27/10/2006 5:51 am
Commence à croire que la nuit t’attend toujours.
Ici l’image mâle poursuit sans se lasser l’image femelle, ou inversement. Quand elles réussissent à s’atteindre, c’est là-bas la mort du créateur et la naissance du poète.
Le poète, en sus de l’idée de la mort, détient en lui tout le poids de cette mort. S’il ne l’accuse pas, c’est que c’est un autre qui le lui porte. Le poète a ses têtes.
À ton heure, serein, tu prendras ton quart dans l’au-delà de la beauté respirable. Le présent relaxé y donne sur la vie. Les envoûtements qui font fureur, otages de ta sécurité, coopèrent avec l’obtuse réalité à l’écart de l’embellisseur, bientôt squelette dans sa cellule d’appelant.
René Char,
in Moulin Premier,
in Le Marteau sans maître.
L’éventualité de la mort, lorsque envisagée, vient user jusqu’à le casser, pour autant qu’on le désire un peu, l’automatisme en accusant la mécanique. Dans son film Les Temps Modernes, Charlie Chaplin s’acharnait à lutter contre l’engrenage qui abrutit, en le démontant au cœur même de notre rapport avec l’inanimé mécanisé, réveillant le Vivant assoupi, ou assommé, en nous. René Char n’en fait pas moins, en évoquant les mouvements menant à l’émergence de la poésie du Vivant, en dépit ou à cause de la mort qui rôde, qui viendra. Avec Charles Baudelaire, il en va également de même, mais le ton est on ne peut plus tragique :
Qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or !
Cela dit, la mécanique virtuelle, ça a ses charmes. Même si le temps nous file… devant les yeux… Cliquez sur l’image ci-dessous pour voir! (ou revoir, si vous connaissez déjà - pour passer d’un plan à un autre de l’animation, il faut cliquer sur la minuscule horloge qui apparaîtra en haut, à droite)






/Ô temps! Suspends ton vol, et vous, heures propices!
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours! /…
Je vous trouve un peu noire
au point d’être tenté de crier:
/avec le temps…
avec le temps, va, tout s’en va
l’autre qu’on adorait, qu’on cherchait sous la pluie
l’autre qu’on devinait au détour d’un regard
entre les mots, entre les lignes et sous le fard
d’un serment maquillé qui s’en va faire sa nuit
avec le temps tout s’évanouit/
Comment erre J.J. Groucho — 27/10/2006 @ 11:57 am
Noire? « Je suis Noire, et je suis belle »…
Ok, avec cette note, il est vrai que je suis un peu noire, mais c’est pour mieux donner à voir la lumière : “À ton heure, serein, tu prendras ton quart dans l’au-delà de la beauté respirable.”
Chaplin, lui, a dansé la vie, a envoûté le mauvais sort, vous trouvez ça noir?
Et l’injonction de Charles, qui incite à l’extraction de l’or de nos jours, ou de nos nuits, c’est encore noir?
“avec le temps, va, tout s’en va” : ah, ça c’est noir!
Quoique…
I rest my case.
Comment erre Marie Danielle — 27/10/2006 @ 12:16 pm