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	<title>Comments on: Entre prophétisme et désespoir</title>
	<link>http://soif.blogsome.com/2007/01/12/entre-prophetisme-et-desespoir/</link>
	<description>EULENSPIEGEL / Le Miroir de la Chouette</description>
	<pubDate>Thu, 10 Dec 2009 21:28:36 +0000</pubDate>
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		<title>by: Ramiel</title>
		<link>http://soif.blogsome.com/2007/01/12/entre-prophetisme-et-desespoir/#comment-1848</link>
		<pubDate>Wed, 24 Jan 2007 05:27:40 +0000</pubDate>
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					<description>Errata : 
- &quot;il était DE LA NATURE de l'annexion de 1860&quot; ;
- &quot;comme ELLE l'avait été avant l'Annexion (la tradition du cathiolicisme savoyard).</description>
		<content:encoded><![CDATA[	<p>Errata :<br />
- &#8220;il était DE LA NATURE de l&#8217;annexion de 1860&#8243; ;<br />
- &#8220;comme ELLE l&#8217;avait été avant l&#8217;Annexion (la tradition du cathiolicisme savoyard).
</p>
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		<title>by: Ramiel</title>
		<link>http://soif.blogsome.com/2007/01/12/entre-prophetisme-et-desespoir/#comment-1847</link>
		<pubDate>Wed, 24 Jan 2007 05:20:09 +0000</pubDate>
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					<description>Chère Marie-Danielle, si la justice est un principe actif créant de la paix dans le monde, il faut bien admettre qu'une force suprasensible, immatérielle, existe ; car sur le plan physique, il n'y a pas de justice : il n'y a qu'un enchaînement mécanique de forces aveugles. Vous ne trouverez aucune loi physique agréée par la science actuelle qui confirme que la justice soit un principe actif dans le monde. Le rapport de force est la seule chose que connaisse le plan physique. Le plan physique ne connaît que la loi du plus fort. Ce n'est pas la justice. Les forces physiques sont en conflit permanent entre elles. Pour vivre, une simple plante doit combattre la pesanteur ! Et en fait, l'être humain aussi... A la fin, du reste, selon le matérialisme ordinaire, la pesanteur doit l'emporter. Seule une force céleste peut finalement la vaincre.

Sinon, pour la Savoie, je dois avouer que ma famille ne l'a pas quittée en état de misère et avec l'obligation de renier la culture ancestrale. (Mon arrière-grand-père juif s'est davantage trouvé dans cette situation, ayant dû fuir l'Empire ottoman pour conserver sa vie et ayant épousé une catholique qui lui a demandé de ne pas évoquer son judaïsme.) Il était en fait de l'annexion de 1860 de respecter les choix spécifiques des Savoyards. Comme elle a eu lieu après la Révolution française et l'acquisition par les peuples de droits particuliers, les traités internationaux entre les dirigeants n'étaient plus regardés comme suffisants ; un référendum a eu lieu, et la population concernée a été partie prenante. Jusqu'à la Première Guerre mondiale, les Savoyards sont restés ce qu'ils avaient toujours été. Or, c'est entre ces deux dates que mon arrière-grand-père est allé à Paris, non pas pour faire des travaux ingrats, mais pour diriger le personnel des magasins de &quot;La Samaritaine&quot; que sa cousine germaine avait fondés. Pour lui, la tradition du catholicisme savoyard était entièrement légitime, comme il l'avait été avant l'Annexion. Et si, en Savoie même, le dogme de la culture commune et son application ont généralement, dans les milieux les plus modestes, fait oublier les origines de la Savoie, parmi les Savoyards émigrés et enrichis dont je suis objectivement issu, on cultivait le souvenir de la Savoie d'antan avec d'autant plus de vigueur que la Savoie réelle était loin et que les légendes familiales remplaçaient peu à peu les réalités qu'on peut y vivre. Pour soutenir ces légendes, il y avait la littérature et la bibliothèque.

Sur le plan politique, cependant, il faut voir que les partis nationaux s'intéressent surtout à l'économie et à l'argent des ménages ; or, sur ce point, la Savoie n'a pas de spécificité : il n'existe plus de douanes, et je ne m'en plains pas du tout. Néanmoins, je comprends complètement la susceptibilité des Savoyards sur le plan culturel. En vérité, je suis contre toute tendance à l'uniformité, de ce point de vue, et prône la liberté absolue. Comme les Savoyards ont eu un Etat, une littérature en français, un roi spécifique, je trouve entièrement normal qu'ils veuillent accorder ce qu'ils apprennent à l'école avec ce qu'ils entendent dire dans leurs familles, ou ce qu'ils peuvent voir autour d'eux, lorsqu'ils observent ce qui, dans l'architecture ou le paysage, est resté de l'ancien temps et du duché de Savoie. Cela me paraît une façon saine de concevoir la culture, que de la regarder comme un approfondissement de l'expérience qu'on peut faire au départ, dans son environnement immédiat, et une façon bien malsaine, que de la regarder comme un moyen d'imposer de l'extérieur des vérités toutes faites et que personne ne peut vérifier par soi-même, dont la nature est totalement étrangère à l'expérience que chacun peut faire dans sa propre vie.

Aucun parti national ne propose actuellement de permettre aux Savoyards ou à d'autres de telles libertés culturelles que j'estime légitimes. En général, on doit se contenter de s'entendre dire, par les partis démocratiques, que chacun peut faire ce qu'il veut dans ses moments de loisir. Mais il s'agit, en réalité, de permettre aux institutions en charge de l'éducation et de la culture de s'orienter en ce sens, si ses acteurs directs le désirent. Or, pour le moment, c'est comme interdit. En conséquence, je tends à réclamer la libéralisation de la culture. Je suis donc démocrate libéral, et favorable aux libertés culturelles et religieuses. Pour ce qui est de l'argent, je pense évidemment qu'il faut le partager, quand il y en a, et créer de la richesse, quand il n'y en a pas. Cela veut dire qu'il faut être social-libéral, et garder l'équilibre entre les grandes tendances de la politique occidentale. En tout cas, il ne faut pas militer en faveur de ce qu'on voudrait dans l'absolu, et qui ressortit en fait à une forme de mystique du paradis terrestre, mais en fonction de ce qui est possible sur le terrain, et qui réellement ressortit à la politique économique normale et saine. Si je veux développer une vie mystique, je refuse complètement qu'elle se cantonne à la vie terrestre et matérielle, comme le fait la politique en général. Car on parle souvent de l'intrusion du religieux dans le politique, mais en réalité, l'accaparement du sentiment mystique par la politique existe tout autant, et fait au moins autant de dommages aux peuples.

Bref, je ne vote jamais pour les extrêmes : c'est ce qu'on peut comprendre ! Cela dit, je suis favorable à un fédéralisme plus grand dans la gestion de la culture. La centralisation culturelle crée un déséquilibre qui pour moi est en totale opposition avec le principe de liberté.</description>
		<content:encoded><![CDATA[	<p>Chère Marie-Danielle, si la justice est un principe actif créant de la paix dans le monde, il faut bien admettre qu&#8217;une force suprasensible, immatérielle, existe ; car sur le plan physique, il n&#8217;y a pas de justice : il n&#8217;y a qu&#8217;un enchaînement mécanique de forces aveugles. Vous ne trouverez aucune loi physique agréée par la science actuelle qui confirme que la justice soit un principe actif dans le monde. Le rapport de force est la seule chose que connaisse le plan physique. Le plan physique ne connaît que la loi du plus fort. Ce n&#8217;est pas la justice. Les forces physiques sont en conflit permanent entre elles. Pour vivre, une simple plante doit combattre la pesanteur ! Et en fait, l&#8217;être humain aussi&#8230; A la fin, du reste, selon le matérialisme ordinaire, la pesanteur doit l&#8217;emporter. Seule une force céleste peut finalement la vaincre.</p>
	<p>Sinon, pour la Savoie, je dois avouer que ma famille ne l&#8217;a pas quittée en état de misère et avec l&#8217;obligation de renier la culture ancestrale. (Mon arrière-grand-père juif s&#8217;est davantage trouvé dans cette situation, ayant dû fuir l&#8217;Empire ottoman pour conserver sa vie et ayant épousé une catholique qui lui a demandé de ne pas évoquer son judaïsme.) Il était en fait de l&#8217;annexion de 1860 de respecter les choix spécifiques des Savoyards. Comme elle a eu lieu après la Révolution française et l&#8217;acquisition par les peuples de droits particuliers, les traités internationaux entre les dirigeants n&#8217;étaient plus regardés comme suffisants ; un référendum a eu lieu, et la population concernée a été partie prenante. Jusqu&#8217;à la Première Guerre mondiale, les Savoyards sont restés ce qu&#8217;ils avaient toujours été. Or, c&#8217;est entre ces deux dates que mon arrière-grand-père est allé à Paris, non pas pour faire des travaux ingrats, mais pour diriger le personnel des magasins de &#8220;La Samaritaine&#8221; que sa cousine germaine avait fondés. Pour lui, la tradition du catholicisme savoyard était entièrement légitime, comme il l&#8217;avait été avant l&#8217;Annexion. Et si, en Savoie même, le dogme de la culture commune et son application ont généralement, dans les milieux les plus modestes, fait oublier les origines de la Savoie, parmi les Savoyards émigrés et enrichis dont je suis objectivement issu, on cultivait le souvenir de la Savoie d&#8217;antan avec d&#8217;autant plus de vigueur que la Savoie réelle était loin et que les légendes familiales remplaçaient peu à peu les réalités qu&#8217;on peut y vivre. Pour soutenir ces légendes, il y avait la littérature et la bibliothèque.</p>
	<p>Sur le plan politique, cependant, il faut voir que les partis nationaux s&#8217;intéressent surtout à l&#8217;économie et à l&#8217;argent des ménages ; or, sur ce point, la Savoie n&#8217;a pas de spécificité : il n&#8217;existe plus de douanes, et je ne m&#8217;en plains pas du tout. Néanmoins, je comprends complètement la susceptibilité des Savoyards sur le plan culturel. En vérité, je suis contre toute tendance à l&#8217;uniformité, de ce point de vue, et prône la liberté absolue. Comme les Savoyards ont eu un Etat, une littérature en français, un roi spécifique, je trouve entièrement normal qu&#8217;ils veuillent accorder ce qu&#8217;ils apprennent à l&#8217;école avec ce qu&#8217;ils entendent dire dans leurs familles, ou ce qu&#8217;ils peuvent voir autour d&#8217;eux, lorsqu&#8217;ils observent ce qui, dans l&#8217;architecture ou le paysage, est resté de l&#8217;ancien temps et du duché de Savoie. Cela me paraît une façon saine de concevoir la culture, que de la regarder comme un approfondissement de l&#8217;expérience qu&#8217;on peut faire au départ, dans son environnement immédiat, et une façon bien malsaine, que de la regarder comme un moyen d&#8217;imposer de l&#8217;extérieur des vérités toutes faites et que personne ne peut vérifier par soi-même, dont la nature est totalement étrangère à l&#8217;expérience que chacun peut faire dans sa propre vie.</p>
	<p>Aucun parti national ne propose actuellement de permettre aux Savoyards ou à d&#8217;autres de telles libertés culturelles que j&#8217;estime légitimes. En général, on doit se contenter de s&#8217;entendre dire, par les partis démocratiques, que chacun peut faire ce qu&#8217;il veut dans ses moments de loisir. Mais il s&#8217;agit, en réalité, de permettre aux institutions en charge de l&#8217;éducation et de la culture de s&#8217;orienter en ce sens, si ses acteurs directs le désirent. Or, pour le moment, c&#8217;est comme interdit. En conséquence, je tends à réclamer la libéralisation de la culture. Je suis donc démocrate libéral, et favorable aux libertés culturelles et religieuses. Pour ce qui est de l&#8217;argent, je pense évidemment qu&#8217;il faut le partager, quand il y en a, et créer de la richesse, quand il n&#8217;y en a pas. Cela veut dire qu&#8217;il faut être social-libéral, et garder l&#8217;équilibre entre les grandes tendances de la politique occidentale. En tout cas, il ne faut pas militer en faveur de ce qu&#8217;on voudrait dans l&#8217;absolu, et qui ressortit en fait à une forme de mystique du paradis terrestre, mais en fonction de ce qui est possible sur le terrain, et qui réellement ressortit à la politique économique normale et saine. Si je veux développer une vie mystique, je refuse complètement qu&#8217;elle se cantonne à la vie terrestre et matérielle, comme le fait la politique en général. Car on parle souvent de l&#8217;intrusion du religieux dans le politique, mais en réalité, l&#8217;accaparement du sentiment mystique par la politique existe tout autant, et fait au moins autant de dommages aux peuples.</p>
	<p>Bref, je ne vote jamais pour les extrêmes : c&#8217;est ce qu&#8217;on peut comprendre ! Cela dit, je suis favorable à un fédéralisme plus grand dans la gestion de la culture. La centralisation culturelle crée un déséquilibre qui pour moi est en totale opposition avec le principe de liberté.
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