14/10/2006 2:59 am
Le texte que je publie aujourd’hui est probablement le dernier de la catégorie fantaisistement appelée Papiers certifiés, les autres étant d’un intérêt bien plus mineur. Pour conclure le certificat de rédaction de l’Université de Montréal, les étudiants sont tenus de produire un article très documenté, de facture professionnelle. Sachant que l’occasion ne se présenterait plus dans les même conditions, i.e. avec l’assistance d’un tuteur-conseiller, j’ai choisi de me coltiner avec un sujet des plus délicats et des plus complexes : le conflit israëlo-palestinien. Ce n’était pas la prétention qui me menait, mais l’ambition de me mesurer au plus difficile, tout en sachant que c’était totalement casse-gueule. M’enfin, entre vous et moi, choisir de partir d’un point A pour me rendre en ligne directe au point B, ça n’a rien de bien palpitant et, surtout, ça ne permet guère d’apprendre à retrouver son chemin dans un labyrinthe…
J’insisterai donc pour préciser que je sais n’avoir pas fait le tour de toute la question (y a des briques qui lui ont été consacrées, alors ça n’est pas en quelques feuillets…). Toutefois, je me suis approchée de deux de mes buts, ce faisant : le premier, celui de l’apprentissage du traitement de la complexité versus la clarté du rendu de ma recherche, en dépit des tâtonnements; le second, celui de trouver sur quoi fonder mon jugement vis-à-vis de ce long et tragique conflit, afin de n’être soumise à aucune partisanerie, ou récupérée par quelque propagande que ce soit : du sport extrême, quoi!
Avec ma santé qui a repris du poil de la bête, j’ai recommencé à me frotter à l’actualité politique. Ainsi, depuis le printemps passé, je me suis mise à fréquenter Big Picture, le blog de Corine Lesnes, la correspondante du journal Le Monde à Washington. Très instructif, ce blog, tant pour ses sujets que pour le grand calibre de plusieurs de ses participants. Une manière de prolonger les classes, pour moi, même si je sonne - plus souvent qu’à mon tour - l’heure de la récréation!
Bref, en vous donnant à lire cet article (rédigé durant l’hiver 2002), je me commets très publiquement. Ce que j’en ai surtout tiré, pour ma compréhension personnelle, c’est que pour sortir de l’impasse telle qu’elle m’a parue, je pouvais me tourner vers le droit international établi, tout en tenant compte de ce qu’on qualifie couramment de “politique du fait accompli”. Autrement, je demeure ouverte à la discussion, et je sais savoir très peu encore aujourd’hui, à propos de ce conflit. Pardonnez la longueur de cette mise en contexte, mais je la considérais essentielle. J’espère que cette lecture ne vous sera pas trop fastidieuse : pas facile pour une néophyte de faire preuve de délicatesse, sans lourdeur dans le traitement. Je pense quand même qu’on a déjà vu pire…
ISRAËL-PALESTINE
LE DROIT À L’ENDROIT
INTRODUCTION
Le titre de souveraineté sur la terre de Palestine appartiendrait –aurait, de fait, toujours appartenu– aux Palestiniens : voilà ce que démontre un réexamen du droit international réfutant les approximations pratiquées depuis des décennies. Toutefois, ayant déjà manifesté certains signes d’acquiescement envers l’État d’Israël, le peuple palestinien et ses représentants seraient tenus de respecter l’estoppel (procédure qui impose la bonne foi) et la force de plus de 50 ans d’histoire effective d’un État israélien en défaut de légitimité. Mais qui se trouve donc en situation de légitime défense ?
____________________________________________L’État d’Israël en position de demandeur devant le peuple palestinien : voilà qui constitue tout un revirement de situation. La guerre qui sévit à l’heure actuelle nous apparaît pourtant à mille lieues d’une semblable perspective. À en juger par l’analyse – peu citée – de la juriste française Monique Chemillier-Gendreau (1), une juste résolution du cas israélo-palestinien ne saurait dériver d’une problématique mal définie. Sans oublier, peut-on ajouter, les facteurs d’interférence que sont les influences en jeu.
Bien fonder son jugement devant une telle concentration d’enjeux historiques (Terre sainte, question juive, Islam, impérialisme, colonialisme et droit des peuples à l’autodétermination) représente un tel défi qu’il y a là de quoi en décourager plus d’un. Il importe, en premier lieu, de porter notre regard sur cette toile de fond historique où continuent d’être projetés de multiples intérêts internes ou étrangers dont les enchevêtrements sont susceptibles d’embrouiller toute vision. Acteurs directement concernés, les Palestiniens et les Israéliens sont loin d’avoir été – et d’être encore– seuls en scène.
LE PROJET SIONISTE DE THEODOR HERZL
L’État d’Israël fut créé unilatéralement en 1948, selon le plan de partage (2) de la terre de Palestine (sous mandat britannique) établi par l’Assemblée générale des Nations Unies, plan refusé par les États arabes et le peuple palestinien. En pleine entre-deux-guerres, le projet sioniste de Théodor Herzl se concrétisa, alors que le colonialisme allait déclinant et que s’effectuait la montée de nationalismes.
À Cecil Rhodes, homme politique britannique, fondateur de la première compagnie à charte d’Afrique sous protection coloniale, Herzl écrivit, le 11 janvier 1902 : « Je vous en prie, envoyez-moi un texte disant que vous avez examiné mon programme et que vous l’approuvez. Vous vous demanderez pourquoi je m’adresse à vous, Monsieur Rhodes. C’est parce que mon programme est un programme colonial. Je vous demande de donner le poids de votre autorité au projet sioniste (3). »
Parmi les terres envisagées – l’Ouganda, le Mozambique, l’Argentine, Chypre ou la Tripolitaine –, celle de la Palestine est retenue pour la « puissante légende (4) » dont elle est porteuse. Juif athée, Herzl instrumentalisera néanmoins la religion juive pour servir ses visées politiques : « J’ai dit au Grand Rabbin de Londres, comme je l’avais dit à Zadoc Kahn, Grand Rabbin de Paris, que je n’obéissais à aucun mobile religieux dans mon projet (5). »
Le 2 novembre 1917, la déterminante Déclaration Balfour entérine la requête de Herzl : « Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans tout autre pays. » La Grande-Bretagne maintenait de la sorte une certaine intendance pour ses intérêts, tout en cherchant à conserver les faveurs des deux peuples, mais ce faisant, elle les renvoyait dos à dos (un scénario éventuellement repris par l’hyperpuissance impériale états-unienne).
Supposée être « une terre sans peuple pour un peuple sans terre », la Palestine comptait alors 92 % d’Arabes et constituait une société structurée. La présence juive, de 80 000 en 1922, passera à 640 000 en 1948. Aussi, des 5,6 % des terres qu’elle possédait, le nouvel État d’Israël se verra octroyer, lui, 55 % du territoire, selon le plan de partage onusien. Minoritaires parmi la communauté juive, les sionistes ont su tirer parti des rivalités coloniales et asseoir leur politique de conquête tant sur la foi juive en une « Terre promise au peuple élu de Dieu » que sur les cendres de la terrible tragédie de la Shoah.
POUVOIRS EN EXERCICE
La situation d’aujourd’hui a donc pris naissance au moment où la présence étrangère ottomane sur la terre de Palestine a été remplacée sous l’autorité de la Société des Nations (SDN) par un mandat britannique. Le règne du colonialisme se poursuivra jusqu’à ce que la Seconde Guerre mondiale mette en évidence les faiblesses et les divisions des puissances coloniales et réveille les nationalismes indigènes. Puissance déchue confrontée au problème de la cohabitation entre Juifs et Arabes, le Royaume-Uni abandonnera ledit mandat sur la Palestine à l’Organisation des Nations Unies (l’ONU s’est substituée à la SDN).
La vocation première de la SDN, puis de l’ONU, a pour nature la construction d’un système de maintien de la paix et de la sécurité internationales. Elles doivent œuvrer pour la conciliation et la coopération entre les États, et veiller à susciter le désarmement général. Toutes deux contenaient les grands espoirs d’une humanité profondément meurtrie par la guerre. Le passage du temps a montré leur manque de moyens pour atteindre leurs objectifs et un assujettissement certain aux États vainqueurs de chacune des guerres, même si, plus spécifiquement, l’ONU a fondé son action sur les principes d’égalité entre tous les États.
L’une des contributions majeures de l’ONU consiste en l’institution du droit international. Toutefois, les importantes déficiences du système d’application du droit limitent bien souvent la portée de ses interventions. Ce sera le cas dans le conflit israélo-palestinien. La décolonisation s’accélérant avec la Guerre froide (1949-1989), l’ONU sera partie prenante du processus d’indépendance des nouveaux États. Par ailleurs, il s’est avéré que, sous le regard favorable que semblaient porter les deux nouvelles superpuissances belligérantes sur l’émancipation des anciennes possessions coloniales, l’ex-URSS cherchait en fait à étendre son rayonnement communiste, tandis que les États-Unis visaient à supplanter les impérialismes européens. C’est l’âge d’or du condominium soviéto-américain dans la gestion des conflits régionaux.
De fait, pendant 40 ans, les appétits expansionnistes des deux grands vainqueurs se verront plus ou moins contenus – mais pas du tout neutralisés – par la menace d’une guerre nucléaire. La chute du mur de Berlin en 1989 révèlera toute l’étendue du match disputé durant ce temps. Établissant l’hyperpuissance états-unienne en maître du monde, la nouvelle ère n’a toujours pas apporté de dénouement heureux ni pour Israël, grand allié des Américains, ni pour un État palestinien en mal de reconnaissance.
REDRESSER LE DROIT
Selon Monique Chemillier-Gendreau, « non seulement l’occupation militaire et la colonisation juives de la Palestine sont illégales, mais Israël même n’aura de légitimité que si les Palestiniens opèrent solennellement la transmission d’un titre dont eux seuls continuent à disposer. » Voilà ce qui ressort d’une application adéquate du droit international. S’imposerait donc une révision de toutes les étapes de la situation qui soit fonction des règles du droit de l’époque et des règles à caractère rétroactif pertinentes.
La période ouverte par la SDN en 1919 interdit toutes guerres de conquête et voit l’émergence du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. À terme, le titre de souveraineté aurait dû être rendu aux peuples dégagés de l’emprise ottomane. Le mandat britannique n’autorisait donc en rien la disposition énoncée dans la Déclaration Balfour. Si l’on en juge par son contenu, ce texte ne constitue nullement un acte de l’ordre du droit international; il n’est réellement qu’une déclaration politique.
L’hostilité des neuf-dixièmes de la population palestinienne envers la Déclaration Balfour était très nette, mais la SDN a fait fi de son consentement en l’adoptant, transgressant ainsi l’article 22 de son propre pacte. S’appliquant aussi à leur cas, l’avis consultatif du 2 juillet 1950 de la Cour internationale de justice sur le statut du Sud-Ouest africain précise que ce régime n’implique ni cession du territoire ni transfert de souveraineté au mandataire.
Il n’en demeure pas moins que la porte ouverte par cette inobservance commise par la SDN a favorisé le passage d’un colonialisme européen vers le colonialisme sioniste, sous le couvert de prétendues vertus internationales d’un mandat. Mais nul ne pouvait forcer le peuple palestinien à renoncer à son droit à disposer de lui-même, même les effets de l’immigration juive accrue qui ne se sont jamais faits sentir que dans le champ du droit privé.
En 1947, la résolution 181 de l’Assemblée générale des Nations Unies recommande un plan de partage entre Juifs et Palestiniens. Cette assemblée n’ayant pas plus de compétence sur le territoire que n’en avait la SDN, rien ne lui permet de l’exécuter. Il ne suffit pas, pour la valider, de vouloir transformer une simple recommandation en norme objective obligatoire pour tous. Israël la reconnut toutefois formellement puisqu’il s’agissait de son acte de naissance, mais accompagna toutes les références à ce texte d’une mention de ses droits historiques et naturels sur cette terre, dont sa déclaration d’indépendance.
Au cours des années 1950 et 1960, des modifications substantielles du droit international viendront consacrer le droit des peuples à l’autodétermination, la condamnation du colonialisme, et l’interdiction de modifier les territoires des peuples non encore émancipés avant leur accession à l’indépendance. Fruit du travail de l’Assemblée générale, ce corpus d’articles a acquis valeur obligatoire de par son ample construction coutumière et, classé catégorie supérieure à toutes les autres, est considéré comme une règle de droit impératif général.
En outre, la Convention de Vienne sur le droit des traités se fera encore plus précise avec son article 64 : « Si une nouvelle norme impérative du droit international général survient, tout traité existant qui est en conflit avec cette norme devient nul et prend fin. » Cette norme permet la relecture des actes juridiques la précédant et conduit même à contester la validité de l’adhésion d’Israël à la Charte des Nations Unies. Cette adhésion a, comme toute autre, la forme d’un traité, et se voit dissoute par la valeur impérative du droit des peuples.
Imposant la bonne foi, la procédure de l’estoppel impliquerait que le peuple palestinien respecte à la fois certains signes d’acquiescement auparavant donnés et le concept d’effectivité d’une force de plus de 50 ans d’histoire de l’État d’Israël et des positions unilatérales de ce dernier face à la résolution 181 (6).
LE POIDS DU DROIT
D’après l’article 51 de la Charte des Nations Unies, « aucune disposition de la présente Charte ne porte atteinte au droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où un membre des Nations Unies est l’objet d’une agression armée […]. » Protégé par le droit de veto états-unien, le statut de membre d’Israël demeure valide, mais est-il dans les règles ?
Siégeant à l’ONU, Israël n’a, paradoxalement, respecté ni appliqué aucune des quelque 200 résolutions (7) le concernant. Les conquêtes interdites, Israël a poursuivi l’occupation des territoires et l’extension de ses colonies (8). Leur nombre a doublé ces dix dernières années, et sous le gouvernement Sharon seulement, 34 nouvelles ont été fondées. Les zones palestiniennes sont devenues des bantoustans contrôlés de l’extérieur par Israël. Aux énormes concessions palestino-arabes, Israël oppose la politique du fait accompli.
À l’instar de son principal allié, les États-Unis, Israël tout-puissamment armé impose aux autres d’obéir à un droit dont il s’exonère. Si l’usage limité de la force (par ex., elle ne doit pas porter atteinte aux populations civiles) est permis dans le cadre de la sécurité collective, ne serait-il pas légitime de l’appliquer également contre la domination coloniale ? L’issue ne réside pas dans l’escalade des exactions perpétrées par les deux parties mais dans la responsabilité fondamentale de la communauté mondiale de faire respecter le droit, États-Unis en tête de liste, grandeur oblige.
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1. Monique Chemillier-Gendreau in Confluences Méditerranée, L’Harmattan, Paris, no 26. été 1998.
2. Voir la résolution 181 votée par l’Assemblée générale des Nations Unies. Aussi, voir en annexe la carte Le partage de la Palestine de 1947 à 1949.
3. Journal de Theodor Herzl, Tome III, p. 1194.
4. Idem, Tome I, p. 56.
5. Idem, Tome I, p. 270 de l’édition anglaise, en date du 23 novembre 1895.
6. Déclaration de Yasser Arafat au Parlement européen de Strasbourg le 13 septembre 1988 et paragraphe 7 de la Déclaration d’indépendance de l’État de Palestine.
7. Deux dossiers très étoffés sur la question israélo-palestinienne sont disponibles sur le site du mensuel Le Monde Diplomatique. Ici, l’adresse menant à la liste des résolutions les plus déterminantes.
8. Voir en annexe, la carte Un État palestinien morcelé par les colonies.
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ANNEXE I : première carte, Le partage de la Palestine de 1947 à 1949, par Philippe Rekacewicz - avril 1998.
Le plan de partage de l’ONU du 29 novembre 1947 divise la Palestine entre un État juif et un État arabe. La première guerre israélo-arabe (1948-1949) permet à l’État hébreu victorieux d’élargir son territoire. (carte du Monde Diplomatique).
ANNEXE II : deuxième carte, Un État palestinien morcelé par les colonies, par Philippe Rekacewicz - février 2000.
La discontinuité territoriale caractérise l’État palestinien en gestation, divisé en trois zones et rogné par la colonisation israélienne grandissante.
Sources : Arab Studies Society, Jérusalem ; Ministère palestinien de la planification et de la coopération internationale ; Palgric, Jérusalem ; cartographie de Jan de Jong dans Palestinian Academic Society for the Study of International Affairs (Passia, Jérusalem) et Foundation for Middle East Peace (FMEP, Washington, DC) ; Cartes des phases 1 et 2 du redéploiement israélien en Cisjordanie selon les accords de Wye River (23 octobre 1998) et de Charm el-Cheikh (4 septembre 1999).
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RAPPEL : Le contenu de ce carnet est sous contrat Creative Commons : Attribution - NonCommercial-NoDerivs. 2.0 Canada License.



Très intéressante, l’analyse juridique de Monique Chemillier-Gendreau. Ça remet les choses à l’endroit (ce qui ne doit pas faire plaisir à Finky).
La conséquence absolument logique est terrible : dans cette perspective, les Palestiniens auraient tout à fait raison de refuser de reconnaître l’Etat hébreu :
// C’est Israël qui ne peut trouver sa pleine et définitive légitimité internationale qu’à travers un accord avec les Palestiniens par lequel ceux-ci lui reconnaîtront solennellement, ce dont Israël ne peut se passer, la transmission d’un titre dont eux seuls pouvaient disposer. D’ailleurs le malaise profond et perceptible de la société israélienne dévoile l’intuition de ce peuple que son origine même comme État n’est pas validée. //
Le Hamas aurait donc raison, sur ce point. (Qu’est-ce que vous ne me faites pas écrire, Marie-Danielle…)
On comprend mieux l’extraordinaire violence de la pression exercée sur ce gouvernement (qui ne reçoit plus aucune aide internationale, ni même les droits de douanes gelés par Tel Aviv, et dont 60% des membres sont en prison). Cette coercition inouïe serait donc, en réalité, proportionnelle au véritable pouvoir que l’Autorité palestinienne détient en fait : la légitimitimation –ou l’invalidation– du gouvernement sioniste, qui, lui, ne contrôle “que” la terre… et les corps. Par les armes.
On comprend aussi que le bouclage de Gaza pourrait traduire une volonté de politique du pire, dans le but de créer une véritable guerre civile au sein du ghetto, qui débarrasserait ainsi le champs politique d’un mouvement qui semble avoir bien compris où était son véritable intérêt juridique, sa seule véritable monnaie d’échange. Alors qu’on lui demande de l’abandonner préalablement à toute négociation.
Bon, l’auteure prend la peine de préciser, en note, qu’Arafat, lui, acceptait de discuter sur la base de la résolution 181, malgré tout.
Sharon a donc bien manqué l’occasion.
Mais la légitimité est-elle vraiment ce que recherche l’Etat sioniste ? On peut en douter.
Un seconde conséquence de la lecture de cette analyse juridique, c’est que cette affaire invalide ++dès son origine++ tout la dynamique de création d’un droit international : SDN et Onu s’auto-disqualifient dans ce conflit.
Tel-Aviv et Washington, par leur comportement, transforment ces efforts, et les droits de l’homme eux-même, en sinistre farce.
Ce qui, là aussi, ouvre des gouffres abyssaux…
Comment erre Jean-Balthazar — 14/10/2006 @ 8:54 am
Voyez-vous, Flatun, c’est un cours de politique internationale suivi à titre de “cours au choix”, i.e. qu’il était extérieur à mon programme de certificat, que j’ai acquis mes premières notions de science politique. Jusque là, l’idée que j’avais de la politique était minimale. Je n’avais qu’une vague idée des éléments politiques constituants sur lesquels se fondent un État et sa société. I mean, tout ne me semblait jamais qu’une pratique très vulgaire d’une politique politicienne. Évidemment que j’avais eu connaissance que certains hommes politiques avaient pu faire des différences, mais je n’avais rien sur lequel fonder mon jugement, je ne comprenais pas grand’chose à la machine politique, à son système. Ça ne me gêne pas de le dire parce que je sais maintenant que je n’étais pas la seule vivant dans cette ignorance-là. Je sais maintenant que c’est une aberration que celle de n’avoir pas reçu un enseignement suffisant à cet égard, lors des années scolaires du primaire et du secondaire. Par ailleurs, d’autres chats m’ont fouettée qui ont fait que j’avais à composer avec bien d’autres réalités que celle de la politique.
Aujourd’hui, je comprends mieux pourquoi l’adage populaire dit “si tu ne t’occupes pas de la politique, c’est elle qui s’occupera de toi”, mais je ne me sens pas encore outillée autant que je sais qu’il me faudrait l’être pour savoir lire et agir valablement, malgré les quelques cours de politique suivis (il y en a eu quelques autres, après le déclic majeur qu’a opéré en moi le cours de pol. intern.).
L’intro de cette note n’était pas la mise au point complète de mon parcours, mais elle vaut pour moi d’être faite, ne serait-ce que pour signaler le fait que j’essaie de comprendre le monde en le relisant, en tenant compte de ces nouvelles notions acquises, pis je vous assure que c’est pas d’la tarte! Je ne discerne pas encore bien ce que représentent les termes gauche/droite, communisme, marxisme, trotkisme, anarchisme, république, démocratie, les groupes classés comme étant des entités terroristes, etc. Mais j’essaie…
Ça pour dire que je n’aurais pas pu écrire ce que vous avez écrit en commentaire. Pour des raisons évidentes, puisque je ne suis pas Flatun
, mais à cause des raisons évoquées ci-dessus itou. Par contre, j’apprécie énormément la teneur de vos perspectives. À lire les analyses, et les opinions des autres, j’en arrive à voir de quoi le choses retournent.
Enfin (enfin!), je vois bien ce que vous pointez. En fait, je vois mieux à quoi mène mon analyse. Ça élargit concrètement ma compréhension des agissements d’Israël, et me permet de mieux voir ce sur quoi se fondent les revendications du Hamas.
Une question : que la SDN et l’ONU se soient disqualifiés, cela délégitimise-t-il l’Indépendance des pays qui se sont affranchis de la tutelle coloniale? Je ne crois pas, non? Le droit international a donc encore de la valeur, malgré sa “trahison” par les instances créées pour le faire respecter, non?
(Hein, tout ce blabla pour en arriver à ce dernier tout petit paragraphe, pfff!)
Comment erre Marie Danielle — 14/10/2006 @ 1:09 pm
MD, pour ce que j’en sais, petit amateur que je suis, à force de me poser deux ou trois questions, on avait, jusqu’à la création des Sdn-Onu, des relations internationales (bien que les nations soient très récentes) qui n’étaient jamais fondées que sur le rapport de force, tempéré par les traités d’alliance, de paix, etc.
Evidemment, on oublie souvent que les idées jouaient aussi un grand rôle dans les jeux d’alliances, pas seulement les intérêts economiques.
Tout le discours (ou l’espoir, comme on veut) représenté par l’Onu, c’est de sortir de ça, et d’établir un Droit international, qui, en fait reste à écrire. (voir les travaux de Delmas-Marty, je chercherais des ref. une autre fois).
Or, ce que montre le texte que vous citez, c’est que dans le cas de l’Etat hébreu, ça fonctionne presque à l’envers.
Pas étonnant que les Libanais vomissent l’Onu.
Mais, comme vous le dites : sans Onu, il nous reste quoi ?
Bon, faut qu’je file là.
Pour Mireille Delmas-Marty, vous pouvez voir ici (Désolé, c’est des –tout petits– pdf à télécharger) et là (que je n’ai pas lu, encore
.
Comment erre Jean-Balthazar — 14/10/2006 @ 2:09 pm
Bon, cinq autres petites minutes.
En fait, je réalise qu’après avoir lu Yakov Rabkin (de chez vous) qui donne un historique des arguments théologiques contre le sionisme, votre référence donne des motifs juridiques…
Du coup, en dehors de son exercice de la force, il ne reste que des raisons sentimentales de reconnaître l’Etat hébreu. Parmi lesquelles, que faire d’une population de 5 ou 7 millions de personnes ? –qui en est une bonne, de raison.
Mais c’est quand même un peu court, et ça explique l’hystérie autour de cette question. De part et d’autre.
Le bourbier est parti pour durer longtemps.
Comment erre Jean-Balthazar — 14/10/2006 @ 2:34 pm
Mon point était que personne ne pourrait contester l’accession à l’indépendance de ces pays aujourd’hui, il y a donc un Droit international effectif, qui demeure à parfaire, tout comme l’ONU a besoin d’être réformée. Merci pour la référence, je tenterai d’y jeter un coup d’œil (à partir d’un autre ordi, pour les pdf).
À propos de Yacov, il participait justement à un débat télévisé hier soir. J’ai pensé à vous en l’écoutant, of course
// – Le Canada doit-il revoir sa position envers Israël?
Panélistes : “dans le camp du OUI” : Rachad Antonius, sociologue et Yakov Rabkin, historien; “dans le camp du NON” : Pierre Thibault, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Ici et Richard Marceau, ex-député bloquiste. //
C’était intéressant, d’une part parce que, vous le savez, c’est un sujet brûlant, et j’ai été agréablement surprise de voir qu’on ne s’est pas trop enflammé. Ils ont discuté posément, mais passionnément (ben oui!), belle argumentation. Et puis, inscrire un tel sujet au programme, c’était un peu s’attaquer à un tabou.
Rien que pour entendre Yacov Rabkin apporter une nuance capitale, ça valait le coup. Ladite nuance : la qualification de l’État d’Israël en tant qu’État juif est inappropriée. Elle laisse planer - sinon enfonce - dans les esprits l’idée que tous les Juifs appartiennent à cet État, en sont systématiquement des citoyens, ce qui, dit-il, est faux. Ensuite, il en a appelé à un traitement équivalent à tout autre État, détaché d’un statut particulier que lui confèrerait - abusivement, selon lui - le tragique de la Shoah. Rachad Antonius a d’ailleurs signalé que le nom de divers organismes ou associations comporte le terme de “juif”, comme s’ils représentaient toute la dispora juive ou les Israëliens, ce qui est faux.
Concernant le lobby juif, légitime, a-t-on dit, comme l’est tout lobby, on a souligné le fait que sa présence et ses ressources financières étaient énormes, comparativement à tout autre.
Je suis curieuse de voir si l’émission fera controverse. En tout cas, je suis contente de l’ouverture qu’on a permis. Finalement, c’est un peu ça qui m’a décidée à publier mon texte. Que je n’avais pas relu depuis au moins deux ans. J’ai réappris ce que j’avais appris puis un peu oublié, avec la maladie…
J’apprécie nos échanges. Bonne soirée à vous, là-bas!
Comment erre Marie Danielle — 14/10/2006 @ 3:07 pm
Bien que vrai, mon commentaire d’hier avait disparu. Je reprends donc la souris pour vous écrire de nouveau en prenant la précaution de le faire sur world et essayer de le coller par après.
Je vous disais que je n’avais jamais regardé le problème par cet aspect juridique qui me semble très intéressent. J’apprécie beaucoup votre effort de réflexion.
Le problème c’est que le colonialisme lui-même avait aussi été justifié par le droit. Fallacieux parfois mais souvent par le droit quand même. Que les puissances qui veillent sur nous ne respectent pas le droit qu’elles ont édicté c’est aussi souvent le cas.
Dans le cas d’Israel je pense qu’il y a une dimension subjective qui complique le problème. Nous devons énormément aux juifs de les avoir persécuté voir essayé de les éliminer. Cette pilule là fait avaler toutes les couleuvres parce qu’elle permet tout à Israel.
Les inégalités dans l’application ou le respect du droit international nous pousse à soutenir le Hamas dont la position de ne pas reconnaître Israel est juste et pourrait être rentable mais que je vomis sur le plan de l’idéologie.
Je partage le point de vue de Flatun qu’on ne peut nier la présence de quelques millions de citoyens et que ce fait est indéniable. Cependant pour moi Israel doit disparaître. Non pas comme on veut nous faire croire qu’on voudrait « jeter les juifs à la mer » mais que les structures de l’état d’Israel doivent être dissoute et j’appelle à la création d’un état démocratique, fraternel, pluriel et pacifique.
J’invite souvent à la lecture d’un texte de Maxime Rodinson, qu’on ne peut accuser de racisme anti-juif, bien que.
Ce texte, en voici le lien.
Bonne journée
Comment erre J.J. Groucho — 15/10/2006 @ 4:10 am
Désolée pour l’inconvénient, Groucho, et j’apprécie beaucoup que vous ayez reposté, d’autant plus que votre propos est très intéressant. Et me permet de mieux comprendre la position que vous tenez, chez Corine.
J’apprends donc - eh oui! - que le colonialisme avait aussi été justifié par le Droit, et par là, je vois encore un peu plus la relativité du Droit. Parce que certains discours des deux côtés me rendaient perplexe, et parce que l’injustice me révolte, j’avais cherché sur quoi fonder mon jugement personnel, et il m’a donc semblé que le Droit établi était le facteur neutre et objectif, le levier sur lequel asseoir ses griefs.
Ensuite, je suis du genre à me ranger du côté des opprimés, plutôt que du côté des oppresseurs (d’ailleurs, qui oserait dire l’inverse?). Mais, dans le cas du conflit israëlo-palestinien, l’histoire fait se télescoper chacun de ces attributs : la Shoah, la Déclaration Balfour, le protectorat états-unien, le terrorisme-ou-la légitime-défense-ou-la résistance, etc. On voit vite que c’est là une impasse de laquelle il faut sortir, les sentiments étant hautement manipulables.
Groucho, la phrase qui suit ne me paraît pas claire : “Nous devons énormément aux juifs de les avoir persécuté voir essayé de les éliminer.” Si je m’en tiens à celle qui la suit, je supposerais que vous avez voulu dire que c’est à cause de la Shoah que les actes d’Israël sont acceptés, c’est ça?
Enfin, c’est par cette phrase : “que les structures de l’état d’Israel doivent être dissoute et j’appelle à la création d’un état démocratique, fraternel, pluriel et pacifique.”, que votre position s’éclaire, que je la comprends mieux.
Je suis allée lire Rodinson. C’est assez troublant, quand on pense qu’il a écrit ça en 1967; on ne peut plus croire, près de 40 ans + tard, que “l’hostilité à Israël était en pays arabe un phénomène artificiel, savamment attisé par les dirigeants”.
Il formule bien ce que je pressentais, lorsque j’écrivais l’autre jour chez Corine que les faits devaient être reconnus tels qu’ils étaient lorsqu’on veut réellement régler un conflit, et non imposer et perpétuer l’injustice :
“Il n’est qu’une chance peut-être, même si elle est minime, en dehors de cette impasse où se sont précipités les sionistes comme les mercenaires de Carthage dans le défilé de la Hache. C’est d’offrir aux Arabes de négocier, non plus comme on le fait depuis vingt ans sur la base de l’acceptation pure et simple du fait accompli à leur détriment, mais en proclamant en principe qu’on veut leur rendre justice, réparer le tort qu’on leur a fait. C’est, je pense, le seul langage qui ait quelque chance d’être accepté par l’autre partie. Le seul langage qui puisse peut-être provoquer chez l’autre cette reconnaissance tant attendue du fait national israélien, maintenant acquis par les travaux et les souffrances de ces dernières décennies, nullement par le souvenir d’un mythe de vingt siècles.”
Enfin, j’ai été très étonnée de lire ceci :
“S’il est une tradition de l’histoire juive, c’est celle du suicide collectif.”
S’il y a un historien dans la salle?
Groucho, j’ai modifié le lien référant à Rodinson, parce que ma plateforme fonctionne différemment de celle de Typepad, alors maintenant on peut cliquer pour s’y rendre directement.
Grand merci pour votre apport ici. À force de lire et de réfléchir, on finit par comprendre un peu plus, pas seulement ce conflit, mais également notre monde.
Bonne soirée à vous.
Comment erre Marie Danielle — 15/10/2006 @ 12:24 pm
En fait Maxime Rodinson se réfère à un fait historique supposé. En tout cas entré dans la légende.
Ci-joint un lien qui éclaire cette histoire de suicide collectif.
Bien à vous.
Comment erre J.J. Groucho — 15/10/2006 @ 1:57 pm
En pareil cas unique, avéré ou pas, je trouve que Rodinson a erré en en parlant comme d’une tradition. Mais merci pour le lien d’info!
Ciao.
Comment erre Marie Danielle — 15/10/2006 @ 2:15 pm
Il y a une autre histoire célèbre de suicide collectif: celle du suicide collectif des juifs de York durant les émeutes antisémites de 1190.
Comment erre J.J. Groucho — 15/10/2006 @ 3:24 pm
Effectivement, on le mentionne là.
Merci.
Comment erre Marie Danielle — 15/10/2006 @ 3:38 pm
Rodinson, toujours :
// Certains, comme le marxisto-sioniste arabe A. Razak Abdel-Kader, seul de son espèce, peuvent encore espérer en une révolution politique ou sociale qui amènerait au pouvoir dans les pays arabes des éléments disposés à accepter Israël. […] Libre à chacun de rêver encore à une révolution inédite qui serait le miracle et la divine surprise pour Israël. Peu de réalistes le feront. //
// Installer partout des régimes pro-israéliens ? Nul ne doute, les Israéliens moins que quiconque, que ce seraient des régimes fantoches secoués par les révoltes, en proie à une guérilla incessante. Encore une solution impraticable. //
Lire ce passage en repensant à la surprise du Congrès américains, cet été, qui s’apercevait que le nouveau gouvernement irakien ne soutenait pas Tel Aviv dans ses bombardements au Liban, le rend tristement comique.
Le rêve naïf des neocons…
Comment erre Jean-Balthazar — 15/10/2006 @ 6:30 pm
À force de discuter très sérieusement chez Corine aujourd’hui, ça me fait penser à ce que disait cette semaine Micheline Lanctôt, cinéaste, à propos d’un livre pour lequel elle avait été invitée à faire la critique : les parents (occidentaux en particulier) acceptent mal que leur bébé ne soit pas parfait, ni tel qu’ils l’ont désiré…
Comme si un bébé était quelque “chose” pour laquelle on pouvait passer une commande!
I know, il y en a qui “travaillent” là-dessus. jusqu’où la folie ira-t-elle?
Comment erre Marie Danielle — 15/10/2006 @ 7:00 pm
Si cela vous interesse il ya un débat sur le sujet dans le cadre de l’Hommage à Pierre Vidal Naquet:
Hommage à Pierre Vidal-Naquet
site François-Mitterrand
Grand auditorium
entrée libre
Cette journée évoquera ce grand historien récemment disparu qui a marqué les esprits par son approche renouvelée de la Grèce antique, son engagement d’intellectuel, notamment au titre des droits de l’homme et sa vision raisonnée des grands conflits contemporains.
Organisé conjointement par la BnF, la Ligue des Droits de l’Homme, l’EHESS, les Editions La Découverte, la revue Esprit, les associations Castoriadis et Trop c’est trop !, le Centre Louis Gernet, France Culture et Le Monde diplomatique
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vendredi 10 novembre 2006
9h30 - 19h
16h15 : Séquence 4 : Israël et Palestine, d’hier à aujourd’hui, de Massada à Ramallah Table ronde animée par Abraham Ségal
Avec Esther Benbassa (sur la « trahison », celle de Flavius Josèphe et des Juifs anti-guerre d’aujourd’hui), Irad Malkin (sous réserve), Elias Sanbar, Leïla Shahïd, Shlomo Sand et Dominique Vidal
Comment erre J.J. Groucho — 16/10/2006 @ 3:35 am
Groucho, vous m’offrez les billets aller-retour itou??
Mais je retiens les noms des participants. Je ne connais que Vidal, pour ses 101 portes du P-O avec Gresh, mais éventuellement, je verrai qui sont les autres et ce qu’ils pensent.
Comment erre Marie Danielle — 16/10/2006 @ 11:27 am
Absente depuis de nombreuses semaines de mon home. Passé ma journée à parcourir (vraiment parcourir) mes blogs préférés. (confidence : passou, pitou, corinne, traube et la Québécoise que voilà) - j’ai été particulièrement interessée par ce sujet et vais prendre le temps de relire le très long texte, revenir sur les liens (très important, les liens…) et les commentaires dont certains, même si lus rapidement et à la volée, m’ont déjà quelque peu hérissée…Je vais donc analyser et approfondir vos dires et ce, même si la politique n’est pas “ma tasse de thé”, mais ce débat est très grave et puisque vous semblez l’aborder, tous, gravement sur ce blog, je serais heureuse de participer à la discussion en donnant mon point de vue qui risque d’être différent du vôtre et de contrer certaines de vos affirmations… “ça va chauffer” !!!!
En tous cas merci, Marie danielle pour tous vos beaux textes - C’est toujours un plaisir de vous lire.
Comment erre sophie — 16/10/2006 @ 4:54 pm
Re-bienvenue, Sophie, et merci de me compter parmi ces blogs que vous lisez. Quant à ce sujet, je ne crois pas en avoir fait le tour, et puis j’ai pour mon dire que les points de vue ne s’annulent pas tous, bien au contraire, et j’aime lorsqu’ils s’enrichissent les uns les autres. Évidemment, cela dépend de l’ouverture de chacun. Vous revenez chauffer la marmite quand vous voulez!
Comment erre Marie Danielle — 16/10/2006 @ 5:15 pm
Marie Danielle : Je m’apprêtais à travailler consciencieusement sur le sujet dès aujourd’hui et….désolation, il m’arrive un travail à faire (incontournable car alimentaire) qui me prendra quelques jours. Ceci pour vous dire que je ne vous fait pas faux bond et que je tiendrai mon engagement pour apporter, peut-être, un complément d’informations sur ce sujet. Je dois dire que je brûle d’envie de répondre notamment aux commentaires des 2 principaux intervenants à savoir JB et Groucho , Groucho dont j’ai lu également, en diagonale, les commentaires sur le blog de Corinne…. Juste une petite note particulièrement à son intention avant d’aller plus loin dans mes investigations : Jamais au cours des millénaires, une minorité n’a été aussi décriée, attaquée, persécutée. Mais jamais Israël ne s’est laissé réduire par la souffrance et l’oppression….La survivance du peuple juif est la plus grande énigme de l’histoire, stupéfiante illustration de la prophétie biblique énoncée il y a plus de trois mille ans : “l’Eternel vous dispersera dans tous les peuples….” - En attendant, je suggère la lecture ou la re-lecture du livre O JERUSALEM (un film sort demain en France) qui, de mon point de vue, rapporte l’histoire de ces deux peuples frères (c’est peut-être utopique mais je veux encore y croire) dans le vrai sens historique comme dans le sens politique- Les choses ont quelque peu évoluées mais on en reparlera. A très bientôt.
Marie Danielle, je vous adresse par ailleurs un courriel perso.
Comment erre sophie — 17/10/2006 @ 4:51 pm
Sophie, ne vous tracassez pas avec votre délai, s’il y a quelqu’un ici qui peut comprendre ça, c’est bien moi dont les fluctuations de santé des dernières années l’a rendue peu fiable…
Et puis cette note ne disparaîtra pas, même s’il s’écoulait beaucoup de temps, les commentaires demeurent ouverts. Et si vous l’oubliiez, c’est pas plus grave. Non que je ne sois pas intéressée à lire ce que vous pensez, au contraire.
L’histoire juive ne m’est pas connue dans les détails, loiiiiin, loin de là. En fait, ce que j’en connais surtout, c’est celle de l’Ancien Testament, ce qui n’est pas précisément celle racontée par des historiens, n’est-ce pas, et un peu de celle concernant le conflit israëlo-palestinien. Alors, oui je sais que c’est un peuple qui fut persécuté, décrié, etc. Mais, si je reviens à ce que Yakov Rabkin, cité dans ce commentaire ci-avant, me vient l’idée qu’il y a peut-être des distinctions à faire, au sens que depuis longtemps, la communauté juive a vécu dispersée, or, je demande, peut-on dire que, lorsque l’un de ses groupes était mal traité, tous les autres l’étaient simultanément? Si l’on ne fait que tenir compte de notre monde actuel, la réponse est certainement négative.
Ensuite - mais je le répète, je suis assez ignare, alors il se peut que vous trouviez mes questions d’une bêtise sans nom, mais j’espère ne pas vous choquer inutilement -, ce que vous avez soulevé ici, m’a fait me demander, en lien avec ce que Rabkin en disait, et sans nier aucunement l’horrible tragédie de la Shoah, soyez-en convaincue, m’a fait me demander donc, s’il n’y avait pas, d’une certaine façon, une distorsion à considérer l’histoire juive du fait de la judéité. Ce qui me fait poser cette question, c’est le fait que toute l’histoire humaine est marquée de tragédies, de barbaries et d’horreurs. Je songe aussi au livre de Maalouf, Les identités meurtrières, lu il y a 5-6 ans. En fait, ce qui surgit plus clairement à mon esprit, c’est la question à savoir s’il n’y a pas impasse à transcender ici. Sans nier aucune identité. Mais la première, n’est-ce pas celle, fondamentale, qui fait de nous des membres de la famille humaine? Bon, j’ai osé m’avancer en écrivant cela, maintenant je devrai appliquer le conseil de notre Rainer Maria Rilke bien-aimé, et porter cette question afin de peut-être, un jour, entrer dans la réponse…
Mais qui voudra soumettre tout élément de réponse ou de réflexion à ce titre est fort bienvenu.
Sinon, Sophie, je vous attendrai au moment qui vous conviendra, sur cette note ou une autre, en toute liberté. Et réponds à votre courriel très bientôt. Et bon travail, fut-il alimentaire!
Comment erre Marie Danielle — 18/10/2006 @ 12:41 pm
//Juste une petite note particulièrement à son intention (Groucho) avant d’aller plus loin dans mes investigations : Jamais au cours des millénaires, une minorité n’a été aussi décriée, attaquée, persécutée. Mais jamais Israël ne s’est laissé réduire par la souffrance et l’oppression….//
Mais bien sûr pour la souffrance des peuples juifs, je ne peux qu’être d’accord.
par contre comme beaucoup vous glissez “jamais Israël ne s’est laissé réduire par la souffrance et l’oppression” et là je ne suis pas d’accord. Non pas avec la souffrance bien entendu, mais avec la confusion que vous créez entre juif et Israel, et puis Israel est tout jeune, il n’a que 60ans .Bien entendu je lirai tout commentaire avec attention.
Amicalement. Groucho.
Comment erre J.J. Groucho — 18/10/2006 @ 1:07 pm
Oui, oui, on attend Sophie. Mais, comme le rappelle Groucho et comme l’argumente Rabkin (et quelques autres) le lien entre Juifs (et/ou le judaïsme) et l’Etat sioniste est très discutable. C’est ce dernier qui voudrait en faire une vérité intangible.
À propos de peuples frères, beaucoup d’amis marocains (des deux communautés) me rapportent qu’il n’y a pas si longtemps, dans leurs cours de récréation, lors des conflits enfantins la ligne de démarcation se présentait ainsi : les petits français d’un côté, les petits juifs et musulmans de l’autre. C’était leur idée de la solidarité naturelle.
Et la vérité sort souvent de la bouche des enfants, n’est-ce pas ?
Comment erre Jean-Balthazar — 18/10/2006 @ 2:47 pm
Un livre à lire serait, semble-t-il, celui de Maurice Olender, La chasse aux évidences. Pour vous en convaincre, allez lire les avis de trois grands en 3 essais signés Yves Bonnefoy, Charles Malamoud et Antonio Tabucchi, en partant d’ici.
Et encore, là.
Ce commentaire me sert à moi de mémo pour ma prochaine visite à la biblio.
Comment erre Marie Danielle — 18/10/2006 @ 3:17 pm
Je colle ici un commentaire que je viens de faire sur Big Pic. Je suis interpellé par cette décision. Je ne voudrai sincèrement pas y croire.
Israël : la succession du président Katsav, touché par un scandale, est ouverte
LE MONDE | 20.10.06 | 14h24 • Mis à jour le 20.10.06 | 14h26
//… Parmi les candidats évoqués avec le plus d’insistance par la presse figure l’écrivain américain Elie Wiesel. D’après le quotidien Maariv, le Prix Nobel de la paix 1986 serait la personnalité à laquelle le premier ministre Ehoud Olmert songeait lorsqu’il s’est dit favorable à une candidature “indépendante et n’émanant pas du monde politique”.
Cette désignation, si elle se confirme, est une erreur majeure. Elle accréditera à jamais les idées suivantes :
1/ Que Monsieur Wiesel a toujours travaillé pour les intérêts d’Israël.
2/ Que tout juif est un militant dévoué d’Israël et peut un jour devenir président.
3/ Que n’importe quel juif de n’importe quel pays a plus de droits qu’un palestinien pourtant né et habitant ce pays.
Je suis aussi touché par vos ennuis de santé. Que puis-je faire pour y aider?
Comment erre J.J. Groucho — 20/10/2006 @ 11:10 am
La laïcité des États d’Israël et de celui, éventuel, de la Palestine, est un élément que vous aviez souligné dans vos commentaires précédents, Groucho, et qui fait du sens, pour sortir de l’élément de guerre du religieux. Ça paraît extrêmement utopique, mais l’utopie permet parfois de faire avancer un peu les choses.
Merci de votre attention, quant à ma santé. Vous faites déjà quelque chose avec vos commentaires chez Corine, lorsque humoristiques.
Comment erre Marie Danielle — 20/10/2006 @ 11:24 am
@Sandgirl. Aaaah, et voilà Alain Baudemont (j’écris mon commentaire au fur et à mesure que je lis) : énorme merci d’avoir rapporté les dires de Shabtaï (c’est possible d’en connaître la source, svp ?). Ce qu’il aborde déborde le seul État d’Israël, j’ai bien l’impression que c’est dans l’ère du temps. Donc, s’emparer de la pensée de Shabtaï qui articule, dans une grande netteté des enjeux de fond fort déterminants qui déforment notre monde. Molto grazie et à Baudemont, mais d’autant plus à Shabtaï… (La source)
Aharon Shabtai, grand poète israélien et hélleniste de renommée mondiale, nous livre ses réflexions sur l’art et la politique, et sur l’influence de l’occupation sur la culture israélienne.
(Interview réalisée par Nir Nader)
Merci pour votre Molto grazie.
ps : J’ai un peu rué dans les brancards avec PA. J’ai peur d’être tricard à l’avenir.
Bien à Vous
AB
Comment erre Alain Baudemont — 05/02/2008 @ 1:20 pm
Merci pour la référence, Alain.
Comment erre Marie Danielle — 06/02/2008 @ 11:51 am
Ayant à nouveau mentionné cet article sur le blog de Pierre Assouline aujourd’hui, j’avise quiconque souhaiterait laisser un commentaire qu’ils sont fort bienvenus, mais sont toutefois soumis à la modération, et qu’au vu de mon programme de la journée, je ne serai peut-être pas disponible pour y voir subito presto après vos envois… Mais d’ici demain (voire avant), ça devrait être rentré dans l’ordre.
Comment erre Marie Danielle — 11/08/2008 @ 7:24 am