18/10/2006 10:53 pm
Je dédie ce poème de Yves Bonnefoy, L’Ordalie, à l’Homme qui marche…

J’étais celui qui marche par souci
D’une eau dernière trouble. Il faisait beau
Dans l’été le plus clair. Il faisait nuit
De toujours et sans borne et pour toujours.
Dans la glaise des mers
Le chrysanthème de l’écume et c’était toujours
La même odeur terreuse et fade de novembre
Quand je foulais le noir jardin des morts.
Il y avait
Qu’une voix demandait d’être crue, et toujours
Elle se retournait contre soi et toujours
Faisait de se tarir sa grandeur et sa preuve.
Je ne sais pas si je suis vainqueur.
Mais j’ai saisi
D’un grand cœur l’arme enclose
dans la pierre.
J’ai parlé dans la nuit de l’arme,
j’ai risqué
Le sens et au-delà du sens le monde froid.
Un instant, tout manqua,
Le fer rouge de l’être ne troua plus
La grisaille du verbe.
Mais enfin le feu se leva,
Le plus violent navire
Entra au port.
Aube d’un second jour,
Je suis enfin venu dans ta maison
brûlante
Et j’ai rompu ce pain où l’eau lointaine
coule.
Yves Bonnefoy, L’Ordalie, in À une terre d’aube, in Hier régnant désert.





Giacometti m’a toujours donné un air de légèreté du corps. Tout petit je reproduisais ses oeuvres avec du fil de fer et du platre. J’avais l’impression d’aller plus vite et plus loin.
Ceci me confirme la fraîcheur de ce blog.
Comment erre J.J. Groucho — 19/10/2006 @ 1:27 am
Il y aurait donc un grain d’artiste en vous, Groucho? J’espère que Traube lira ça!
Je vous envie d’avoir connu l’art de Giacometti si tôt dans votre vie, car ce n’est pas mon cas. Il me semble que j’aurais été réconfortée par l’éloge de la fragilité et du vivant que je lui prête comme intention ou sentiment.
Cette note-ci devrait également vous plaire…
Bon matin chez vous. Moi je file faire dodo.
Comment erre Marie Danielle — 19/10/2006 @ 2:25 am
J’avais fait une licence en Histoire de l’Art et Archéologie et j’ai commencé ma vie professionnelle comme brocanteur, maintenant je vends du marbre. Traube est galeréiste. Bien à vous.
Comment erre J.J. Groucho — 19/10/2006 @ 3:00 am
Et ça ne vous arrive pas d’en sculpter jamais? Ah ben, alors ça n’était pas un faux lien, ce site que vous aviez inscrit en signant votre premier commentaire ici! C’est bête, j’ai cru que vous l’aviez mis “par défaut”, pensant que vous deviez absolument inscrire une URL pour oster un com sur mon blog. Ne vous gênez pas pour le mettre si vous le voulez.
Et là je file vraiment au pieu.Ciao.
Comment erre Marie Danielle — 19/10/2006 @ 3:20 am
“la fraîcheur de ce blog” ?
héhé ;o) C’est un coup de blizzard québécois qui est derrière ce tour de magie blogUUesque.
La concurrence est injuste, je ne peux souffler autant de froid dans mes notes.
P*tain de planète qui se réchauffe!…
[désolé pour la disgression… mais ça m’a fait sourire la remarque de Groucho sur cette fraîcheur ici même]
Cela dit, on y est bien. Presque envie d’allumer un feu, lire, dire la poésie. Finir son thé. blablabla… Jusqu’à la consumation finale qui nous attend tous.
Comment erre uu — 20/10/2006 @ 6:10 am
On y est bien… sur ce blog, voulais-je donc dire.
Comment erre uu — 20/10/2006 @ 6:17 am
Un vent de fraîcheur, ça n’équivaut pas à parler de blizzard, UU! Bon, oui c’est vrai que parfois je souffle le chaud et le froid mais, dans ce dernier cas, y a toujours du bois tout près pour allumer un bon feu dans le foyer.
Thanks, dear.
Comment erre Marie Danielle — 20/10/2006 @ 10:43 am