20/11/2006 8:40 am
Antigone, d’Henry Bauchau, ou l’offrande d’un trésor…
Je reprends ici, avec quelques retouches, un commentaire laissé sur la note Gilgamesh pour les nuls, du fait que j’y ai évoqué la lecture de la précieuse Antigone, d’Henry Bauchau, effectuée il y a deux ou trois ans.
Viol d’une œuvre que certains voudraient intouchable, le Gilgamesh de Léo Scheer? Certes, l’appropriation d’un grand classique est un geste téméraire ou casse-cou, voire impudent, mais on ne pourra le déterminer qu’au vu du résultat. Si sa réécriture permet d’offrir à ses contemporains une inestimable histoire qui, autrement, s’empoussièrerait sur des tablettes, alors il s’agit de beauté et d’hommage, et on ne se plaindra pas de les voir se multiplier! Sinon, si celui qui se sera autorisé à la manipuler l’éventre ou la mutile, il aura commis un sacrilège, rien de moins.
Lire l’Antigone d’Henry Bauchau a été pour moi un grand bonheur de lecture. Le sens à saisir d’un mythe dans sa version première est souvent ardu à déchiffrer pour qui a peu de notions en histoire ou en en grande littérature. Bauchau m’a donné Antigone. Il m’a permis de mieux saisir le tragique de la condition humaine et de mieux comprendre la diversité des destins alloués à chacun selon sa nature, son histoire ou son époque. Il m’a également offert de la Beauté pure, celle d’une femme criant “contre la vie ou pour elle”, habitée par l’amour de ses frères, de son père et de la vie, ayant une profonde soif de justice et de dignité, allant jusqu’à se montrer prête à mourir pour eux. Ça nous change de ces histoires dont les pauvres personnages se concentrent sur leur nombril…
J’avais placé mon blog La Voix de la Carpe sous les bons auspices de l’Antigone d’Henry Bauchau (donner la voix à une carpe confinée à la mutité étant risqué), en reprenant, en bas-de-page, cette émouvante parole qu’il avait fait s’exprimer par Antigone, « Je criais contre la vie ou pour elle. ». Récemment, après s’être déposée en moi et agitant doucement mes eaux, elle a ressurgi, par les mots de l’Acteur Témoin, humble manifestation de la valeur d’une œuvre reçue parce que justement réécrite à notre époque par un écrivain qui ne cesse pas de se mouvoir en s’approchant de l’intime et de l’indicible dont nous sommes pétris, aventure houleuse et délicate s’il en est, accomplie par Henry Bauchau. Cela n’a rien d’un viol, mais tout de l’offrande d’un trésor…
L’insomnie s’étant emparée de moi depuis une dizaine de jours, je me retrouve à écrire et commenter (assez intensément…) ici et là. Le silence de la nuit dispose merveilleusement bien à l’écriture, tellement que je souhaite presque que le sommeil continue à m’échapper de la sorte. Mais, la clarté du jour viendrait à me manquer. Entékâ, c’est pas moâ ki décide!
Soyons narcissique au max (cé telman pô mon Jean reuuuh), voici quelques liens vers des commentaires où j’avais chaussé mes patins de fantaisie (ne vous gênez pas pour revenir me faire part de vos réactions ou critiques, si ça vous le dit!) :
Soyons narcissique au max (cé telman pô mon Jean reuuuh), voici quelques liens vers des commentaires où j’avais chaussé mes patins de fantaisie (ne vous gênez pas pour revenir me faire part de vos réactions ou critiques, si ça vous le dit!) :
— un bref “article” rapportant un entretien (imaginé) qu’aurait accordé Pierre Assouline à la “chroniqueure” Spiegel Sandgirl;
— la republication de deux commentaires (précédemment effacés par les modérateurs du Monde) dans lesquels Juan “Stalker” Asensio et moi poursuivions notre jeu de ping pong…




J’ai adoooooooré vos commentaires sur le sujet chez Passou (je viens de lire)
J’espérais commenter un peu chez vous ce soir, mais je suis épuisée et les mots me font défaut- Alors, au dodo, demain sera un autre jour….By By
Comment erre sophie — 20/11/2006 @ 5:53 pm
En tout cas, moi, j’ai eu beaucoup de plaisir à les écrire cette nuit. Il aurait mieux valu pouvoir le faire durant les interventions des autres auxquelles les miennes se seraient mêlées mais bon… Merci pour l’appréciation!
Comment erre Marie Danielle — 20/11/2006 @ 7:00 pm
et je n’ai pas lu l’Antigone de Bauchau. J’ai des trous, des trous, sans fin à combler et je muse
Comment erre brigetoun — 21/11/2006 @ 6:39 am
Muser, ça, c’est un résidu de paradis terrestre, alors on n’a pas couru après ça, c’est constitutionnel et existentiel. Pour le reste, Brigitte, faut s’en prendre à Dieu qui n’a même pas daigné créer un bureau des réclamations…
Comment erre Marie Danielle — 21/11/2006 @ 7:25 am