[Cette note illustre ce à quoi peut ressembler le stade avancé du cancer de l’opportunisme qui pourrait me ronger si je ne le combats pas. Mais diable que c’est plaisant de pitrer du mot, Muse Fantaisie se faisant désirer ces derniers temps… Alors, kadô d’Avent NoWell, une corne d’abondance truffée d’adjectifs et locutions tous plus excessifs les uns que les autres, dont les épis sont tutorés par notre Bombardier nationale que j’ai osé parasiter à l’insu de son plein gré. Advenant que, par inadvertance, cette dernière me lirait, je lui adresse cette prière : «Plîîîzz, Mrs Bombardier, know off hence, and pay some attention to the name of this weblog, thank you!]

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     C’est fou ce que sa chronique sur le temps des Fêtes nous apprend à son sujet, grâce à cette cérémonie quasi incontournable des échanges de présents. Une vraie pince-sans-rire, notre Denise. Hein? vous ne lui reconnaissez pas ce trait d’esprit?!? Je serais toute seule à… ? Vraiment?? Ah non non, j’insiste, et j’vais même vous prouver qu’elle a un sacré sens de l’humour!


«McLuhan n’a-t-il pas écrit que le medium constitue le message?»


«…donner à autrui est un geste bien plus complexe qu’il n’y paraît à première vue. En effet, il semble que le plaisir que procure le fait d’offrir soit d’une certaine manière lié à l’aisance avec laquelle on entre en relation avec les autres.»

     Par la brillante synthèse de pensée qu’elle entreprend de vous* offrir, Denise fait preuve d’une belle générosité - ne me dites pas que ça n’est pas magnifiquement réjouissant? aah, quels capricieux vous faites!! -, vous faisant épargner de ce temps dont vous manquez cruellement en cette joyeuse période, en résumant tous les ouvrages que Jacques T. Godbout, sociologue-chercheur à l’INRS-urbanisation, a consacré au sujet, sans compter tous ceux traitant des relations humaines que l’on doit à l’apport phénoménal en la matière en psychologie. Bien sûr, elle saute un peu promptement aux conclusions en tournant les coins ronds et se fait l’incontournable centre d’observation par lequel contempler notre petit monde en prenant un peu de hauteur, mais si ça ne fait pas votre affaire, go on and read books and essays about it!

     Ah oui, elle a commis un léger oubli, dans l’énoncé rapporté précédemment : celui de dire que l’aisance financière et de graaaaaandes plages de temps libre pouvaient également exercer de terribles contraintes dans la pratique courante du don, mais c’est qu’elle compte sur votre intelligence attestée pour pallier à son raccourci si anodin (et pis, elle n’est pas grassement rémunérée au nombre de mots utilisés par chronique, hein). Sinon, elle aurait eu l’air de se plaindre pitoyablement, ce que les gens ayant de la classe - que dis-je! -, ce que les gens de l’élite, ah zut, non, c’est nul comme formulation!, ce que l’élite ne fait jamais (prenez-en d’la graine, les pôvres!). CQFD.


«McLuhan n’a-t-il pas écrit que le medium constitue le message?»


«J’entendais cette semaine un homme qui déclarait ne pas donner de cadeaux dans le temps des Fêtes ou lors de toute autre fête «commerciale» car, disait-il, cette période ne représente rien à ses yeux d’agnostique et d’antimatérialiste.»

     Dans ce cas-ci, Denise ne nous dit pas si elle le connaît bien ou non, cet homme, mais nous la savons douée pour l’objectivité, donc nous ne mettrons point en doute son sens du jugement fort bien établi et sa probité, alors que du vulgum pecum, on ne pourrait s’attendre qu’à un vindicatif règlement de comptes contre un tel mécréant ou à un déni de frustrations profondes accumulées envers sa très sainte et consolatrice Mère l’Église. Pfff! que non, notre Denise ne mange pas de ce pain noir et rassis-là! De plus, jamais elle ne prêterait de pingres intentions gratuitement sans savoir à qui elle a à faire : «Cette déclaration, dans laquelle la vantardise n’était pas absente, donnait à penser que cet affranchi des cadeaux ne risquait pas d’en offrir le reste de l’année non plus.» Ouais, espèce de pouacre de pignouf de jean-foutre! Et pan! sur le museau, le faraud! Et vlan! dans les dents, l’grand fendant!

[En passant, je suis en recherche intensive de quelqu’un qui serait prêt à donner de sa personne sans compter. Sans conter d’histoire itou. Sans rien demander non plus, et sans rien espérer. Hein? C’est pas possible?!? Vade retro, infâmes impies! Je vous laisse le champ libre, courez à votre perte! …mais ailleurs qu’ici! Allez, hors de ma vue, pisse-vinaigre!]


«McLuhan n’a-t-il pas écrit que le medium constitue le message?»


     Bon, je ne peux parler de l’affaire du bougeoir en cristal que Denise avait voulu échanger chez Baccarat, sans succès, parce que celle qui lui avait offert cet hideux objet vit outre-atlantique et en avait fait usage (je zeugme l’outrage, ô scandale!). J’implore donc mes très réputés et très nombreux amis lecteurs de l’autre rive de ne point répandre l’histoire.

«La morale à tirer est que la richesse ne se conjugue guère avec la générosité.»

You don’t say!! Who would have thought?!?

     

(j’écris en anglais paske les riches, y sont tous anglofun, et que j’me dis que si des fois ils me lisaient, j’pourrais p’t-êt’ me faire des tinamis riches, qui sait? et pis nous, nation québécoise, on est tous bilingues anyway!)

     Toutefois, je prierais incessamment tous les mauvais donneurs houspillés par Denise de me faire parvenir bien volontiers les cadeaux en argent qu’ils envisageaient lui offrir pour la NoWell, je leur serais gracieusement reconnaissante (c’est un minimum à maintenir, après tout, la réception grâcieuse; et puis je sais vivre, mouah, même si je ne suis pas née une cuillère dorée dans la bouche!). Bon, je ferais un effort pour partager avec de vrais de vrais pauvres (faudra qu’ils me montrent les papiers le prouvant, par exemple!), vu qu’ils se serrent la ceinture bien malgré eux et que Denise semble les avoir oubliés dans sa chronique. La fôte à la course aux kadôs, j’imagine… Ah ben… non, non, elle, elle ne vit pas ça, les bousculades et le stress and tutti frutti, pardon, mon erreur!


«McLuhan n’a-t-il pas écrit que le medium constitue le message?»


     Avant de conclure, Denise nous énumère quelques cas de l’espèce mesquine. Oui, vous avez bien lu. C’est d’un trixte! Bref, si vous cherchiez des preuves de la méchanceté gratuite (ah tiens! si c’est gratis, c’est que ce serait un don, non? mais, on n’peut pas cracher sur un don, ou alors on est un(e) malappris(e)/ malléché(e)/ malbaisé(e), non?? je n’sais pas, je n’sais plus je suis perdue, help!), c’est pas Denise qui va vous les fournir. Hé mais, à vous de bosser quoi! Elle est pas payée pour faire votre boulot, notre Denise, que nenni! Franchement!

     Faut que je vous fasse part d’une inquiétude. Et si, par sa chronique, Denise nous lançait un S.O.S.? Tout d’un coup elle n’a personne autour d’elle capable d’une générosité quasi viscérale? Tout d’un coup, ce serait son désir secret qui transpire en filigrane, un désir de cadeaux, euh non d’être entouré[e] de telles [charitables] personnes? Qu’allons-nous faire : elle a lancé une bouteille à la mer, et Le Devoir n’est pas disponible en outre-Atlantique… Cette note se veut donc un appel à contributions. Répondez-moi (je m’offre en tant qu’agente de liaison bénévole) avec magnificence, et cela vous sera rendu au Sang-Tu-Pleuuus! (coordonnées suivront)


N. B. :
«McLuhan n’a-t-il pas écrit que le medium constitue le message?»


Since you keep insisting and asking, I have to confess that I didn’t know he said that, but I do know one thing though : écrire ce message m’a plaisamment reconstituée. C’est obscène et sans pudeur de vous l’avouer, non? Quelle horreur horrifiante je suis. Mais ne me remerciez pas, j’ai l’esprit des fêtes : je partage (même si je trouve crucifiant de le dire, ma modestie en souffrant chaque fois toujours un peu plussSS$$$….).

     
     
* L’emploi du “vous” plutôt que du “nous” est dû au fait que je suis une exclue. ;-)