04/09/2006 6:39 pm
Jusqu’ici, tout au long de ma vie, je me suis toujours tenue à carreau, menant une vie plutôt rangée, et y a pas beaucoup de raisons pour que ça change. Rien d’étonnant si l’on considère qu’à 7 ou 8 ans déjà, j’ai solennellement annoncé à ma mère que j’épouserais Roger Moore quand je serais
grande. M’enfin, c’est vrai quoi, désirer être l’épouse d’un Saint -le petit catéchisme avait “labouré et fertilisé” le terreau- ne force aucune logique quand on s’est infatuée d’un mâle à l’aura aussi divinement sexy… Avoir des démêlés avec la justice m’était pour le coup impensable, c’aurait été trahir mon bel idéal de jeunesse : imaginez la dévastation intérieure !
Par conséquent, volonté d’évitement d’éventuels problèmes avec les autorités, mais ça a été une tout autre paire de manches vis-à-vis de l’”Autorité”. La définition selon la 6e acception de mon Petit Robert, je ne l’ai pas souvent trouvée incarnée sur rmon chemin : «Supériorité de mérite ou de séduction qui impose l’obéissance, le respect, la confiance». Ce doit être aussi rare que… de l’air frais dans un caveau où on aurait empilé les cadavres des victimes d’une guerre, pour prendre un exemple au hasard.
Si la voie de la délinquance m’était interdite (il faut abréger l’écrit, parfois), et si je me suis longtemps montrée aussi sage qu’une image (sauf, pour être tout à fait honnête, en quelques situations notables), je n’étais pas moins rebelle intérieurement pour autant. Le nœud dans la ramure de la petite fille allant croissant aurait pu se décortiquer comme suit : comment éviter de commettre des actes que je jugeais détestables, et comment échapper au contrepied systématique devant ce que je réprouvais, réaction par trop enfantine qui ne nous octroie absolument aucun sentiment de réelle liberté ? (je vous rassure, j’ai eu beau être une enfant très précoce, je sentais ce nœud plus que je n’aurais su en parler)
Conjuguer avec une quantité de facteurs de contrainte -internes et externes, intra et extra familiaux et environnementaux, religieux et historiques- peut désespérer. Toutefois, tant que l’imputabilité n’était pas de l’ordre d’un pouvoir de vie ou de mort sur des êtres humains, le minimum vital était irrigué. Fiou. Par ailleurs, je bénéficiais de privilèges certains par devers suffisamment de normes pour me sentir reine de mon minuscule royaume personnel. Mais, dans la réalité, y avait franchement pénurie de modèles à imiter pour déjouer les pièges du pouvoir, de quelque côté qu’on regardât. «En quelle prison gémit tout être», qu’il disait, Hans. Tu parles, oui. Saut dans le temps : démarche d’analyse excepté -mais son champ de défrichement est d’ordre de l’intime avant que de mener au social hors nos lieux familiers- ma quête de liberté et de dignité s’est pratiquement frappée contre bien des murs.
Ce long préambule sert surtout d’entrée en matière pour un sujet assez peu abordé, du moins ici, au Québec, bien que j’ai l’impression que des
figures le représentant ont émergé plus nettement de l’ombre autour du sommet de la ZLEA (Zone de Libre Echange des Amériques). En tout cas, sa découverte demeure relativement récente pour moi. N’en reste pas moins que, encore de nos jours, le terme demeure négativement connoté pour une large part. Il s’agit donc de l’anarchisme. Alors ? Reprenons le dico :
1. Conception politique qui tend à supprimer l’État, à éliminer de la société tout pouvoir disposant d’un droit de contrainte sur l’individu.
2. Refus de toute autorité, de toute règle.
La définition du terme anarchie parle carrément, elle, de «Désordre résultant d’une absence ou d’une carence d’autorité.», et par extension, de «Confusion due à l’absence de règles ou d’ordres précis». Selon ses représentants, ce caractère de chaos serait, paraît-il, faussé, et si l’on se donne un peu la peine de jeter un coup d’œil sur son histoire et la variété de points de vue en ce domaine, on constate la superficialité et le déchaussement de nos conceptions.
Quoiqu’il en soit, je me propose de plancher sur cette question à l’avenir, et de soumettre le fruit de mes recherches et de mes réflexions à la discussion. Qui sait si je ne parviendrai pas à le faire aussi plus littérairement. À ce jour, mon intérêt pour la pensée anarchiste se fonde majoritairement sur cette nécessité qui est mienne de déterminer ce qui mérite respect et considération, et en quelle manière. À quoi sommes-nous soumis, pourquoi et pour quoi.
Je n’en suis pas à vouloir la suppression de l’État et ai de sérieux doutes d’y venir, toutefois je peux questionner la légitimité de ses décisions, de ses représentations et de ses applications. Je n’en suis pas à refuser toute autorité, ça me paraît actuellement inconcevable qu’une société parvienne à s’établir tout à fait autrement. Mais le discours que tient l’anarchisme soulève de bonnes questions quant aux types de rapports entretenus par les membres qui composent notre -micro ou macro- monde, et vis-à-vis de leur légitmité, comme par devers nos institutions. Voilà pour cette mise en perspective qui, je l’espère, rend un peu clairement compte de l’approche que j’aspire à tenir. Et vous, de la retenir ?
Ah oui, dire aussi -encore, mais autrement- que je n’ai pas attendu d’apprendre qu’il existait un mot qui qualifiait ce dont j’étais en quête pour la mener, et qu’il s’agit bien de continuer à la mener. Le mot m’a permis de nommer, et la pensée qu’en ont élaborée ses ambassadeurs me servira d’appui, de repère ou de piste de réflexion. Qui peut prétendre endosser complètement la pensée d’un autre ou qui peut-on lui associer parfaitement ? Nul n’est un clone, et un habit fait sur mesure pour l’un n’épousera jamais tout à fait les formes d’un autre ou nous apparaîtra sous un autre jour. Détestant les étiquettes qui figent et enferment, je peine à dire que je suis telle ou telle chose, il y a un je ne sais quoi de trop définitif dans ces affirmations (et pourtant je tombe régulièrement dans le piège, ou en joue). Ainsi, dans ce poème écrit en janvier 2005, intitulé : Je suis une anatife libre !, j’ai opéré un glissement sur ma dénomination de départ, induisant ainsi une sorte de flottement [que je veux] on ne peut plus libre. Le revoici :
Je suis une anatife libre !
Je suis l’anecdote de la folie
Je suis contrefaçon de valeur
Je suis l’anathème de l’aliénation
Je suis l’absurdité de la réduction
Je suis une disqualification de qualité
Je suis l’exode inapparent qui se fait jour
Je suis le drame statistiquement banalisé
Je suis le point biographique critique
Je suis la doberman de ma liberté
Je suis une aberration poétique
Je suis le silence de l’enfance
Je suis une drôle d’histoire pas drôle du tout
comme il y en eut
comme il y en a
comme il y en aura tant
Être la juste Furie
Être le doute des doctrinaires
Être la doberman de la Liberté
Être la vie courante de la veine
Être la haute-contre de la gravité
Être la contrebasse de la légèreté
Être l’accoucheuse des vies minéralisées
Être la dissolution de la turpitude
Servir de repoussoir à la dignité
Méduser l’autorité impudente
Incarner le pragmatisme idéal
Contrebraquer la violence en douceur
Rétablir le circuit du cerveau disjoncté
Trouver le préalable dans l’oeuf sans le tuer




De retour de Singapour, island at the tip of Malaysia, where I went to ‘pour’ or to spend my money not to ’singa’ their praise! My soprano voice would be on a to high note for them to appreciate… Parce que a Singapour, tout est regimente, meme l’air qu’on y respire. Une cite-etat qui est en train de fabriquer de la nevrose a l’echelle industrielle: heureusement qu’il reste le shopping pour y defouler les non-dits et les dictates. Bien qu’il serait interessant d’y afficher, sous forme de graffitis, l’enumeration que vous avez faite de la sublimation de la peur et de l’Espoir qui mettrait le feu aux poudres, mine de rien. Interessant cette recherche de soi-e irisee de mille reflexions chatoy-ouillantes. J’en commencerais ou terminerais sa declinaison par ‘Catch me if you can!’. And if you catch me, you better be good! I am whole-some…
Comment erre Anna — 04/09/2006 @ 9:47 pm
L’anarchie est à mes yeux le système politique idéal. Il présuppose cependant que tous les hommes soient libres et responsables, ce qui est pratiquement impossible, à moins de jouer au docteur Folamour de la génétique, ce qui serait plus qu’effrayant. Et quand je dis que les hommes seraient libres, je ne parle pas des droits humains et des attributs extérieurs de la liberté. Je fais plutôt allusion au devoir intérieur de lucidité et d’action afin de réduire la tension inhérente à l’écart qui existe entre nos déterminants naturels et notre spiritualité. Selon Bernard Charbonneau et son exégète Daniel Cérézuelle, mes maîtres à penser l’écologie politique, tout n’est pas nécessairement perdu.
Comment erre Christian Aubry — 04/09/2006 @ 11:32 pm
Je sais… y a pas de concoUUrs mais tu le sais, j’aime bien joUUé. ;o)
donc, même si on me le demande pas, mon vers préféré est:
“Être la contrebasse de la légèreté”
en first runner-up ou demoiselle d’honneur de la lauréate sus-cité :
“Trouver le préalable dans l’oeuf sans le tuer”
Voilà ! J’ai gagné quoi ? ;o)
En tout cas, comme dirait Téléphone [rock franchouillard des 80’s], “ça se sent que c’est toi”, ce poème… Et c’est tout à ton honneur.
Chapeau bas, je m’en vais tirer ma langue pour fin d’identification.
ps : see you chez Corine ;o), mais comme tu le sais, mes venues là bas sont homéopathiques depuis la naissance de Choupi… [même 1 mois avant en fait]
Comment erre uu — 05/09/2006 @ 3:41 am
Marie Danielle, Marie Danielle, Marie Danielle ! Quelle surprise en découvrant votre premier amour ! Roger Moore. Ainsi donc, vous seriez l’éternel féminin qu’a si mal romancé ce piètre M. Brown (Dan) ? Vous marie Danielle ? Quelle joie !
- Patron, si vous ne donnez pas la clé de vot’message, on comprend rien.
- Tu as raison, mon bon. Oú avais-je la tête. Marie Danielle, votre amour est ici > http://hrundi.blog.lemonde.fr/hrundi/2005/01/da_vinci_blog.html . A part ça, vot’com chez moi était bien plus joli celui-ci. Pfffff
Comment erre Hrundi — 05/09/2006 @ 10:12 am
De Roger Moore à la Zone de libre échange, regardant une fleur orange et l’autre verte, avec une voix au micro pour un appel au départ, je salut l’espiègle en titre :
Comment erre Thomas — 05/09/2006 @ 10:19 am
Oh que d’épanchement bloggUUesque en ce jour béni ;o)
Je vous salue, Marie-Danielle, pleine de grâce, etc.
Comment erre uu — 05/09/2006 @ 11:17 am
— > Anna, l’unique et originale Anna. Ça vous est familier aussi, hein, ce catch me if you can ! Selon ce que nous nous rapportez de Singapour, on peut dire que la civilisation est arrivée en Malaisie, ah ça… On progresse, on progresse, oui mais vers quoi. Ils sont chanceux de vous avoir, non ? “Mine de rien”, je suis sûre que votre présence là-bas permet de repousser les tsunamis qui naufragent la vie.
— > Christian, tu fais de belles et justes distinctions. On pourrait passer des heures à refaire le monde, et ça n’est jamais perdu, parce que, ce faisant, on change un peu le sien, et c’est là où ça commence. Excepté la pollution et les risques du nucléaire et du terrorisme (ce qui en fait une grosse exception), je crois qu’avec chaque être qui naît, depuis l’existence de l’homme, le monde est toujours à refaire. Et que ça peut parfois désespérer. Alors on se retrousse les manches, et on continue à cultiver selon notre mesure ce qui peut générer de la vie…
— > UU, merci de nourrir le préalable de mon œuf, et de réchauffer son nid
! Ça te ressemble assez, la contrebasse de la légèreté, j’trouve. C’est une chance que ta ChoUUpi soit là, elle va contribuer à augmenter ton répertoire ! Hé hé. Ça fait quelques mois que je fréquente le blog de Corine et t’y ai jamais vu, mais c’est chouette de penser que je te croiserai là parfois. Bises à vous trois. (le courriel annoncé traîne un peu de la savate, mais ça viendra)
— > P’tit malin de Hrundi, va ! Mais je vais devoir vous gronder, j’ai pô dit que le Saint était mon 1er amour, pfff, non non, j’étais précoce, mouah, c’est arrivé bien avant ça, pis il était pô enfermé dans une tite bouâte avec des nains qui bougent dedans, pfff ! Et j’ai pô fait un fix sur l’auréolé non plus, j’vous ah! sûr !
C’est pas mon com’ qui est beau, c’est votre note, et on a tous intérêt à la lire. Elle m’a énormément plu. Bises.
— > Thomas se fait lyrique… C’est chouette. Quand même, je peux trouver à redire ?? T’est sûr, pour l’Oméga et l’Omerta ?? Et pis, çui-là, “Tu es plus que moi-même”, mmm, ça se peut juste pô ! suis pô d’accord, même si je peux l’apprécier comme se voulant un compliment. C’est trop relatif, les comparaisons, d’ac’ ? Sinon, merci pour les fleurs, mmm tous ces parfums à respirer… j’essaierai d’être à la hauteur et de pas fâner trop vite…
— > UU : ah qu’il est bon, qu’il est doUUx pour des frères de vivre ensemble ! C’est une hUUile vivifiante qui coUUle, qui coUUle sur la barbe d’Aaron et qui descend jusque dedans ses bottines de ski-doo !
Comment erre Marie Danielle — 05/09/2006 @ 12:03 pm
“pas fâner trop vite…” ? Et hop, un peu de poésie à la hUUssarde :
“Mignonne, allons voir si Marie-Dan’
Qui ce matin avait déclose
Son *ça* au soleil,
A point perdu cette vêprée
Les plis de sa répartie pourprée”
Bon, zou, je file voir mes deux belles fleurs à la maison. ;o)
[Quant à Corine Lesnes, tu as dû démarrer quand je me suis arrêté… en fait il y a bien plus longtemps. Quand j’allais pas très bien, j’sais plus…]
Comment erre poUUêt poUUêt — 05/09/2006 @ 12:49 pm
UU a encore poUUêt-poUUêtté (comme on dit : il a encore frappé) ! et à la hUUssarde, ç’te fois, diantre.
On me pouettise à touche-que-veux-tu aujourd’hui, rô la la, quel lectorat j’ai, rô la la !
Comment erre Marie Danielle — 05/09/2006 @ 1:23 pm
Problèmes avec internet donc impossible vous écrire directement.
Je viens de découvrir votre blog et je me “régale”- un peu tard pour tout voir et tout lire ce soir - Demain “y a école” comme il se dit dans le sud de la France. Je reviendrai donc vous voir d’autant que je crois comprendre que nous sommes tombées en amour
sur plein de choses (N.de Staël, Rilke, Nietzche, s.Germain et avec un grand A : Félix Leclerc….et puis, je suis tellement nostalgique de Montréal et du Québec de ma tendre jeunesse…. A bientôt dans vos espiègleries.
Comment erre sophie — 05/09/2006 @ 6:02 pm
Bonjour, je vous envois mon exemplaire de “Kafka was the rage” via The Royal Mail.
Comment erre Thierry Kron Traube — 05/09/2006 @ 6:06 pm
— > Bonjour Sophie, on attendra avec l’impatience d’en savoir plus, Surtout si vous avez déjà vécue ici, y a que du bon à espérer alors !!
— > Mazette, Traube, ce sera pour moi Noël avant tout le monde !! Molto Grazie… D’ailleurs, pour qui lira ses lignes, allez donc jeter un coup d’œil sur les 2 notes que Traube a consacré à Kafka was the rage, un livre de “mémoires sur le Greenwich Village de l’immédiate après-guerre, les 40th… Quand l’Amérique découvrait Kafka, quand Greenwich Village devint le centre des avant-gardes.”
Via la Royal Mail : vous avez le chic, vous… I feel like a Lady Di !
Comment erre Marie Danielle — 05/09/2006 @ 6:28 pm
Comme M. Aubry, je ne pense pas que l’anarchie soit dans le domaine du possible sans de majeures altérations au tissu humain. Anarchie voudrait dire la perte de bien des libertés personnelles, elles-même appartenant à un dogme qui ma foi semble bien à la mode ce siècle-ci. L’anarchie est un beau rêve à contempler lorsqu’on désire devenir des fourmis ou des harengs, mais la primate réalité qu’est la nôtre revient vite lorsque l’on constate que Roger Moore sera à tout jamais notre supérieur pour avoir su gagner le coeur de plus d’une dame respectable…
Comment erre LeBurt — 06/09/2006 @ 12:18 am
Le goût de Lady Diana Spencer Churchhill princess of Wales pour les mecs, étaient d’assez mauvais goût, non! À sa place j’aurais choisit Harvey Nichols et non Harrods alfayette…
Comment erre Thierry Kron Traube — 06/09/2006 @ 2:58 am
— > LeBurt, ce qu’il y a, c’est que l’histoire de Roger and me n’a pas eu de suite, Roger n’ayant su garder mon cœur après l’avoir conquis, so, this page had to be turned. Now it’s ancient history !
Quant à “la perte de bien des libertés personnelles” qu’entraînerait l’anarchie, je ne vois pas exactement ce à quoi tu réfères. Elle refuse toute autorité non-légitime, ça me semble plutôt signifier un respect des libertés individuelles. C’est quelque chose qu’on imagine mal puisqu’on ne l’a jamais vécu, c’est pourquoi ça nourrit ma réflexion et m’incite à lire ceux qui l’ont pensé jusqu’ici.
— > Autrement dit, il faut savoir choisir avec clairvoyance la griffe de sa destinée…?
Comment erre Marie Danielle — 06/09/2006 @ 8:19 am
Je pense que le paradoxe vient du mot “légitime”, car il implique un jugement sur la justesse de l’autorité. Admettons un instant que ce jugement de légitimité soit collectif, c’est-à-dire issu d’un consensus universel car pour bien fonctionner sans autorité, nous aurons besoin d’un système de règles. On pourrait par exemple penser à l’établissement d’un code de la route sur lequel tout le monde s’entendrait sans le questionner ni jamais y désobéir, le jugeant ainsi bon et légitime. Or, comme tu le dis, un tel système n’a jamais existé dans toute l’histoire humaine car notre société se balance au niveau biologique entre l’altruisme et le “profiteurisme”, peu importe le système de règles en vigueur. C’est malheureux mais de défier la règle pour augmenter son profit est un réflexe en nous aussi difficile à circonscrire que celui de la respiration (combien de gens n’ont jamais, jamais enfreint la moindre règle?). Pour le profiteur, les règles établies sont oppressantes et n’ont rien de légitime. Nous revenons donc à la case départ car pour ce dernier, ses libertés individuelles sont brimées par une autorité non-légitime.
Je reviens sur la question de consensus car j’ai supposé au début de mon argument que le consensus était atteint de façon universelle car je doute que notre bagage génétique nous ait équipé d’un code de la route inné. C’est donc une condition sine qua none à l’absence d’autorité non-légitime mais cela pose à la fois de graves difficultés pratiques qui vont en s’accroissant à mesure que le village humain s’agrandit. La voie de contournement que nous employons présentement est pavée de compromis, encore une fois brimant les libertés individuelles de bien des gens. Alors, que faudrait-il imposer à l’humanité pour permettre l’atteinte de consensus universels? Une modification génétique? Un lavage de cerveau organisé? Dans les deux cas, je ne vois pas comment les libertés individuelles sont préservées.
L’anarchie est un système de gouvernement viable dans la nature, plusieurs espèces n’ont besoin d’aucune forme d’autorité pour survivre. Pour l’espèce humaine cependant, une espèce mammifère, prédatrice et hiérarchisée par ses 400 000 années de sélection naturelle, c’est une utopie, un sujet d’un intérêt purement intellectuel mais sans application pratique dans le futur envisageable.
Comment erre LeBurt — 06/09/2006 @ 12:29 pm
Dire que je ne connaissais Roger Moore que comme un vieux croulant agitant un pistolet en plastique recouvert de peinture dorée.
Comment erre Jean-Balthazar dit Flatun — 07/09/2006 @ 4:55 pm
Ce serait pas la jalousie qui vous aurait obstrué la vue, Flatun ?
Comment erre Marie Danielle — 07/09/2006 @ 5:15 pm
LeBurt, tu paraîs avoir déjà bien réfléchi à tout ça. Du moins plus que moi qui suis loin d’avoir cherché à projeter ce à quoi ressemblerait un monde où l’autorité serait légitime ou inexistante. Tu soulèves plusieurs questions intéressantes, dont je ne possède vraiment pas les réponses. Par exemple, ton histoire de profiteur en appelle à une éthique et dans ce cas-là, ce n’est pas l’autorité qui est non-légitime, comme tu dis, c’est la méthode du profiteur pour satisfaire son envie. Tu fais souvent allusion à la nature animale de l’homme mais, et le reste ? L’homme n’est qu’instincts ? Y a pas un seul système qui saurait se montrer parfait, ça c’est sûr, parce que le monde change constamement et cela entraîne des changements qui bousculent le système en place. Et puis, avec chaque être humain qui naît, l’histoire se refait toujours un peu. Par contre je crois que l’éducation (ce qui est beaucoup plus que la seule instruction) peut faire une différence. Je ne crois pas que les instincts des hommes soient des fatalités immuables bicoz 400,000 ans d’existence, comme tu écris. De toutes façons, ce n’est pas comme si un jour devait venir où on imposerait l’anarchie, c’est déjà une contradiction dans le terme. Prenons juste l’exemple de la famille. Les parents incarnent l’autorité qui donne le pas au mode de vie de tous les membres. Avec l’autorité vient des droits, mais également des devoirs. L’exercice d’autorité les place devant des choix à faire qui indiqueront s’ils usent d’une autorité indue ou pas. il y a toujours un moyen possible à emprunter pour éviter un abus, mais la nature humaine étant ce qu’elle est, il y aura commission d’erreurs ou d’abus, mais il y a toujours possibilité de chercher à rectifier le tir, ou en amoindrissant les conséquences. Ce qui s’appelle agir de manière responsable. Anyway, j’en suis pas à penser l’anarchie à l’échelle du monde entier, c’est trop abstrait et invraisemblable. Par contre, je peux essayer de voir à mon échelle, dans mes rapports avec les autres, en quoi je peux faire avancer le schmilblick. Mais j’ai trop peu lu encore pour en dire plus. Un être humain peut apprendre à composer avec ses instincts et peut développer sa raison, ce qui le distingue de l’animal. C’est pas un peu ça, le sens de la vie humaine ?
Comment erre Marie Danielle — 08/09/2006 @ 12:33 am