni réactionnaire, ni progressiste ; elle est tout simplement : fasciste ; car le fascisme, ce n’est pas d’empêcher de dire, c’est d’obliger à dire.»
Ëtre idiot ≠ avoir dit ou commis des idioties. On n’est pas intelligent parce qu’on fait parfois preuve d’intelligence ; on n’est pas con parce qu’on a fait une connerie; etc.
Maintenant, peut-être que Onfray a dit ou commis une somme d’idioties, de telle manière que cette somme finisse par valoir phénoménologiquement plus que ses parties, le faisant s’apparenter à l’idiot total, voire au supra-idiot, je n’en sais fichtrement rien. (mais il aura au moins commis une somme - sauf qu’elle ne sera pas philosophique, celle-là!
).
Sinon, Ramiel, j’veux pas laisser mes lecteurs sous l’impression que je me suis payée la tête d’Onfray, alors que je me payerais bien tout son corps!
Mais grazie à vous, je sais mieux maintenant ce qu’est le jésuitisme. Et comprends mieux pourquoi les gosses de riches ont l’attitude qu’ils ont, puisqu’on les a souvent envoyés dans les collèges de Jésuites.
Stalker en serait-il? Ah non, ça ne correspond pas totalement. En fait, je devrais plutôt demander : les Jésuites avaient-ils le monopole des lycées français??
Et vous, Ramiel, où avez-vous étudié?? J’aime bien les noix de Grenoble, elles sont très goûteuses, mais il faut éviter les rancies.
Comment erre Marie Danielle — 22/02/2007 @ 9:35 am
La bonne société française a toujours étudié chez les jésuites, même quand elle était complètement athée et anticléricale. Stendhal en parle, dans une relation de voyage qu’il fait en Savoie : il dit que les Dauphinois bien nés envoient leurs enfants à l’école chez les jésuites en Savoie, parce qu’ils ne veulent pas les envoyer à l’école laïque, bien qu’eux-mêmes soient anticléricaux, démocrates, et qu’ils ne cessent pas de critiquer le régime du royaume de Sardaigne parce qu’il est très proche de l’Eglise et laisse les prêtres régner en maîtres incontestés dans le Duché.
Patrick Modiano est une survivance de cette époque, car il a étudié au lycée Saint-Joseph de Thônes, près d’Annecy, et je crois que Thierry Kron aussi, en est une relique, surtout s’il a été au collège dans la partie issue de l’ancien comté de Nice. Mes oncles berrichons sont pareils, même si leur père était athée et matérialiste au possible ; mais il votait pour la droite démocratique et chrétienne. C’est la vraie réalité de la France, qui permet de mieux comprendre quelqu’un comme Ségolène Royal ! Stendhal méprisait tout ce petit jeu, qui pour lui relevait de la tartufferie. Mais il aimait bien le catholicisme savoyard. Il le trouvait sincère (et il avait raison, globalement) ; Modiano est d’ailleurs dans le même cas.
Pour moi, j’ai étudié à l’école Decroly, qui était expérimentale, Decroly étant un pédagogue belge disciple de Rousseau que n’aiment pas vraiment les âmes bien nées, mais qu’affectionnent beaucoup d’artistes un peu gauchistes : Mathieu Kassovitz l’a fréquentée, par exemple. Onfray aurait pu aussi la fréquenter, en fait. Car sur le plan pédagogique, en tant qu’enseignant, il s’est voulu novateur, et au coeur des problèmes réels de la jeunesse populaire actuelle. Je crois que Philippe Meirieu même a tendu à avoir des réflexions comparables à celles de Decroly. Car l’école Decroly n’est pas mystique : pas du tout ! On y est laïque et anticlérical, et c’est pourquoi il s’agit du seul cas d’école expérimentale d’Etat que je connaisse. Les autres sont privées, en général. Le fond de la question est plus idéologique que de loin on pourrait croire. Mais à l’école Decroly, les fils d’artistes parisiens fréquentaient des enfants du peuple en difficulté scolaire.
Ensuite, à Annecy, j’ai fréquenté les écoles publiques de centre ville. Mes parents ne m’auraient pas mis avec les élégants de la cité au lycée Saint-Michel. Mon père avait lui-même été à Decroly, et il n’a jamais voulu fréquenter le beau monde annécien.
Pour Onfray, je trouve sot de s’en prendre frontalement et aveuglément aux religions monothéistes. A mon avis, cela relève d’abord de l’idée fixe. S’il y a des arguments (mais y en a-t-il, même ?), c’est parce que c’est obligatoire. Or, je pense qu’un philosophe intelligent ne part pas d’une idée fixe. S’il en a une, au moins, ce n’est pas celle dont il fait un livre. Car une idée fixe est plus propre à donner lieu à un poème (engagé, peut-être) qu’à un traité de philosophie, je crois. Une idée fixe, on l’a par passion, pas par raison, même si on dit (et pense) le contraire.
Mais vous le trouvez beau à ce point ? Je connais un peu ses moeurs privées, pour tout vous dire. Je crois que pour la vie au quotidien, il aime les femmes mûres et intelligentes, lettrées, artistes, comme vous êtes, mais qu’ensuite, et par surcroît, il s’adonne régulièrement à l’hédonisme avec des filles beaucoup plus jeunes. Si vous voulez l’assumer, vous le pouvez peut-être ; mais il valait quand même mieux être prévenue. Et puis peut-être que je me trompe, que ce ne sont que des racontars.
Comment erre Ramiel — 22/02/2007 @ 11:05 am
Une école expérimentale, ce serait ce qu’on qualifie d’école alternative ici, je suppose? Du genre des écoles Rudolf Steiner? Je suis très favorable à ce principe de l’apprentissage selon le potentiel propre à chaque enfant, et à des évaluations tenant compte à la fois d’un contenu à maîtriser et des efforts alloués par chaque enfant à se dépasser selon ses capacités. Aussi l’impression que, dans ces écoles, les savoirs ne sont pas étanches, ou le sont moins. Je raconte souvent cette anecdote, à propos de la multidisciplinarité, mais c’est un exemple frappant, même si cela a trait aux études universitaires : l’avocat Julius Grey a raconté un jour en entrevue avoir poursuivi plusieurs baccalauréats (université, ici) à la fois (il en avait les moyen$), parce que se serait senti coincé en se concentrant en un seul domaine. Ce qui a produit un avocat très cultivé pas du tout engoncé dans une pensée rigide, ne pratiquant pas un droit plat. Bon, mon but n’est pas de faire sa promotion, mais de déplorer l’hyperspécialisation contemporaine (dont j’ai souffert moi-même à mon 1er passage à l’université début années 80) et les errances enmatière d’évaluation.
Vous ne trouvez pas étonnant que l’on puisse tenir une position jésutique sa vie durant? Pour poursuivre avec le cas d’Onfray mais ce pourrait être un autre, vous ne pensez pas qu’il se rende compte qu’il tient un discours dogmatique? Enfin, j’ai pour idée que quiconque adopte un tel mode de fonctionnement le fait en réaction, ou en lutte, contre quelque chose, quelque chose dont on tait souvent le nom, ou que l’on ne veut pas voir. Chez des penseurs, j’ai peine à croire que cela soit inconscient. Du moins, ne pourrait l’être totalement.S’il s’agit d’un combat, on sait que les mentalités étant difficiles à changer, il est souvent nécessaire de lui présenter un autre front, fermement. Mais mon souci est dans le remplacement d’une rigidité par une autre…
Vous savez, Onfray, il est pas mal de sa personne (je ne sais pas comment il vieillit, toutefois, y a un petit moment que je ne l’ai entraperçu dans les médias), mais j’en suis pas “crack-dingue”. Je blaguais plus qu’autre chose, ça pimente le discours. Mais, “aime[r] les femmes mûres et intelligentes, lettrées, artistes [et] s’adonne[r] à l’hédonisme avec des filles beaucoup plus jeunes”, ça n’est pas la pratique d’une majorité d’hommes, ça? Pratique se voyant maintenant exercée par les femmes envers les hommes, du moins en Amérique.
On n’arrête pas l’progrès!!
Comment erre Marie Danielle — 22/02/2007 @ 12:40 pm
Quoi ! Je n’irai jamais en Amérique ! En France, cela reste un privilège masculin. En tout cas, il me semble. Cela dit, même si je n’aime pas parler de ma vie privée, je dois vous dire que je n’ai jamais trop cru à l’amour qui serait lié de trop près à des affinités intellectuelles particulières. Franchement, les plaisirs ne viennent pas du cerveau, en tout cas je ne le crois pas. Même quand on fait dépendre ses choix d’affinités intellectuelles, en réalité, il s’agit de conformités idéologiques, et c’est dire qu’on est content de voir quelqu’un qui pense comme soi, et non quelqu’un dont on a pu constater qu’il pensait activement. Il s’agit d’approuver la pensée dans son résultat, non d’admirer l’activité même de penser.
Cela veut dire que le ressort est sentimental ; car approuver par le coeur une idée, ce n’est pas à proprement parler la penser. En ce qui me concerne, je me crois capable de comprendre une idée que je n’approuve pas.
Et cela m’amène à Onfray (qui, depuis quelque temps, a les cheveux qui grisonnent, soit dit en passant). Je crois que quand une doctrine est soutenue par une autorité morale, on peut être persuadé qu’elle est vraie même quand on ne l’a pas vérifié. Cette autorité peut par exemple être représentée par la majorité du corps enseignant, ou la majeure partie des intellectuels qui peuvent s’exprimer dans un pays ou une langue donnée. Le corps collectif donne aux idées qu’il partage une force toute particulière. L’union dans un dogme fait autant la force de celui-ci que l’union dans la division cohérente du travail, ou dans la centralisation fiscale, fait la force de l’économie ou de l’Etat, croyez-moi !
Cependant, la force d’une doctrine largement partagée se situe dans la sphère de la volonté : une telle doctrine s’impose à l’âme, sans en passer nécessairement par l’examen critique. Elle apparaît trop comme une évidence : elle noie l’esprit critique en le submergeant.
On peut avoir facilement de l’esprit critique pour une doctrine isolée, soit parce qu’elle n’est plus partagée par l’ensemble des gens, soit parce qu’elle ne l’est pas encore, soit parce qu’elle est partagée par des pays étrangers, et reste en marge de la tradition nationale. Mais avoir de l’esprit critique face à la doctrine partagée par la société et ses dirigeants, c’est bien plus difficile. Je crois, du reste, qu’Onfray n’en a jamais eu beaucoup. Et je considère que s’il en avait eu, il n’aurait pas eu le succès qu’il a connu. Je considère, aussi, que son idée selon laquelle la musique d’Eric Tanguy est intéressante parce qu’elle appartient à la vraie tradition française atteste complètement que l’idée que je me fais d’Onfray est juste : Onfray se fie à la collectivité, pour savoir ce qu’il faut penser, et non à son sentiment personnalisé du bien et du mal, du juste ou de l’injuste, du vrai ou du faux. D’ailleurs, il se peut qu’il estime qu’un tel sentiment est un leurre.
Mais alors, ce qu’on appelle l’esprit critique n’est que la manière dont on doit vérifier si une idée peut ou non s’insérer dans le dogme national, la doctrine que la nation tend à suivre en général. Et le vrai n’est que cette doctrine.
Or, je crois tout à fait possible qu’un groupe adopte d’un commun accord une doctrine qui ne correspond pas complètement à la réalité. Cela s’est vu ! Et même, c’est fatal. La réalité ne peut pas être réduite à ce que peuvent en penser même des gens très intelligents, ou même très nombreux. Car au bout du compte, une idée n’est qu’une idée : elle ne s’impose pas réellement aux choses.
Pour ce qui est des écoles alternatives, la Decroly avait surtout, de mon point de vue, la qualité d’encourager les élèves à l’expression artistique. C’était un point commun avec les écoles Steiner. C’est une des raisons pour lesquelles beaucoup de fils d’artistes s’y trouvaient.
Comment erre Ramiel — 23/02/2007 @ 3:23 am
Ramiel, au vu de la longueur de votre réponse, je sens que je vous avais manqué durant votre absence… Nah, je rigole! Mais n’aurai pas le temps de vous répondre ce matin, car il y a de quoi discuter amplement. À plus tard, donc!
Comment erre Marie Danielle — 23/02/2007 @ 10:31 am
Ok, here I am, Raminours. Je dois vous avouer que je savais bien qu’on y viendrait. À quoi? À vous dire : que je le savais donc, que je le savais donc!
Ai donc bien fait de ne pas accepter d’emblée votre première proposition. Your proposal. Môssieu’ n’acceptant que la polygamie, môssieu’ n’étant pas d’accord pour la polyandrie, je ne vois vraiment pas ce qui pourrait nous unir quant la base se montre déjà si bancale!
Par ailleurs, sweet pea, je ne suis pas aussi convaincue que vous que les conformités idéologiques suffisent à souder un couple. Déjà que l’on ne trouve pas pareil match si aisément; ensuite, chacun ne demeure pas conforme sa vie durant. Le ressort est donc plus que seulement sentimental. D’ailleurs, cela varie autant qu’il y a d’individus, à mon avis. Il y a la chimie possible, tant sur le plan physique, intellectuel qu’affectif; il y a les déterminants du moment, les aspirations pour le futur, etc.
(en passant, ce peut être adorable, des cheveux qui grisonnent - mais, vous, les hommes, ne pouvez comprendre cela, nous le savons, vos désirs sont si modelés par ce qui est socialement véhiculé!)
Ensuite, je n’ai pas à vous “croire” lorsque vous dites que l’union dans un dogme fait autant la force de celui-ci, j’ai vu la chose en action souventes fois! Vous avez donc bien raison de dire qu”il est difficile d’avoir de l’esprit critique face à la doctrine partagée par la société et ses dirigeants, car on n’est rarement tout à fait distant du phénomène, notre esprit en est nécessairement imprégné sans qu’on soit en mesure de toujours le discerner. N’empêche que je suis un peu étonnée de lire comment vous décrivez Onfray, on le croirait absolument conformiste?!? Son idée de l’Université populaire n’innovait donc en rien, selon vous?
“Qu’un groupe adopte d’un commun accord une doctrine qui ne correspond pas complètement à la réalité” m’apparaît de fait une vérité de Lapalisse; ce qui me fascine, c’est de voir qu’on s’en tienne à une telle conception du monde alors qu’à chaque instant la vie se montre susceptible de nous montrer qu’on ne peut s’en saisir totalement, ni de son sens…
Et moi, je suis comme la vie, Raminours. Comme la vie.
Comment erre Marie Danielle — 23/02/2007 @ 6:55 pm
Bon, d’accord, Marie-Danielle, je retire ce que j’ai dit : j’ai réagi en vieil Européen borné ; vous aurez les favoris que vous voudrez, de l’âge qui vous plaira !
Pour les liens qui soudent les couples, en fait, je suis d’accord avec vous ; je voulais juste dire qu’une affinité intellectuelle était illusoire. Qu’elle se résumait souvent à des conformités idéologiques, et que c’était trompeur, qu’un couple ne pouvait justement pas durer sur une telle base. Or, je pense qu’au départ, beaucoup s’y fient. En tout cas, il pourra apparaître comme dérangeant de constater que la personne qu’on rencontre ne se soumet pas à la doctrine commune ; c’est alors une question de bienséance, d’élégance, même : il s’agit d’être en phase avec la société.
Pour la force immense de la doctrine commune, je crois qu’elle est illustrée par les exercices spéficiques aux jésuites. Car ceux-ci finalement pensent que quand tout le monde se concentre avec force sur les mêmes images, elles finissent par devenir réalité. C’est la forme de miracle en laquelle ils croient le plus. Dans un groupe, il existe une sorte de chaîne magique, disait Eliphas Lévi. De Gaulle lui aussi faisait “comme si”, de son propre aveu, en pensant que les choses au bout du compte se conformeraient à sa volonté, reprise et amplifiée par toute la nation.
Pour Onfray, l’idée d’université populaire date d’Auguste Comte, au moins. Les universités populaires existent partout, en France. J’ai moi-même donné une conférence à l’université populaire “Savoie-Mont-Blanc”, à Annemasse. Ce qui est spécifique à Onfray, c’est d’organiser ces universités avec des professeurs diplômés (en tout cas plus que je ne le suis), et de manière massive et régulière. Cela prouve qu’il est passionné, entreprenant, et qu’il a du talent pour fédérer et motiver les gens. Mais l’idée n’est pas du tout nouvelle. Je ne pense pas que l’université populaire “Savoie-Mont-Blanc” s’opposerait à ce que des professeurs d’université viennent donner des conférences régulières en son sein ! Mais ils ne le font pas, parce qu’ils ont besoin d’argent pour vivre (ou payer leurs maisons secondaires, du moins). Une université populaire n’a pas de moyens ! Onfray est surtout généreux. Il a gagné beaucoup d’argent, et il a décidé de l’offrir au peuple sous la forme de cours gratuits de philosophie de haute volée. Bernard-Henri Lévy, lui, a choisi de sauver le journal “Libération”. Mon association “Bergerie d’Orgevat” a elle aussi reçu un don d’une fondation privée, vous savez. Il y a mille manières d’aider gratuitement au progrès ! J’attends toujours les riches donateurs, en revanche, pour les Editions Le Tour. Pour le moment, mis à part des commandes de soutien de collectivités locales, je n’ai rien vu. Que fait Onfray ?
Comment erre Ramiel — 23/02/2007 @ 10:38 pm
Parce que vous pensez que je vais croire qu’un vieil Européen borné peut se raviser aussi aisément?? Naah, I don’t think so. De toutes manières, je suis convaincue que vous savez distinguer qu’il existe une grande nuance entre la réalité et les idées que j’émets. Par ailleurs, un rapport, amoureux ou amical, se tisse subrepticement, involontairement, qui ne se commande pas en amont et se contrôle plus ou moins dans le temps, exige du réel pour se révéler aux parties concernées. Ici on ne fait que discuter. Faudrait tout de même recauser de ce contrat, pour votre film; qui sait si je ne suis pas l’objet de votre recherche? alors je veux mon profit, ce à quoi j’ai droit, et que mon nom apparaisse au générique, à la place qui lui reviendrait justement. C’est Godard qui compte le tourner, Traube qui le finance, et Passou qui travaille sur le scénario?? Et Rocco Siffredi et Van Damme, vous en ferez quoi?? (je cherche à être en phase avec la [haute] société…)
La seule chaîne magique à laquelle je peux croire, c’est celle qui nous constitue en tant que membres de l’espèce humaine, trop humaine; et qu’il existe tout une gamme de maillons dont les forces se déclinent du très faible au très fort, en toute diversité. Un groupe n’a jamais que l’illusion d’une chaîne, non au sens où elle n’existerait pas, mais du fait que chacun de ses membres se représente soit faussement ou partiellement ce qui la constitue. Ensuite, ce qui fonde des relations concrètes, ce sera les liens du temps partagé, des habitudes, des besoins, des projets, des fantasmes, et quoi encore; et c’est à la fois capital et ténu, vous ne savez jamais quand la réalité ne vous tombera pas dessus, pour réduire tout à néant peut-être, ou alors tout intensifier ou transformer… Parfois l’artifice prend racine, fait s’accoucher de l’insoupçonné, parfois c’est le désert. (Ça me fait penser que je devrais vérifier si Le nuage de l’inconnaissance est à la BAnQ. J’avais amorcé cette lecture-là début vingtaine, parce que quelqu’un l’avait dans sa bibliothèque personnelle, mais ensuite, introuvable, ce livre. Je ne sais pas si même ça a un rapport avec ce dont je parlais, mais ce titre m’habite.)
Alors, vous voyez bien qu’Onfray n’est pas un parfait idiot! Se montrer généreux de sa fortune ne peut être l’œuvre d’un idiot, ç’t'affaire, qu’est-ce que vous pouvez être de mauvaise foi parfois! (Mon avis est qu’il ne l’est pas, en tout cas pas autant que vous semblez le considérer, mais c’est que moi, voyez-vous, que quelqu’un me donne à réfléchir vaut déjà beaucoup à mes yeux; ce qui n’équivaut pas à dire que quiconque le fait trouverait grâce en tout quoi qu’il fasse.) Mais si vous m’invitez en douce France, je vous promets d’aller voir Onfray pour solliciter son soutien à votre maison d’éditions. Je lui ferai un bon Tour.
(Je n’arrive toujours pas à me figurer le genre de vie que vous menez, franchement : levé avant le coq lui-même, écrivant et lisant et commentant et enseignant, etc.! Vous seriez pas le double d’Onfray, par hasard??) ((Ah, ça y est, je sais pourquoi j’aime son nom : à cause de Joffrey, dans la série des Angélique. Onfray/Joffrey… lui manque que la balafre. Et à moi d’être rousse. Aah!))
Comment erre Marie Danielle — 24/02/2007 @ 1:09 am
Marie-Danielle, pour le film, je ne veux pas de Traube comme producteur, car il ne cesserait de critiquer tout ce qui s’écarte de la ligne officielle en matière d’esthétique. Pour l’écriture et la mise en scène, je peux m’en charger, car j’ai déjà écrit et réalisé un court-métrage (produit par le lycée où je travaillais il y a quelques années). Pour les beaux mâles, je peux aussi faire l’affaire : je ne suis pas mauvais acteur, et quand dans mon film mes acteurs étaient trop inhibés, je leur montrais. Mais en fait, depuis ce grand oeuvre de 20 mn, je n’ai rien tourné. Je me suis reconcentré sur la littérature.
Hum, pour la chaîne magique, il s’agit en fait de ce qui meut les foules, de l’électricité qui les fait aller dans la même direction et aveugle les individus. C’est aussi ce qui fait que le rire est communicatif. Je crois que cela existe. C’est l’instinct de groupe. On subit mécaniquement la tendance au mimétisme. Quand beaucoup d’individus ont exactement les mêmes habitudes, le modèle qu’ils suivent a comme la force unifiée de tous ces individus. Et c’est sur les autres comme un poids. C’est une question de polarité. Cela existe, à mon avis. La Boétie expliquait de cette façon la tyrannie : quand un prince a sous lui des milliers d’esclaves, il a des milliers d’yeux pour voir ; il devient un monstre, mais que sa seule conscience dirige. Quand on s’isole, on se sent faible, comme privé d’énergie. Je crois que des physiciens ont même pu constater que l’énergie se dégageant d’un groupe écoutant avec ravissement un seul et même discours était considérable, et se situait dans les mêmes fréquences. Ces fréquences, porteuses éventuellement d’idées, s’imposent, qu’on le veuille ou non. Je crois que beaucoup plus de choses qu’on croit s’expliquent par cette “chaîne magique”. Mais pour autant, je refuse de considérer que c’est miraculeux. La volonté humaine, même lorsque sa puissance est décuplée par le nombre, ne métamorphose pas le monde. Cela ne suffit pas.
Pour Onfray, Marie-Danielle, ce que je peux dire sur lui n’a rien de personnel. Je crois qu’on peut me reconnaître que je ne transforme pas en haine un désaccord philosophique. Même si je trouve Onfray idiot dans ses raisonnements, voire, de temps en temps, de mauvaise foi, je ne prétends pas qu’il soit cruel, méchant, etc. Avoir un défaut ne les fait pas tous avoir. Ce serait absurde. Est-ce qu’il n’y a pas sept vices, comme il y a sept vertus ?
Néanmoins, ne vous donnez pas de peine, en ce qui le concerne. Onfray est généreux, mais il croit que la seule bonne philosophie, propre à améliorer l’humanité, c’est la sienne. Moi, je ne crois pas cela, et je crois que même la sienne (qui n’est pas la mienne) est utile aux gens, qu’elle éveille leur esprit, active leur pensée ; car j’aime la philosophie en général, pour elle-même, indépendamment de ses couleurs. Je ne crois pas que le salut de l’humanité passe par l’acquisition des bonnes idées, mais par le développement de la pensée individuelle, quelle que soit la direction dans laquelle celle-ci peut aller. Une bonne idée est pour moi celle qui s’acquiert par la pensée active ; mais cela ne se décrète pas à l’avance : il faut d’abord qu’il y ait eu de l’activité de la part de la personne même qui acquiert l’idée ! En matière de philosophie, je suis opposé à l’effet que peut avoir une “chaîne magique” : on adopterait une idée parce qu’elle est sympathiquement énoncée, par exemple. Ou par un riche qui montrerait sa volonté de partager sa richesse avec les pauvres : rien n’est plus agréable au peuple, en général !
Tout cela signifie que Michel Onfray ne fera jamais aucun don aux Editions Le Tour, car soit elles tendent à un régionalisme qui ne l’intéresse certainement pas, soit elles concèdent à un ésotérisme, ou à un mysticisme que j’en suis sûr il déteste. Il a choisi d’investir dans une université populaire (alors que le concept existait déjà) parce que la philosophie, laïque et marquée par le marxisme, lui semblait la bonne à diffuser auprès du public. Moi, je vous l’ai dit, je n’ai rien contre. Mais je ne vois pas la vraie différence qu’il y aurait à investir dans un courant philosophique moins recommandé, dans l’actuelle France.
En fait, le régionalisme savoyard n’est pas soutenu par les riches, parce que, sans doute, le nombre de riches Savoyards dont les ancêtres étaient déjà riches avant l’Annexion n’est vraiment pas nombreux. Il n’y a que peu de familles susceptibles de porter un tel courant. La Savoie est plutôt constituée d’une bourgeoisie petite et modeste, et même quand il existe des riches importants, ils le sont souvent devenus à la faveur du tourisme et donc dans des relations étroitement entretenues avec la bourgeoisie française de souche. Les Editions Le Tour, donc, vivent grâce à une petite bourgeoisie qui ne domine pas la société en général.
En tout cas, Marie-Danielle, il ne faut pas trop croire que l’économie ne dépend que de la valeur objective des produits proposés au public. Il n’en est pas du tout ainsi !
Comment erre Ramiel — 24/02/2007 @ 3:12 am
Traube serait aussi conventionnel qu’Onfray, chacun à sa manière, alors?? Salsifis…
Autrement, Ramiel, vouloir tout faire dans un film, z’êtes sûr que c’est jouable? Et, au fait, à quoi ressemble votre scénario? En tout cas, pas question pour moi d’être sous les feux des projecteurs; je veux pouvoir continuer à circuler librement sans voir se ruer des nuées de mecs à ma suite!
Je n’ai pas nié l’existence d’une chaîne magique; j’ai plutôt discuté de l’idée - souvent illusoire, à mon avis - que chacun se fait bien dudit lien.
Il y a sept vices?!? Mon dieu, je dois souffrir d’alzheimer!
Quand vous dites, Ramiel, que “Onfray est généreux, mais il croit que la seule bonne philosophie, propre à améliorer l’humanité, c’est la sienne”, je ne saurais dire si c’est tel quel, mais cela évoque une fois de plus un élément d’étonnement fréquent de ma part, celui du fait qu’on n’éprouve aucun sentiment de doute par devers soi, ne serait-ce - ou plutôt, à cause de - ces observations courantes que l’on peut faire dans notre monde des dérives que sont susceptibles d’encourir ou de provoquer ceux qui croient posséder la bonne affaire. Qu’un philosophe n’entretienne aucun doute par devers lui me paraîtrait un comble.
Quand vous dites “Je ne crois pas que le salut de l’humanité passe par l’acquisition des bonnes idées”, je demanderais d’abord : l’humanité a-t-elle besoin d’être sauvée? Et si oui, de quoi? (Ces questions font partie du développement de ma pensée individuelle…)
“Ou par un riche qui montrerait sa volonté de partager sa richesse avec les pauvres : rien n’est plus agréable au peuple, en général !” : oui, mais, y en a tant qui gardent tout pour eux, qu’un généreux, ça fait changement!
Est-ce qu’il n’y a pas une contradiction à être nationaliste et à refuser, ou à être désintéressé, par les régionalismes?
Vous imaginez les discussions interminables à tenir pour décider de la valeur objective des produits de consommation, Ramiel? Alors qu’on délire aisément dans la surenchère en ce qui a trait à la valeur subjective de certains objets. Les deux étant, soyons réalistes, du plus grand ridicule. Sauf pour ceux qui aiment engranger des profits (je pratique le simplisme, là - c’est pas un des sept vices??)
Touche mystique, pour conclure : suis allée voir un film québecquois assez gentillet, ce soir : “Dans les villes”. Gentillet, parce que sans grande critique sociale, mais animée d’une flamme humaniste intéressante, même si elle manquait de force. Il se trouve que l’un des personnages principaux, masculin et aveugle, fait souvent le mur qui ceint le monastère des Carmélites, logé en ville (dans le quartier Rosement, ici, à Montréal) : le jour pas encore franchement levé, en un point très précis, il peut entendre s’élever les chants des nonnes. Et de me dire que c’est un peu dommage que je n’aie pas cette foi-là (au sens où un mode de vie en retrait m’est un attrait, mais certainement pas ce mode de vie religieux-là tel qu’il se pratique. Bon, me voici bonne pour écouter un peu d’Arvo Pärt.). Et bon matin chez vous.
Comment erre Marie Danielle — 25/02/2007 @ 12:29 am
Cela doit être une métaphore du chant des anges. Il y avait des poèmes de Nelligan qui étaient dans ce genre.
Pour le film, il n’est pas encore écrit.
Encore hier, je disais à mon père que c’était vraiment incroyable. Dès qu’on entreprenait quelque chose (dès qu’on essayait de lancer un livre, par exemple), il y avait toujours quelqu’un pour émettre une critique rédhibitoire et empêcher que les choses se fassent. Mais le pire, et le plus étonnant, c’est que cette personne est impossible à deviner à l’avance. Cela peut être un homme, ou une femme ; un Français, ou un Italien ; un Savoyard, ou un Parisien ; quelqu’un qui vote à gauche, ou quelqu’un qui vote à droite ; un pauvre, ou un riche ; un catholique, ou un protestant ; un athée, ou un croyant ; un régionaliste, ou un altermondialiste : impossible de deviner, tant que cela n’est pas apparu. Est-ce que ce n’est pas incroyable ? C’est cela, la magie de la vie ! Ce qui bloque les belles entreprises s’incarne dans l’égoïsme, et celui-ci est propre à l’âme humaine en général.
Pour Onfray, je maintiens ce que j’ai dit : affirmer qu’on ne peut pas faire de la philosophie si on a des croyances religieuses, c’est rejeter d’emblée toutes les doctrines qui ne sont pas fondées sur le matérialisme, voire l’athéisme.
La philosophie est peut-être simplement un loisir pour les oisifs ; en ce cas, je ne vois pas en quoi l’investissepment d’Onfray dans l’université populaire relèverait de la générosité : il y a aussi des gens qui meurent de faim. Si son action est généreuse, c’est que la philosophie est bénéfique à l’humanité en général, et sur le long terme.
Pour ce qui est d’évaluer la qualité de ce qui se vend, on le fait constamment, notamment en art. Mais on distingue aussi les produits alimentaires selon qu’ils sont issus de l’agriculture biologique ou de l’agriculture chimique. Cela s’affiche dans les prix. Une peinture de votre quasi comptatriote Peter Doig s’est récemment vendue très cher, et le fait est que je trouve moi-même cette peinture très belle. Ensuite, je connais des peintres qui vendent bien moins cher leurs tableaux, lesquels sont d’ailleurs moins beaux. Je ne comprends pas ce que vous dites. Ce que vous énoncez comme comportant des difficultés insurmontables, si cela se faisait, se fait justement tout le temps. Mais ensuite, j’ai le droit de contester la valeur indiquée par un prix, si j’en ai envie. Le prix n’a rien de sacré. Je n’ai pas à m’en remettre aveuglément à l’autorité qui l’a fixé.
Pour le nationalisme et le régionalisme, en France, en tout cas, ce qui est en général l’échelon collectif le plus sacré, c’est la nation. Ce n’est pas l’Union européenne, ni l’humanité en général, je crois, et ce n’est pas non plus la région, ni le département, ni la commune : c’est la nation. On peut donc être nationaliste et rejeter le régionalisme comme mettant en danger, justement, la référence absolue que représente la nation. On peut dire que ce n’est pas cohérent, parce qu’à partir du moment où on subdivise l’humanité, l’échelle de ses subdivisions est forcément relative ; mais dans les faits, les êtres humains ne sont pas forcément cohérents, et le nationalisme en général regarde le régionalisme comme un danger.
Comment erre Ramiel — 25/02/2007 @ 3:32 am
Je suppose que je devrais admettre la réalité des anges, Ramiel, puisque j’admets celle des p’tits démons… ‘Skouzâtez, c’est pas permis de spiegeler ainsi que je le fais, sauf que, sauf votre respect, si les anges et chérubins existent, il doit s’en trouver au moins un qui soit espiègle, sinon Dieu n’aurait pas admis toute la diversité dans sa Création, ce qui serait un contresens au sens divin, non?
Si le film n’est pas encore écrit, est-ce à dire que je vous a-Muse?
“Ce qui bloque les belles entreprises s’incarne dans l’égoïsme”, oui, et “tout ce qui ne tue pas rend plus fort”… (ici je me permets de vous offrir mes meilleurs vœux de prompt rétablissement après cette chute en ski, et vous encourage à ne pas arrêter de skier pour autant!). Bon, pour la mienne, d’entreprise, j’entrevois des choses qui se mettent à bouger, après tout ce temps d’attente. Voyons voir quels égoïstes viendront se placer sur mon chemin!
À sa manière, Onfray donne à manger à certains qui ont faim, non? Entékâ, moâ, je philosophe en disant que je ne sais pas, about God, je suppose que cela me placerait dans les limbes, par devers lui (Onfray, mais God itou, j’cré ben)? (tout de même, je sais l’être (dans les limbes), par devers tous les grands philosophes qui m’ont précédée et desquels je n’arriverai jamais à la cheville, alors les limbes, c’est pas si mal - surtout quand on ne vise pas leurs chevilles, soit dit en passant!).
.My point, about objectivity and evaluation of quality was que les discussions s’étendraient à l’infini pour qualifier la valeur de tout (même du vivant, ainsi qu’on le voit de nos jours), et qu’il en va de même pour ceux qui sont prêts à payer des millions pour, par exemple, une œuvre artistique : valeur aussi arbitraire que commerciale qu’artificielle, etc. Quiconque prétendrait pouvoir fonder l’un ou l’autre discours pècherait donc, quoi qu’il dise, parce que ce serait errer, dans les deux cas. Je sais bien que cela se fait, mais justement, tout ce beau monde-là erre.
Le nationalisme n’est qu’un régionalisme, pour qui considère la planète et l’espèce humaine comme sa nation et sa famille. Toutefois, il y a des choses à défendre, ce que font les tenants nationalistes ainsi que les régionalistes, mais parfois ils errent à le faire, et lorsqu’ils le font justement, ce sont les connotations de ces termes qui leur font défaut. Je ne veux pas pécher ici par simplisme, mais je me dois de faire court par manque de temps. Et puis ce n’est pas sûr que je saurais aller plus loin dans le développement de mon idée sur un plan abstrait. Mais souhaite ardemment pouvoir m’y coller en me penchant sur la question québecquoise éventuellement, par exemple.
See you later, alligator!
Comment erre Marie Danielle — 25/02/2007 @ 12:35 pm
Oui, ce qui brouille un peu les choses, c’est qu’on parle facilement de nationalisme québécois, parce que les indépendantistes du Québec ont acquis une voix importante. On parle plus volontiers de régionalisme savoyard. Sinon, c’est pareil, évidemment : il s’agit de grossir l’importance d’une subdivision, d’un groupe restreint. C’est comme le chauvinisme, le sectarisme, le communautarisme, etc. Mais les régionalistes savoyards, à proprement parler, ne demandent pas l’indépendance. Ils sont simplement régionalistes.
Je crois qu’Onfray n’est pas aussi humble que vous, sur Dieu, qu’il est à peu près persuadé qu’il n’existe pas.
Oui, vous m’inspirez, pour mon film. Mais il va falloir trouver des fonds. Vous croyez que cela peut intéresser l’Etat du Québec ?
Je pense, pour l’art, que beaucoup de philosophes errent, comme vous le dites, mais je ne crois pas qu’il soit impossible d’y voir clair et d’énoncer des critères nets. Souvent, j’ai dit cela, et on m’a répondu : “Chiche”. Or, j’ai relevé le défi. Mais ensuite, on voulait tellement se persuader que c’était impossible à faire, qu’au lieu de contester mes arguments, on m’a traité de tous les noms. Ce n’est pas parce que peu de gens sont allés sur la Lune que c’est impossible à faire, vous savez.
Comment erre Ramiel — 25/02/2007 @ 1:36 pm
Mais, Ramiel, et si le régionalisme savoyard n’est pas un nationalisme au sens de celui envisagé par les indépendantistes québecois, c’est peut-être parce qu’il est respecté? Y a-t-il une réponse autre que politique, quand ça n’est pas le cas?
“Je crois qu’Onfray n’est pas aussi humble que vous, sur Dieu, qu’il est à peu près persuadé qu’il n’existe pas.”
M’semble que vous supputez bien des choses au sujet d’Onfray… L’air d’en savoir plus que vous ne le dites… Sinon, hein, c’est pas de l’humilité, chez moi, de dire que je ne sais pas : il y a des arguments qui prêchent pour chacun des tenants, et ayant moi-même eu besoin de croire un jour, et m’étant rendue compte de la nécessité bien humaine qu’on peut avoir de donner du sens à ce qui paraît absurde, je ne saurais adopter une position contraire du seul fait de mon constat. Alors, partout où je le peux, je cherche à raisonner, et ne me dis pas que, lorsque je n’y parviens pas, c’est parce que ce n’est pas raisonnable et donc que ça relèverait du divin de facto. Mais le sentiment d’extase devant la vie ne me fait pas dire non plus qu’un Dieu existe, même si je dois avouer que mon sentiment de dépassement m’y inciterait. Mais ça n’ajoute rien à bouffer dans ma gamelle. Ouarf.
Une co-production France-Québec a certainement des chances, Ramiel; c’est très couru, actuellement, dans le domaine du film, non?
Les astronautes ont-ils réellement posé le pied sur la lune? Z’en êtes si sûr??
Les gens n’aiment pas que l’on fasse éclater leurs illusions, Ramiel, vous le savez bien. D’abord, parce qu’on les met ainsi à mal; ensuite parce qu’on s’est montré plus fort qu’eux, et ça, c’est quand ils ne s’en sentent pas en plus humiliés, même si vous avez mis des gants blancs et appliqué le principe de précaution pour personnes en danger. Ouarf, ouarf.
Comment erre Marie Danielle — 26/02/2007 @ 1:52 am
Oui, bien sûr, c’est encore de l’égoïsme ! Car ce mot recoupe l’orgueil, l’envie, etc.
Oui, je suis absolument sûr que des hommes ont posé le pied sur la Lune.
Le régionalisme savoyard n’est pas du tout respecté. Il est généralement méprisé, en France.
Le sentiment de l’absurde dépend d’un sens préétabli qu’on ne retrouve pas. Si on regarde les choses dans la succession de leurs manifestations sans penser à rien, on n’a aucun sentiment, même pas celui de l’absurde. C’est pourquoi je dis souvent que Céline, par exemple, me fait penser à quelqu’un qui aurait cru aux cours de catéchisme, et qui aurait soudain découvert que la réalité ne leur correspondait pas. Pour Onfray, il me fait plutôt penser à quelqu’un qui aurait tiré des règles générales de l’expérience personnelle de Céline.
Comment erre Ramiel — 26/02/2007 @ 2:10 am
Ah, Ramiel, vous allez pouvoir m’éclairer, j’en suis sûre : comment sait-on si l’on fait preuve d’orgueil plutôt que de fierté?
Perso, je suis certaine d’être parfois dans la lune. Et vous savez quoi? Elle est habitée. Même que je crois vous y avoir vu.
Si le régionalisme savoyard est méprisé, est-il combattu, ou surtout non soutenu?
Quant à votre démonstration dernière, je la conserve dans un écrin. Même si d’autres conjectures peuvent se présenter car, comment être convaincu que le sentiment de l’absurde ne serait pas présent hors le catéchisme? D’autres peuples n’en ayant jamais eu vent n’auraient jamais connu ce sentiment?
Comment erre Marie Danielle — 26/02/2007 @ 12:48 pm
Non, non, je disais le catéchisme symboliquement. Cela peut être une vision du monde toute faite à l’avance, bourgeoise et complexe, pleine d’idées claires, mais ne correspondant pas à la réalité. Je crois quand même que c’est propre à la tradition occidentale, parce que cette tradition cherche toujours à donner du sens précis, clair, aux choses. Si vous êtes dans une culture où on laisse les concepts vivre sous forme d’images un peu vagues dans leur signification, vous ne pourrez pas avoir le sentiment d’un immense gouffre, d’un abîme béant, sous vos pieds, s’il s’avère que les choses n’étaient pas exactement ce qu’elles paraissaient. Je crois que vous aurez juste un petit trou, vite rebouché, parce que vite oublié par la marée des événements quotidiens. Que la culture occidentale cherche à avoir de l’univers une vision claire et cohérente fait craindre que si un élément s’écroule, tout le reste s’effondre aussi, comme un château de cartes.
Pour le régionalisme, il est combattu, à l’occasion, par des insultes, ou par des moues significatives. L’insulte qui à son sujet revient le plus souvent est qu’il peut s’assimiler au fascisme.
On distingue entre l’orgueil et la fierté si on a du discernement, et si on peut aussi se reconnaître humble, patient, tolérant, par des actions concrètes. Si on se pense fier et si on méprise les vertus que sont l’humilité, la patience, la tolérance, on peut être sûr qu’on est surtout très orgueilleux. Car la fierté, c’est le courage de défendre ses convictions. Mais l’orgueil, c’est le courage d’insulter ceux qui n’ont pas les mêmes.
Pour la Lune, je crois que c’est comme pour le sommet du Mont-Blanc, selon les légendes racontées localement, qui disent qu’en fait, ce sommet est double. Il y a celui qu’on peut atteindre, et qu’a conquis Jacques Balmat, et il y a celui qui est encore au-dessus, invisible, et qui est le vrai, et où vit la reine des fées, et que personne n’a encore pu conquérir. La différence, c’est que la Lune étant plus universelle que le Mont-Blanc, sa vraie face n’est pas habitée par une simple reine des fées, mais par la reine des anges elle-même. Si c’est vous, je m’en réjouis.
Comment erre Ramiel — 26/02/2007 @ 2:17 pm
Sous cet angle symbolique-là, Ramiel, votre perspective peut immensément s’étendre, Je ne saurais dire que les sociétés animistes ne craignaient le gouffre sous leurs pieds lorsque la nature, par exemple, se manifestait de manière inattendue? Là je songe au film Les dieux sont tombés sur la tête, le gouffre s’ouvrant au-dessus des têtes…
Plus sérieusement, je pense surtout que quiconque pourrait naître et évoluer dans un milieu éveillé au monde, non-moralisateur et dès le départ initié au jeu des pouvoirs constant dans les rapports humains et sociaux, je pense qu’il ne devrait pas éprouver si souvent de sentiment de gouffre.
C’est précisément parce qu’il peut être assimilé au fascisme que je souhaiterais me pencher un peu plus sur cette question nationaliste, un de ces jours. Pour faire la part de ce quien est ou pas, pour distinguer en quoi c’en serait dans le cas d’un pays voulant son indépendance vis-à-vis d’un pays l’ayant déjà, etc.
Ni reine des anges, ni même marquise, Ramiel, quoique mon sommet soit double et que j’aie de Janus le visage et qu’à force de conversations, vous en venez sûrement à les distinguer. Je devrais songer à pouvoir intégrer de la musique dans mes commentaires, pour essayer de contrevenir au sentiment de gouffre, dans le cas éventuel où il surgirait…
Comment erre Marie Danielle — 28/02/2007 @ 10:35 am
En fait, le gouffre doit être assumé. Les idées ne sont pas la réalité elle-même : c’en est une représentation. Entre les deux, il y a un trou, une faille. Ce qu’il faut réellement apprendre, ce n’est pas à supprimer le gouffre, car cela
voudrait dire se vacciner contre la faculté de représentation ; or, ce serait devenir simplement comparable aux bêtes. Le véritable enjeu, c’est de trouver le bon pont entre la réalité et les représentations. Le gouffre fait réellement partie de la nature. Les Occidentaux le voient nettement, et les animistes ne font en général que le pressentir : ils voient une mer de nuages. Peut-être parce qu’ils ont aussi une conscience vague du pont lui-même - ce que n’ont pas, en fait, les Occidentaux, je crois. Nier le gouffre, en tout cas, on ne doit pas le faire.
Pour la défense de la nation, il s’agit simplement de dire que pour défendre des droits qui sont identiquement bafoués, des individus peuvent toujours, si l’Etat ne reconnaît pas le problème qu’ont ces individus, décider de former une république propre, souveraine. Par exemple, si les femmes sont perpétuellement humiliées, elles peuvent toujours créer une république d’Amazones, comme dans l’Antiquité. Ou si des individus sont privés de droit parce qu’ils parlent une langue qu’on n’aime pas, au sommet de l’Etat, ils peuvent aussi chercher, comme solution, une république où il sera permis de parler cette langue.
Maintenant, on peut aussi, soi-même, vouloir interdire de parler l’anglais, savoir que l’on n’en a pas les moyens, et donc décider de prendre l’indépendance pour pouvoir au moins interdire l’anglais dans la ville qu’on habite. Alors, extérieurement, cela ressemble, mais il n’y a plus de légitimité.
Comment erre Ramiel — 28/02/2007 @ 12:24 pm
Tout de même, le terme de gouffre comporte quelque chose d’effrayant, alors que ce qui existe entre nos représentations et la réalité ne l’est pas systématiquement, non? Pourquoi ne pourrions-nous pas imaginer vivre un monde où, sans nier que des dangers réels existent, l’on ne soit pas d’abord -ou surtout- apeuré par ce qui nous échappe ? Par exemple, je ne saurais expliquer comment l’univers se tient tel qu’il est, et je pourrais me passionner à tenter de le comprendre, mais je peux tout aussi bien vivre sans n’en rien saisir, sans non plus éprouver une inquiétude à cet égard puisque ce qui compte, c’est qu”il tienne? Même que, de ce dernier fait, je pourrais tirer un sentiment de tranquillité; encore plus, je pourrais me dire que, ainsi qu’il tient, une force sur laquelle je peux compter existe sans que j’aie à m’en soucier? Que l’on se comprenne bien, je cherche seulement ici à donner une autre idée que celle du gouffre et de la peur (j’avais parlé là de folie, en terme de possibilité, mais non de fatalité absolue).
Je crois qu’il manque un terme à votre dernière phrase, du moins elle m’est incompréhensible. Autrement, vous savez bien que les enjeux, en cas de nationalisme, sont bien plus complexes à manier que les exemples que vous avez évoqués. Une république d’Amazones, c’est bon dans le cas où les femmes seraient persuadées qu’il n’y a plus rien à attendre de bon des hommes, mais comment sait-on qu’il ne vaut plus de chercher d’autres avenues pour obtenir le respect? Généralement après avoir essayé de mille et une manières, et apparemment en vain.
Comment erre Marie Danielle — 28/02/2007 @ 8:33 pm
Marie-Danielle, on peut se dire un tas de choses, sans en être profondément convaincu, et tout en ressentant la réalité très différemment. L’Occidental cherche toujours à se donner une idée claire de la situation. Celui qui pense pouvoir vivre dans la pieuse et pure ignorance des êtres de nature, à mon avis se trompe. Pour chasser en lui le désir de connaissance, et qui est aussi semblable à un immense trou qui crée le désir qu’on le comble, il devra forcément s’enivrer, ou se droguer, enfouir son esprit dans les sensations, et ainsi de suite. En général, c’est ce qui se produit.
Pour l’indépendance, ma dernière phrase signifiait que celui qui voulait imposer sa loi partout et qui, voyant qu’il n’y parviendrait pas, se contentait de le faire dans sa province, et donc cherchait l’indépendance de celle-ci, ressemblait, extérieurement, à celui qui cherchait l’indépendance de sa province pour obtenir le droit de vivre selon des principes qui lui étaient propres, alors qu’on l’en empêchait depuis un endroit du pays situé au delà des limites de cette province.
Je ne crois pas qu’il y ait de vrais autre enjeux. Quand il semble y en avoir, c’est, à mes yeux, qu’on brouille les choses. Il y a, par exemple, d’un côté que l’Etat français refuse de laisser parler le basque ; il trouve toute sorte de moyens pour réduire l’utilisation du basque. De l’autre côté, il y a des gens qui voudraient ne plus entendre parler français au Pays basque. Le problème, en droit, est de savoir qui, des deux camps, est à cet égard le plus tolérant. Car la vérité est qu’on devrait pouvoir parler un peu comme on veut.
La langue est un exemple. On peut en trouver d’autres. Mais je crois qu’une république est toujours obligée d’accepter plusieurs cultures. Chacun développe ses propres références. Untel a pour saint patron Remi, untel Martin, et la vie de ces deux saints est différente. Leur personnalité aussi. L’uniformité est un leurre. Si une république veut établir une unité, elle est obligée de créer une forme de synthèse dans laquelle tous peuvent se reconnaître. Mais cette synthèse suppose qu’on a admis au départ la diversité. Or, si, du coup, dans la synthèse, les Basques sont représentés, si leurs couleurs sont présentes (un peu comme dans le drapeau du Royaume-Uni on retrouve les couleurs de l’Angleterre, de l’Ecosse, du Pays de Galles), je ne vois pas ce qui peut motiver un désir d’indépendance.
Je sais aussi que des régions qui votent à droite (comme l’est la Savoie, en général) veulent parfois prendre leur indépendance si la nation vote toujours à gauche. Et inversement. Mais de nouveau c’est une question de démocratie et de respect, de tolérance. Si on est assez fanatique pour vouloir anéantir définitivement le camp qui a perdu l’élection, il est un peu normal de dire que la région dans laquelle ce camp est très présent est menacée de scission ; si on est assez tolérant pour respecter le camp qui a perdu, la scission n’est plus du tout justifiée, mais elle peut quand même être désirée, si dans la région il y en a qui n’acceptent pas, de leur côté, d’avoir perdu l’élection !
Comment erre Ramiel — 28/02/2007 @ 10:58 pm
Ce que j’en disais, Ramiel, ce n’était pas de nier sa curiosité et sa soif de connaître, seulement qu’on peut éventuellement vivre en leur compagnie sans inquiétude constante, sans tourment et/ou sans sensation de gouffre.
L’expérience de la vie, elle, nous soumet à des aléas d’un autre ordre pouvant troubler bien autrement un état intérieur, au moins ponctuellement, sinon plus longuement. En pareil cas, pour ramer, il faut être sur l’eau.
À vous lire à propos de l’indépendance, j’en viens à mettre le doigt sur ce qui me chicote quant à notre situation ici, qui est ce sentiment diffus qu’il ne suffit pas de ne pas être respecté pour vouloir devenir un pays ou pour concevoir qu’on en est un. Il me semble qu’il faut en amont avoir le sentiment qu’on en est véritablement un, pour pouvoir ensuite ne plus chercher qu’à l’affirmer comme tel. Mais l’histoire du Canada et du Québec a ses complexités, que je ne saurais résoudre à cette heure-ci. Et puis, le voudrais-je, que je ne le saurais pas.
La Savoie est-elle “traditionnellement” de droite? Ça, c’est un autre phénomène que je m’explique mal - en fait, quand je dis ça, c’est pour dire que je le connais pourtant très bien, parce que très répandu -, mais je m’étonne simplement que la vie, dans toute sa diversité, puisse ne pas se montrer sous de nouveaux jours. Bon, y a un gouffre qui vient de se présenter, là : j’vous laisse vous en charger?
Comment erre Marie Danielle — 01/03/2007 @ 10:52 pm
Les Savoyards n’ont jamais été, en général, intéressés par le socialisme, tout simplement parce que l’économie y a été d’abord dominée par l’agriculture, ensuite par le tourisme. Le socialisme est lié à l’industrie. Mais il y a bien quelques élus socialistes et communistes. Le maire d’Annemasse est un socialiste, et il a beaucoup fait pour sa ville. Le maire de Chambéry est aussi un socialiste.
Certaines parties de la Savoie, comme la vallée de l’Arve, sont assez industrialisées, mais il ne s’agit pas de grosses entreprises.
En fait, l’économie est restée assez traditionnelle. Même les anticléricaux préféraient les laïques dits bourgeois, ceux du Parti radical, à la genevoise. Ils étaient attachés au libéralisme.
Mais comme il s’agit de petites et moyennes entreprises, ce n’est pas un libéralisme irresponsable et sauvage, comme on le représente souvent, et qui concerne surtout les grosses entreprises, les multinationales, y compris françaises. Or, le socialisme a essayé de s’attaquer à ces multinationales, mais la réalité est qu’il n’en a jamais eu les moyens, de telle sorte que ses actions ont surtout nui au petit libéralisme de province, qui ne faisait pas grand mal. L’aveuglement idéologique a été à cet égard patent : on s’en prenait à une classe de gens, de façon globale et sans discernement. Ce sont bien les plus ordinaires des gens appartenant à cette classe qui en ont le plus souffert.
Mais cette tendance de la Savoie à être dominée par une noblesse plutôt pauvre et modeste, face à une aristocratie française orgueilleuse, puissante et riche, a été déjà peinte par Rousseau, en son temps. Le drame de la Savoie a été sans doute qu’à Paris, on a suivi des politiques correspondant plus aux spécificités françaises, et qu’on n’a pas tenu compte des variations locales. On devait trouver cela trop compliqué, trop fatigant - ou trop méprisable.
Pour le Québec, je ne sais pas. Il s’agit de gens qui ont réussi à garder leur langue, et donc, dont l’âme était très attachée à une spécificité. Maintenant, si l’Etat canadien autorise l’emploi de cette langue, voire admet le principe que l’administration québécoise doit être bilingue, l’aspiration à l’indépendance est un peu désamorcée.
Marie-Danielle, mon opinion est qu’on peut vivre à peu près calmement et sans angoisse face à sa curiosité, si on parvient à l’assouvir peu à peu, si on distille peu à peu une connaissance qui en apaise la soif ; si on ne le fait pas, toutes les bonnes résolutions du monde n’y changeront rien : on souffrira.
Comment erre Ramiel — 02/03/2007 @ 1:39 am
Les Savoyards n’ont jamais été intéressés par le socialisme, parce que, PARMI EUX, l’économie, etc. : ce serait plus français.
Comment erre Ramiel — 02/03/2007 @ 2:24 am
À vous lire, Ramiel, me revient le portrait que Laurent Greilsamer a fait de René Char dans la biographie qu’il lui a consacrée. Au sens où il avait marché son territoire et le connaissait par cœur, ainsi que vous me semblez embrasser la Savoie. Ce qui a permis qu’il soit le Résistant qu’il a été, en même temps qu’on découvre à quel point il lui en aura coûté, car la lucidité du Poète et la justesse de son regard en a fait un combattant hors-pair par devers ce destin funeste de la IIe Guerre mondiale : il connaissait les siens (je parle de toute la région étendue), le territoire et ses ressources, etc., il a ainsi pu les utiliser stratégiquement le moment venu. Lui aussi a cherché à protéger les plus jeunes, chaque fois qu’il l’a pu. Remarquable personnage (mon seul bémol actuel étant qu’il se soit montré pour la peine de mort, quoique pas absolument). Je me réjouis d’ailleurs car je verrai prochainement le film qu’on a tourné à son sujet.
Enfin bref, je voudrais pouvoir nommer les choses de la société et connaître leur histoire avec votre aisance. Votre passion est incontestable. cela va sans dire, et tout autant admirable.
En passant, mes commentaires pourraient être plus longs, mais je n’ai pas le temps pour m’y adonner ces jours-ci, à regrets. Je suis à peu près convaincue que, là où je mets de nombreuses minutes à articuler ma pensée (parce que son expression demeure la plupart du temps neuve - fond encore plus que forme, je le signale, parce que ma prise de parole est somme toute assez récente encore), vous y allez [au moins un peu plus
] rondement!
Pour le Québec, la volonté d’indépendance a souvent été relative à la qualité des relations entre les paliers de gouvernements fédéral et provincial. À l’heure actuelle pourtant, on pourrait croire que le fait que seule une infime minorité des ministres parle français aurait un peu contribué à fouetter les sangs, mais l’actuelle campagne électorale ne traduit rien de la sorte : tout cela en est complètement absent. Par ailleurs, les tenants de l’indépendance ne font plus ce qu’il faut pour leur cause ; René Lévesque ne cessait d’intimer à ses ministres et députés de travailler sur le terrain, ce qui ne se fait plus. Ce qui, pour ma part, suscite quelques appréhensions, car cela tend à montrer que la volonté d’indépendance appartient à un groupe social donné (petite-bourgeoisie, selon certains), et ce qui m’interroge, c’est le type de pouvoir qu’il exercerait (je n’ai pas de préjugé favorable ou défavorable bien ferme, rien que des doutes). En mëme temps, je sais que pareil but est exigeant et qu’il se peut que ses défenseurs se soient avérés fatigués pour des motifs compréhensibles.Mais, même le rouleau compresseur de l’uniformisation économique ne mobilise pas à cet égard, alors…
Il est tout à fait juste de dire qu’il faut avoir sa soif un minimum apaisée pour la porter plus sereinement par la suite. Pour ma part, c’est le travail accompli en analyse qui a fait la différence ; le travail, mais aussi le fait d’avoir été bien accompagnée, parce que, selon les histoires des uns et des autres, je ne crois pas que tout analyste soit toujours celui qu’il faille à qui s’engage dans cette démarche. Et le mien, bien qu’imparfait, a été celui qu’il me fallait, et je dois dire que c’est l’une des rares conjonctions dans le genre qu’il m’a été donnée de vivre, au sens où ça a correspondu à ce dont j’avais profondément besoin. Une expérience singulièrement unique.
Comment erre Marie Danielle — 02/03/2007 @ 12:37 pm
Ma mère aussi a suivi une psychanalyse. Je suppose que cela permet de trouver des reflets de sources, dans le passé, des seuils renvoyant à des fondements cachés. Toute biographie a sa ligne de force, mais qui demeure obscure, dans les faits ; il est toujours intéressant d’en observer les manifestations variées, notamment dans ses premières apparitions, souvent les plus parlantes.
Pour le Québec, j’ai le sentiment qu’après l’échec du dernier référendum, qui semblait gagné, parce qu’on avait acquis le maximum de voix qu’on pouvait acquérir, un doute s’est installé. Je me souviens d’une interview du roi (francophone) des Hurons, qui s’était déclaré en faveur de l’unité canadienne, parce que, disait-il, les anglophones avaient mieux traité son peuple que les francophones. Et je pense que la pensée française va souvent vers l’uniformisation et le mélange, et que les Hurons restés tels quels ne voulaient pas vraiment reconnaître que les Québécois étaient les propriétaires légitimes du territoire. J’avais parlé avec un Québécois, quelque temps auparavant, qui me disait qu’à cause des squaws converties au catholicisme, la plupart des Québécois avaient du sang indien dans les veines. Mais est-ce que les Hurons ont envie d’en tenir compte, c’est douteux. Quant aux autres minorités, elles étaient favorables aux anglophones pour des raisons linguistiques et économiques : c’est évident. La francophonie ne représente pas un immense débouché, quels que soient les résultats économiques de l’Etat canadien du Québec !
Comment erre Ramiel — 02/03/2007 @ 1:04 pm
Il me faut toujours préciser, par souci de justesse, que ce ne fut pas une analyse orthodoxe, i.e. pas de divan et pas à la fréquence régulière. Par ailleurs, même si j’encouragerais n’importe qui à en faire une, je ne la conçois pas comme une panacée et sais qu’il y a de multiples voies, dont certaines autres seraient plus susceptibles de convenir. Et bienheureux à qui il est donné de [vraiment] s’épanouir sans grands heurts au temps de l’enfance, voire de l’adolescence, ce qui, je crois, n’est pas le plus courant.
Votre histoire de Hurons me permet de souligner notre ignorance de notre histoire. On nous a tenus dans l’ignorance, et on nous en a raconté une lacunaire et pleine de préjugés. Je souhaiterais bien me pencher sérieusement sur au moins deux auteurs, à ce titre : Yvan Lamonde, historien, et Serge Bouchard, sociologue, car leurs discours participent beaucoup à notre éclairage. Mais il y en a bien d’autres. Sauf que je voudrais le faire en regard de ma propre histoire, au sens où je serais prête à considérer leur discours non pour le gober de manière indifférenciée mais pour autant que je parvienne à y retrouver ou y insérer une place pour l’histoire de mon arbre généalogique. Le mien, pour l’unique raison que je pense que l’histoire du pays où je vis devrait être constituée de l’histoire affirmée de tous, et moins de toutes celles occultées. Vous imaginez la montagne à gravir? Ça doit battre celle du Kilimanjaro! Et s’il en allait de mëme pour chaque pays, hein, rhâ la lah!
Entékâ, je ne sais pas encore pour sûr s’il y a du sang indien dans ma famille, mais j’peux vous dire que les couleurs des murs dans la maison de ma grand’mère paternelle, quand j’étais enfant, témoignaient de quelque chose en ce sens.
J’ai jeté un coup d’œil sur la Toile, à propos de votre maison d’édition, ces derniers jours. Au fait, pourquoi pas de site internet encore? Alors j’ai quelques documents pdf et quelques pages dont prendre plus ample connaissance dès que je le pourrai. La plupart sont très tangentiels à votre maison, mais ça me fera découvrir un peu de la Savoie. J’ai vu qu’un conteur québécois était allé vivre sur vos terres (lu dans le journal des Allobroges, j’pense); Robert Amyot, qu’il s’appelle - inconnu de moi. Mais je ne sais toujours pas ce que vous avez en fait de ressources en eau, alors je ne suis pas prête à émigrer encore…
Comment erre Marie Danielle — 02/03/2007 @ 3:51 pm
En eau ? Nous n’en manquons pas.
Par contre, mon père ne connaît rien à l’informatique, et il ne veut pas s’y mettre. Il n’y a donc pas de site Internet. Car il faudrait s’en occuper tout le temps, et faire la navette entre lui et le public. Or, ce serait bénévole. A quoi bon ? Il faudrait qu’il s’y mette, qu’il s’implique.
Du côté savoyard, j’ai un arbre généalogique qui remonte au XVe siècle, fait par mon grand-père, je crois. Il ne révèle aucune origine exotique. Mais la Savoie indigène l’est peut-être déjà, en elle-même. Chateaubriand a quand même dit que la cabane d’un Savoyard n’avait que peu à voir avec la tente d’un Séminole, en beauté et en originalité. Le fond de vallée dont vient ma famille a été peuplé, au Moyen Âge, par des colonies germaniques, quoi qu’il en soit, et je suis sans doute un peu suisse, par mes ancêtres lointains : c’est presque comme les Hurons !
Enfin, vous connaissez l’histoire de ces colons français venus sans femmes et obligés d’épouser des Indiennes converties au christianisme. Les colons anglais étaient accompagnés de femmes anglaises dont en Angleterre on ne voulait plus. Mais pas seulement parce qu’elles menaient une mauvaise vie : elles pouvaient être de familles hérétiques, et envoyées en Amérique pour servir d’épouses aux colons. Bref, on dit que les Anglais se sont moins mélangés que les Français. Mais visiblement, cela n’a pas rendu ces derniers plus sympathiques au roi des Hurons dont j’ai vu l’interview !
Comment erre Ramiel — 02/03/2007 @ 11:18 pm
Les Anglais se sont moins mélangés que les Français, avec les Indiens, bien sûr.
Comment erre Ramiel — 02/03/2007 @ 11:20 pm
Votre manque d’inclination à m’entretenir au sujet des cours d’eaux de la Savoie reflèterait-il déjà une lassitude à mon égard, Ramiel? Enfin, je ne suis pas du genre à insister lorsqu’on ne me désire plus, alors soittt, plus de destination Savoie pour moi!
Vos origines m’ont fait penser à un autre homme (pardonnez-moi, mais mon seuil de tolérance est également très bas envers ceux qui manifestent une baisse de désir à mon égard - et après ça on se demande pourquoi une femme papillonne!?!). Kübler, ce doit être allémano-suisse (c’est comme ça qu’on dit?), comme vous, non? Et figurez-vous que, lui aussi, fait du cinéma! Même qu’il voulait que je joue dans un de ses films! L’ayant avisé que mon âme était si noire, que la pellicule ne pourrait la capter, ça ne l’avait point découragé… mais je crois que mon audition, avec Le Cantique des Cantiques, ça l’avait achevé… Alors, vous comprendrez que je ne vous aie proposé pareil programme. Pas à vous, non.
Bon, faudra que je passe à la biblio pour emprunter un numéro d’Historia. Peut-être que votre chef Huron y est mentionné? Sinon, je pourrai également y lire Godbout, Sir!
Comment erre Marie Danielle — 03/03/2007 @ 9:38 am
Marie-Danielle, le chef huron, c’était celui qui était encore chef lors du dernier référendum sur l’indépendance du Québec. Il doit être enregistré dans l’administration des réserves, au sein desquelles il représente certainement son peuple, comme on dit : cela ne fait pas si longtemps ! Il conduisait un 4x4, dans l’interview télévisée qu’il avait donnée.
Sinon, si vous voulez que je vous parle des cours d’eau de la Savoie, je veux bien. Ils se jettent tous au bout du compte dans le Rhône. Le lac Léman lui-même n’est qu’un grossissement de ce beau, de ce grand fleuve. En Haute-Savoie, la rivière la plus connue qui s’y jette, c’est l’Arve, qui prend sa source au Mont-Blanc, et qui se jette dans le Rhône à Genève, lorsque le Léman redevient un fleuve. Ma famile est originaire de la vallée du Giffre, lequel prend sa source dans le Cirque du Fer-à-Cheval, et qui se jette dans l’Arve à Marignier. Les deux vallées, du Giffre et de l’Arve, constituent l’ancienne seigneurie (baronnie) du Faucigny, rattachée à la Savoie au XIVe siècle (jusque-là rattachée au Dauphiné).
Le Chablais, donc, constitue la rive gauche du Léman. La principale rivière qui s’y jette est la Dranse, qui passe à Evian.
Je vous passe les cours d’eau secondaires de la Haute-Savoie, tels que le Foron, la Filière, la Menoge, les Usses, etc.
Le lac d’Annecy naît des montagnes ; le vide un tout petit cours d’eau, qui traverse la ville, appelé le Thiou, lequel se jette dans le Fier, affluent du Rhône.
En Savoie, je connais moins bien les choses. On connaît surtout l’Isère, dont la vallée constitue la Tarentaise (si je ne m’abuse), et qui a reçu le nom du principal département de l’ancienne province du Dauphiné, qu’il traverse, avant de se jeter - naturellement - dans le Rhône. Je ne sais plus quelle est la rivière qui est dans la vallée de Maurienne, et dont je crois qu’elle se jette dans l’Isère. Le lac du Bourget s’écoule bien quelque part, lui aussi, mais ce que je sais, c’est que cela rejoint encore le Rhône ; sinon, je n’en sais rien.
Et voilà, Marie-Danielle. La Savoie a ses rivières qui coulent vers la Méditerranée, et c’est plutôt un peuple latin, par rapport au nord et à l’ouest de la France, dont les rivières coulent finalement vers l’Océan atlantique : ça, c’est plutôt du genre celtique (ou alors aquitain), comme qui dirait. Le genre germanique, c’est les bords du Rhin, qui va vers la mer du nord.
Comment erre Ramiel — 03/03/2007 @ 11:00 am
Vous devez parler de Max Gros-Louis Oné Onti, je suppose.
Sinon, Ramiel, cher prof, je vais devoir vous donner une leçon (dont je ne suis pas persuadée qu’elle ne s’appliquerait qu’à la psychologie féminine) : il ne sert plus à grand’chose de vouloir satisfaire un désir lorsqu’on s’est plaint de votre indifférence première…
Nah! je vous taquine. Et lève mon verre de St-Laurent frappé à votre santé! (je m’en tiens à l’eau, en votre compagnie, car vous me donnez déjà fort à faire pour garder la tête froide par devers vos déploiements de séduction… ce coup-ci, c’est le cas de le dire : jusqu’à plus soif!
) ((En fait, je me nourris également de la poésie et de la musique contenues dans tous ces jolis noms de lieux, alors votre nectar des dieux m’enivre plus légèrement))
Le Cirque du Fer-à-Cheval, cela me paraît à peine croyable; vous en connaissez l’origine?
Il me faudrait un de ces jours tenter d’écrire une histoire ayant pour lieu la Savoie, en m’emparant de ces mots et en les laissant agir de leur seule résonance et voir si je saurais parvenir à capter leur esprit, ainsi que l’ont fait déjà de grands écrivains ayant laissé croire qu’ils étaient de grands voyageurs. Autrement, je ne vois toujours pas dans quelle potion vous avez pu tomber petit enfant pour savoir tant et tant de choses…
Comment erre Marie Danielle — 04/03/2007 @ 1:44 am
Oui, c’était lui, le chef huron.
Pour mes connaissances, on m’a toujours dit doué d’une excellente mémoire, mais c’est qu’aussi, j’aime faire vivre intérieurement les idées, les images, les mots que j’ai en tête. Du coup, je crois simplement que des mots qui entrent dans la tête de certaines personnes, et ne s’impriment pas dans leur mémoire, restent dans la mienne, se placent à un endroit, et y vivent leur vie. Ensuite, ils reviennent, lorsque je les invoque. L’envers de cette faculté, sans doute, c’est ce que je dis dans l’autre message : je peine à concrétiser matériellement des désirs. Mon indifférence apparente est liée à cela, sans doute : en arrivant dans des couches physiquement plus lourdes, mes mouvements se ralentissent, et même se figent.
Le Cirque du Fer-à-Cheval a une double origine. En fait, c’est un cul-de-sac : c’est au sens propre un cirque. On arrive au bout de la vallée, et on est entouré d’un rempart circulaire de roches gigantesques, de montagnes attachées les unes aux autres. C’est l’un des plus beaux sites de l’univers. J’ai écrit, il y a déjà quelques mois, une relation de la dernière visite que j’y ai faite, et l’ai placée sur mon blog.
Pour le Fer-à-Cheval, il y a eu des confusions, disent les étymologistes. Au départ, on nommait cet endroit le Cheval, mais cela venait d’un nom antique, issu d’une langue disparue, dite ligure, et on n’en comprenait plus le sens. Les peuples romans arrivés là ensuite se sont dits que c’était parce que cela avait la forme d’un fer à cheval, et ont donc rebaptisé l’endroit : c’était le Fer-à-Cheval. En fait, cela n’a rien à voir avec l’équidé sympathique qu’on monte avec plaisir. A l’origine, le nom renvoyait déjà à la forme même du site, à sa configuration.
Comment erre Ramiel — 04/03/2007 @ 3:02 am
Ramiel, peiner à réaliser des désirs, ça n’est pas proprement humain? Sans nier que certains puissent être plus doués pour le faire, encore faudrait-il vérifier auprès d’eux de leurs manières de procéder, et puis cela peut engager nombre de facteurs qui soient plus ou moins de notre ressort ou sous notre pouvoir. Et l’on peut être animé de désirs contradictoires ou qui entrent en opposition circonstanciellement, etc., non? Enfin, perso, je suis assez fascinée de me voir passer du désert au torrent, en l’espèce.
Quant à ma capacité mémorielle, elle fluctue selon mon état de santé, ces dernières années. Par contre, je me suis bien rendue compte qu’elle était très sélective et que ça entraînait de sérieux travers quand venait le temps de me saisir de certaines choses qui, autrement, me désintéresseraient totalement, car jugées futiles, mais auxquelles on ne peut toujours échapper. À d’autres moments (souvent quand j’écris), je trouve fascinant de voir les circuits de communication s’ouvrir et les souvenirs ou connaissances établir de fulgurantes connections entre eux. Nous sommes de curieuses petites bêtes, nous, les humains.
Comment erre Marie Danielle — 04/03/2007 @ 11:20 pm
Oui, sans doute. Encore que ces flux de connection existent certainement dans la nature, sinon, ils ne seraient pas aussi naturels à l’être humain et à son esprit ; peut-être que nous nous attachons trop aux objets pris un à un et délimités dans l’espace, lorsque nous regardons les choses. J’en suis même certain. Cela dit, un signe d’air, cela passe toujours avec facilité d’un sujet à un autre, précisément parce qu’il ne peut pas les approfondir beaucoup. C’est le revers de la médaille. Montaigne (l’écrivain de la Renaissance) devait être de ce tempérament, aussi.
Comment erre Ramiel — 05/03/2007 @ 1:46 am
Et votre ascendant, c’est? Non mais, cela me fait un peu sourire, “il ne peut pas les approfondir beaucoup” : en effet, lorsque vous nous faites des synthèses brèves et concises qui démontrent une saisie globale d’un phénomène ou de questions complexes, la première chose qu’on se dit à votre sujet c’est “pfff! pauvre signe d’air!”…
Enfin, je suis un signe de terre, ascendant signe d’eau, avec d’importantes planètes en signes de feu, et des aspects favorables avec des signes d’air : je suis un univers complet, mouah!!
Et je brasse beaucoup d’air. Il nous faut bien nous oxygéner.
Comment erre Marie Danielle — 05/03/2007 @ 9:33 am
Oh, y a-t-il un seul être humain qui ne puisse pas se relier à un des quatre éléments, de toute façon ? Qui n’a pas d’os, pour le terrestre ? Qui n’a pas de liquide dans son organisme ? Qui n’a pas d’air dans ses poumons ? Qui n’a pas de chaleur dans le sang ? Celui qui n’a pas tout cela, il est mort !
Je voulais dire que je n’avais pas la patience de devenir un spécialiste absolu d’une minuscule question, comme parviennent à le faire les savants qui font de brillantes carrières, et même peuvent inventer de nouveaux procédés dans leur domaine, mais qui évidemment ne savent rien de ce qui existe dans le reste de l’univers.
Comment erre Ramiel — 05/03/2007 @ 12:17 pm
“Celui qui n’a pas tout cela, il est mort !” : sans blague?!?
Je ne me moque pas; j’apprécie votre esprit jouant du péremptoire.
Eh bien, vous voyez, Ramiel, nous avons cela de commun, de n’avoir pas eu le cœur de nous consacrer à de minuscules questions à s’en faire les spécialistes. L’essence, y a que ça. Les sens, itou. Mais vous, vous vous êtes plus approché des astres célestes que moi, c’est indéniable. Mais aussi plus normal puisque plus à votre portée : nos montagnes québecquoises ne se comparent pas à celles des Alpes!
Il se trouve qu’aujourd’hui, j’ai quasiment effectué un pèlerinage dans l’univers de France Gall, et j’ai envie de vous offrir celle-ci, en écoute. Le montage vidéo est un peu cucul, mais pas la volonté de l’hommage ni l’amour qu’il célèbre, et je trouve la chanson émouvante pour ce qu’elle dit, et pour la voix de Gall…
Comment erre Marie Danielle — 05/03/2007 @ 3:37 pm
Merci, Marie-Danielle, mais je n’ai pas de son à mon ordinateur.
En fait, je me suis mal exprimé ; je voulais dire que celui à qui il manquait de l’air dans les poumons, de la chaleur dans le sang, du liquide dans l’organisme, des os dans sa chair, il mourait, parce que tout cela était vital. Mais dans l’enchaînement des mots, on avait le sentiment d’autre chose.
Sinon, je suis ascendant Poisson : on aurait pu le deviner. J’aime trop ce qui est liquide et fluide.
Comment erre Ramiel — 05/03/2007 @ 11:49 pm
Pas de son? ce sont les hautes cimes qui empêchent la captation?? (je blague, mais trouve ça un peu dommage pour vous) Bon, je ne sais pas si vous avez vu, mais sinon vous pourrez lire qu’il s’agissait de la chanson Évidemment interprétée par France Gall.
Au fait, je ne crois pas vous avoir vu souvent parler de vos goûts musicaux…?
Gémeaux ascendant Poissons : double signe double ; on comprend que vous soyez aussi productif! J’avais un frère Gémeaux, le plus affectueux des trois, et j’ai une sœur Poissons, avec laquelle le lien s’affermit avec la maturité nous venant communément. Mais je ne vous parlerai pas d’anciens amants…
Comment erre Marie Danielle — 06/03/2007 @ 1:07 am
Si c’est Ella elle a je ne sais quoi que d’autres n’ont pas, en fait, je la connais par coeur, ou presque.
Pour mes goûts musicaux, je devrais peut-être en parler sur mon blog. J’écoute un peu de tout, mais j’aime assez la musique contemporaine un peu étrange, comme celle des films de Lynch, ou de Peter Greenaway. J’aime assez Philip Glass ou Michael Nyman, par exemple. Tenez, en ce moment, j’écoute la bande originale de “Eyes Wide Shut”, et j’aime particulièrement les morceaux de Jocelyn Pook. Sinon, j’écoute de la musique classique ; j’ai évoqué Wagner, sur mon blog (mais plus dans les sujets de ses livrets d’opéra que dans les mouvements grandioses et massifs de sa musique, en fait).
En voiture, j’écoute souvent de vieilles chansons. Mais pendant un certain temps, j’ai écouté Nick Cave, et puis ensuite, John Blunt, dont un disque traînait dans la voiture.
Comment erre Ramiel — 06/03/2007 @ 3:08 am
Suis pas très surprise, sauf pour Cave , et les noms de Pook et Blunt n’évoquent rien de précis. Mais, et votre esprit de révolte, y a pas de rock? Is it so passééé? Faut dire que vous êtes bien plus jeune que mouah.
Comment erre Marie Danielle — 06/03/2007 @ 9:27 am
Eh bien, Nick Cave, c’est quand même un peu révolté. Sinon, j’écoute encore parfois les “Damned”. Ou David Bowie.
Comment erre Ramiel — 06/03/2007 @ 11:29 am
Tiens, tiens, deux fans de Bowie, avec JB. Androgynes, allez!
Maintenant que ma santé est un peu meilleure, je peux me permettre d’écouter plus de musique sans la vivre comme une agression. Mais y a une mèche que je me sens totalement déphasée! Aussi, je m’en remets souvent aux canaux de la radio en marge pour parfois tomber sur des émissions ou des pièces non commerciales qui m’accrocheront l’oreille et l’âme. Parfois, le soir très tard, ou la nuit, j’écoute de la musique actuelle, très ambiance fictionnelle. Mais le faisant en attendant le sommeil, je ne note rien (un peu dommage, oui), juste l’emportement…
Comment erre Marie Danielle — 06/03/2007 @ 12:01 pm