XLI
     

Commence à croire que la nuit t’attend toujours.

     

XXXVIII
     

Ici l’image mâle poursuit sans se lasser l’image femelle, ou inversement. Quand elles réussissent à s’atteindre, c’est là-bas la mort du créateur et la naissance du poète.

     
XXXIX
     

Le poète, en sus de l’idée de la mort, détient en lui tout le poids de cette mort. S’il ne l’accuse pas, c’est que c’est un autre qui le lui porte. Le poète a ses têtes.

     
XL
     

À ton heure, serein, tu prendras ton quart dans l’au-delà de la beauté respirable. Le présent relaxé y donne sur la vie. Les envoûtements qui font fureur, otages de ta sécurité, coopèrent avec l’obtuse réalité à l’écart de l’embellisseur, bientôt squelette dans sa cellule d’appelant.

René Char,
in Moulin Premier,
in Le Marteau sans maître.

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L’éventualité de la mort, lorsque envisagée, vient user jusqu’à le casser, pour autant qu’on le désire un peu, l’automatisme en accusant la mécanique. Dans son film Les Temps Modernes, Charlie Chaplin s’acharnait à lutter contre l’engrenage qui abrutit, en le démontant au cœur même de notre rapport avec l’inanimé mécanisé, réveillant le Vivant assoupi, ou assommé, en nous. René Char n’en fait pas moins, en évoquant les mouvements menant à l’émergence de la poésie du Vivant, en dépit ou à cause de la mort qui rôde, qui viendra. Avec Charles Baudelaire, il en va également de même, mais le ton est on ne peut plus tragique :

Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or !

     

Cela dit, la mécanique virtuelle, ça a ses charmes. Même si le temps nous file… devant les yeux… Cliquez sur l’image ci-dessous pour voir! (ou revoir, si vous connaissez déjà - pour passer d’un plan à un autre de l’animation, il faut cliquer sur la minuscule horloge qui apparaîtra en haut, à droite)