11/12/2006 8:07 pm
Ô sechs Zwerg, Schneewittchen ist zurück!
E molto grazie, Sofia…
Se voir offrir un livre édité par Les éditions José Corti est un réel bonheur. Et grand comme le ciel se fait-il, lorsque doublé. Et très coquin lorsque, pour son premier, il s’agit du Blanche-Neige de Robert Walser. L’auteur de prédilection pour l’inflexible Kafka, dit-on de Walser en quatrième de couverture, n’aura pas attendu la Psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim pour voir l’au-delà, et l’en deçà, du conte. Walser aurait réécrit le conte fin XIXe siècle ou début XXe, et Bettelheim est né en 1903, mais sont-ce là signes du Temps? Peu importe, l’écrivain montre, et magnifie, là où le psychanaliste explique. Le premier réenchante en désenchantant, le second accompagne dans une quête de sens; aucune comparaison à faire, ça ne se joue pas sur les mêmes planches, ce n’est pas le même théâtre…
La traversée du miroir débute par une parole de la Reine, à l’adresse de Blanche-Neige :
— Dis, tu es malade?
Perverse question! Aaah le beau recours pour qui veut esquiver, discréditer, neutraliser… Walser a fendu le voile, le conte est mis à nu. Ou ses personnages, quoique certains plus que d’autres — et voilà qu’à mon tour, je fais la coquine. Enfin bref, Walser regarde sous les robes, détrousse le Prince et le Roi, et se fait viril complice du chasseur, et vive la fantaisie!
Lecture faite, le goût nous prend de fonder une petite troupe et de mettre en scène cette belle œuvre poétique-dramatique de Walser. Sauf que, ce coup-ci, j’incarnerais la Reine, y a plus de plaisir à y prendre que dans le
rôle de Blanche-Neige, et puis j’ai déjà donné, pour celui-là. Begreift, das kann! Et puis, les nains… les nains, ces nains portent cois. Moi j’préfère qui [trans]porte haut et fort. Dwarfff, dwarfff!
Trois morceaux de choix :
I
Blanche-Neige :
Là, nul mot dur ne m’atteignait,
nulle haine gâtant l’amour.
Était-ce l’amour, je ne sais.
L’amour, on le sent par la haine.
Là-bas, j’ignorais ce qu’était
l’amour. Ici, oui, dans la haine,
je le sais. Désirant l’amour,
je connais l’amour; quand la haine
la meut, l’âme a désir d’amour.
Elle séjournait chez les nains
dans une allégresse sans trouble.
Il n’en reste rien. C’est fini.
II.
Le Chasseur :
Tu crois que je voulais te tuer?
Blanche-Neige :
Oui, et pourtant non. Si j’étouffe
le oui, prompt le non redit oui.
Dis que je crois. Dis-le en sorte
d’être toujours cru par le oui.
Non m’épuise. Oui a de la grâce.
Quoi que tu dises, je te crois.
Que j’aime dire : oui, je te crois!
Non, depuis longtemps, me répugne.
Alors soit, oui, oui, je te crois.
III.
Le Chasseur :
Dois-je oublier que ce maudit
coquin venimeux, que ce vert
faquin en habit de chasseur
briguait, il n’y a pas une heure,
les riches faveurs de la Reine?
Que je suis Prince, oint, souverain,
fais-le moi oublier, oui,
mais point ce péché, trop énorme
pour être annulé par l’oubli.
Blanche-Neige :
Oh il n’y a plus de péché.
Il s’est éteint dans notre cercle,
il a fui. Et la pécheresse
dont, en loyale enfant, je baise
la main, je la prie de commettre
bien des péchés aussi aimables.
Quoi, Prince? Accumuler la haine?
Oubliez-vous votre promesse
toute récente, ce serment
que vous avez fait à la Reine,
agenouillé face à l’image
de son adorable splendeur?
Montrez votre amour, car vraiment
il vous sied de faire gaiement
l’hommage d’un baiser pudique.
Moi aussi, je me crus blessée.
chassée, persécutée, haïe.
Sotte et butée, j’ai tout de suite
supposé un péché malin,
pour me jeter dans le soupçon,
et pour m’aveugler d’amertume.
Chassez l’idée hâtive d’un
verdict, d’une loi de colère.
Notre loi est douceur; douceur
est paix couronnée; prenez part
à la fête qui, sainte et douce,
jette les péchés dans les airs
et en joue comme avec des fleurs.
Soyez donc gais de pouvoir jouir
de la gaieté. Oh que ne sais-je
plaider si grande et sainte cause!
Je n’ai pas le don de parler;
bien trop sauvage est mon désir,
trop impétueuse m’emplit
la joie haute, contradictoire.
(N’empêche que, me mêler d’en écrire une autre version, la mienne diffèrerait [au moins] un peu… Begreift, das kann!)




n’avais pas eu encore le temps de tout lire - si tu en écris une autre version gardes le joli jeu avec les mots de Blanche Neige
Comment erre brigetoun — 12/12/2006 @ 12:05 pm
Alors Schneewitchen, qu’avez vous faîtes du 7ème nain?
Seriez vous en train de vous muter en Queen bee?
j’menvaprendremapoutredescampette
Comment erre Thierry Kron Traube — 12/12/2006 @ 5:55 pm
Funny You should ask, about the 7th one, but I wasn’t expecting less from You! M’enfin, pourquoi parlerais-je de lui, puisqu’il n’a jamais montré même le bout de son nez, mmm? Et ce n’est pas parce qu’il est Timide, non, non, il est Prof. Vous me direz, n’est-ce pas, qu’on voit mal de quelle manière il peut s’y prendre pour enseigner, s’il se fait invisible? Eh ben justement, je comptais sur vous pour me l’expliquer…
Comment erre Marie Danielle — 12/12/2006 @ 6:34 pm
José Corti c’est bien. Z’avez, chez cet éditeur, la Bibliothèque universelle de Hermann Hesse ? Non ? Bon ben j’vous l’offre. Si, si, j’insiste.
Comment erre Hrundi — 13/12/2006 @ 4:21 am
Z’êtes pas sérieux, Hrundi?? Déjà que Mes Blues Passent Pu Dans Porte, alors imaginez une Bibliothèque universelle?!?! Rôô, moi le sapin de Noël, on me l’offre en feuilles enluminées de Beauté et on me fait au cœur des Noël avant tout l’monde… choueeetteuuuh! It’s surreal (mais comment cela pourrait-il être autrement??)!
Euh… vous viendrez le déposer dans mon bas de Noël vous-même???
Allez, embrassez tout le monde pour moi, Aurore, Mata, Fernand, Francine, Gilles & Co, toutélémondé, quoi!
Comment erre Marie Danielle — 13/12/2006 @ 6:02 am
Au fait, Hrundi dear, ça fait deux fois que vous transcrivez mal votre adresse de blog dans votre signature. Je vous le signale, hein, parce que c’est pas sûr qu’ailleurs on s’en rendra toujours compte, et pis vous perdriez des clics et des visites… Je profite donc de l’occasion - d’autant qu’une pareille n’est pas garantie de se représenter! - pour vous faire la… leçon : on écrit Hache-Titi,-pis? et non Hache-ti-pipi, okaydokay??
Qu’est-ce qu’on rigole!
Comment erre Marie Danielle — 13/12/2006 @ 7:17 am
Sujet : À partir de la définition citée ci-dessous, esquisser quelques doctes développements sur les liens sémantiques entre la discrimination des personnes de petites taille, les personnes de couleur et la parité des genres.
nain, nom
contes de fées. Blanche-Neige et les sept nains.
[Soutenu] Personne sans envergure.
Naine : [ASTRONOMIE] étoile de la séquence principale dont le diamètre et la luminosité sont relativement faibles. Naines, géantes et supergéantes. Le Soleil est une naine.
Locutions :
- nain jaune : jeu de cartes où les mises sont placées sur un tableau de la case centrale où est représenté un nain vêtu de jaune tenant dans sa main un sept de carreau.
- naine blanche : [ASTRONOMIE] corps céleste correspondant au dernier stade d’évolution des étoiles peu massives.
- naine brune : [ASTRONOMIE] corps céleste de masse trop faible pour parvenir à l’amorçage de réactions nucléaires de type stellaire.
Z’avez deux heures.
Comment erre Pr Jean-Balthazar — 13/12/2006 @ 2:04 pm
Ha ha, eh ben vos deux heures, je les ai dormies! Se lever à 17h30, hein, quelle misère! Ouais, bon, quand on s’est couché à 10h-10h30.
Ma dissertation :
« Discrimine à Sion. Ensuite on pourra recauser. »
Hein, Prof (et comme on sait que vous n’être pas du genre usurpateur, on croira que vous l’êtes), je suis pô bonne élève, non? Du genre de celles que tout bon Prof fantasme, non??
Comment erre Marie Danielle — 13/12/2006 @ 6:52 pm
Le Soleil est une naine
C’est un beau titre pour un roman, non ?
Ben, euh… MD… je ne le suis pas, mais je pense que tout enseignant vous dira qu’il préfère vous avoir comme amie que comme élève… Ne le prenez pas mal : il y a plein de choses qui se font entre amis…
Comment erre Jean-Balthazar — 13/12/2006 @ 10:38 pm
Effectivement, un très beau titre. Je m’interroge déjà à savoir sur quel géant elle est parvenue à se jucher pour irradier de la sorte?
Certes non, je ne le prends pas mal, tout le contraire, même! L’amitié est l’un des plus beaux cadeaux à recevoir, merci. Quant aux perspectives que vous laissez entrevoir, le virtuel leur fait son affaire… Bon, m’en vas aller faire un tour sur MSIE, puisque la nouvelle note de Corine n’était pas ouverte aux commentaires. Ciao.
Comment erre Marie Danielle — 13/12/2006 @ 11:43 pm