29/08/2006 11:13 am
Et si on s’amusait à deviner ou imaginer ce qui inspira un de mes poèmes ? Allez, ne vous faites pas tirer l’oreille ! Et puis, il est tout court, que cinq vers, rien pour vous éreinter, quoi. Chiche !

mordues de neige libre
les laisses ont échappé leurs maîtres
l’espace irradie de toutes pores
l’extase n’a rien de factice
ô éther bleue mon âme
~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~
Cette magnifique toile de Jean McEwen, Entrelacs rouges n’a rien eu à voir avec mon extase poétifiée, mais elle me ravit tout autant. Son image provient du site Cybermuse, qui a développé le thème du rouge dans l’une de ses rubriques :
Les artistes ont recours au rouge pour exprimer le désir, la chaleur du foyer, la volonté politique et le feu de l’action sociale. Le rouge évoque l’urgence: la Croix-Rouge, le rouge d’une voiture de pompier. Les œuvres de ce volet proposent des formes, des motifs et des textures rouges qui traduisent l’ardeur. Le rouge incandescent parle aussi de passion qu’elle prenne la forme de l’amour romantique, de la dévotion spirituelle ou de l’engagement politique.
Maintenant, au boulot. Laissez-vous délirer d’une douce folie…
La question est :
Qu’est-ce qui inspira ce poème ?
Et puis, y a pas de bonnes ou mauvaises réponses,
donc pas de mauvaises notes !




> Euh… vous promeniez vos chiens en faisant du ski, et vous avez malencontreusement heurté un sapin ?
Nan. Ça doit pas être ça.
> Les congères de l’hiver sont à la vie privé des québecois ce que furent les meules de foin aux paysans européens ?
Là, je sens que je vais m’attirer une volée de bois vert.
> Vous avez longuement contemplé une calligraphie Zen japonaise, et z’êtes entrée dans l’image. Depuis vous vous demandez si vous en êtes ressortie et, si non, si cela serait même souhaitable.
Ça torie ?
Comment erre Jean-Balthazar dit Flatun — 29/08/2006 @ 1:08 pm
Précision : “une volée de bois vert” à l’arrière d’un jaguar, cela va sans dire.
Comment erre Jean-Balthazar dit Flatun — 29/08/2006 @ 1:10 pm
Une virée à moitié nue en traîneau à chiens, sous un magnifique ciel bleu et un petit -15º très confortable, c’est évident. Ah les grands espaces! Reste à savoir ce que le rouge vient faire là-dedans. Y a-t-il eu un mort?
Comment erre Christian Aubry — 29/08/2006 @ 2:06 pm
— > Vous saurez, Flatun, que les meules de foin, on connaît aussi. Du moins moi et la plupart de ceux nés à la campagne. Mais pour le Zen, c’est bien trouvé… vous lisez les mouvements du cœur ?? Reste que ce n’est pas ça, matériellement parlant. Vrai que ça a quelque chose de l’”illumination”, non ? Sinon, la volée, c’est à l’arrière extérieur ou intérieur ? Dans le 1er cas, j’en concluerais que vous vous êtes défilé à toute vitesse au volant, et dans le second, que ce ne serait donc pas vous qui la conduisez. Tâte-je dans le Noir ??
— > Christian, quel romantisme ! J’imagine bien un couple d’amoureux, blottis l’un contre l’autre et enveloppés d’une magnifique peau d’ours polaire et revigorés par l’ai froid sur leurs joues rosies… Ah la la! Pour le rouge, la réponse est dans la note, mais vous brûlez déjà.
Comment erre Marie Danielle — 29/08/2006 @ 3:06 pm
“vous lisez les mouvements du cœur ??” ben, quand la poésie est bien écrite, oui, dès fois…
Comment erre Jean-Balthazar dit Flatun — 29/08/2006 @ 4:13 pm
Môssieu’ fait son môdesteuh ? L’affaire, c’est que je ne crois pas que ça lui exige beaucoup d’efforts.
Mais il m’est arrivé souvent de me tromper.
Qu’est-ce que je suis rigolote !
Comment erre Marie Danielle — 29/08/2006 @ 5:01 pm
Boum-boum ! Boum-boum ! Boum-boum !
Bon ben, c’était dans un traineau à chiens, de marque jaguar, caréné en forme de meule de foin… sous un immense ciel bleu…
Peut-être le coucher de soleil fut-il rouge ?
Comment erre Jean-Balthazar dit Flatun — 29/08/2006 @ 6:05 pm
Oups ! eh bien je pense que Christian vient de se faire doubler là !! S’il y avait des copyright sur les idées, vous seriez dans le trouble, Flatun ! Bon, moi, tant que je sui dans la Jag’-traîneau ça va. Pour la paille, y a déjà un moment que je suis dessus, alors… Quoique, s’y retrouver à deux, c’est déjà autre chose !
Comment erre Marie Danielle — 29/08/2006 @ 6:23 pm
Jolis vers, The Jolly. Et le tableau aussi. J’ai failli en peindre un semblable, il n’y a pas si longtemps. Je m’etais emmeles les pinceaux de ma peinture decorative ‘ecaille de tortue’
Et pour la couleur rouge, j’y ajouterais quelques autres vers, dans le style: le cramoisi flamboie, la ou tes mains inexpertes ont ouvert… la voie. O mon coeur!
Comment erre Anna — 29/08/2006 @ 7:38 pm
C’est un travail d’équipe.
Si il faut consulter son Rights Clearance Lawyer avant de venir sur ce blog, va pas y’avoir grand monde, hein ?
(C’est très joli, ces “mains inexpertes”, Anna.)
Comment erre Jean-Balthazar dit Flatun — 29/08/2006 @ 8:53 pm
Dois-je comprendre, Anna, que vous vous êtes laissée peindre le corps par le peintre du décor, et que les écailles de tortue ne sont là que pour faire paravent ??
Sinon, pour le cramoisi, j’ai déjà donné… Mais c’est un thème à chérir.
Flatun, moi je disais seulement ça comme ça. Et pis c’est pas mes affaires, ça regarde Christian avant tout. Faites quand même gaffe de doubler par la gauche, we are not in England, here, dear ! (vous voulez quand même pas que j’écrive que vous doublez par la droite, ça ne vous ressemblerait pô…).
Comment erre Marie Danielle — 29/08/2006 @ 9:31 pm
Quand je double, je double par là où passe. Vous savez aussi bien qu’Anna combien la voie peut être sinueuse…
Comment erre Jean-Balthazar dit Flatun — 29/08/2006 @ 10:26 pm
“par là où ÇA passe” — mais le lapsus en valait la peine…
Comment erre Jean-Balthazar dit Flatun — 29/08/2006 @ 10:28 pm
Non non non! Je fais vraiment dans la peinture decorative: faux bois, faux marbres, malachite, lapis lazuli etc comme hobby. Ca me detend. Ma specialite: le marbre de Carrare. Comme il est souvent… tout blanc, si je me gourre, j’en ai pas le cramoisi qui me monte au nez, pardon, aux joues! Et merci a Jean-Balthazar pour le compliment. Joli nom, bien qu’un peu demode. Quebecois, je suppose?
Sorry, to squat your blog, Sandy. J’ai une tres bonne amie italo-canadienne de Montreal, qui vit, depuis des annees en Malaisie. Le mari travaillant pour Laval. Et qu’est devenue Louise Forestier, cette espiegle chanteuse que j’aimais beaucoup?
Comment erre Anna — 29/08/2006 @ 10:37 pm
Et oui Flatun, sinueuses. Et les voies du Saigneur sont impenetrables, hahaha!
Comment erre Anna — 29/08/2006 @ 10:44 pm
Ah oui un lapsus de collector ! Vous avez vu, y a pas de danger que ça m’arrive à moi, je n’ai plus de filtre, pschtt ! ça a la voie libre ! oh darn !
Jean-Balthazar, l’est pas Québécois, mais il faut croire que la glace du pôle Nord a complètement fondu, ou alors c’est que le Père Noël en a eu marre des glaces et de son atelier rempli de petits lutins. Ce devait être augural du sort de Pluto, tiens… Ou alors il fait comme les bons Québécois à la retraite est émigre au Sud… Ce que je trouve le plus … touchant et triste ? avec lui, c’est qu’il ne vient qu’une fois par année (si vous sentez le ça qui passe, là ??)
Anna, squattez, squattez, il en restera toujours quelque chose !
Et ne vous gênez pas pour nous joyeuser quelque chose à votre guise… Tiens, voilà que vous rosissez ?
Comment erre Marie Danielle — 29/08/2006 @ 11:23 pm
Une fois par annee!? Le jour de votre anniversaire, Sandy? Vous l’avez cherche - non pas ce que je dis - mais lui, le pere Noel a retardement, qui ne se permet aucun extra, que la voie soit libre ou non… Bon, c’est pas tout de rigoler. Je suis a Labour. Je vais faire un petit tour du cote du British Council. Ciao, ragazzi. Siate vigili (non-urbani) ma vigili dell’anima poetica, bucolica, campestre, rupestre, campagnola, rustica - perche’ no - lacustre, marina e anche fluviale. Sono i piccoli ruscelli che fanno i grandi fiumi che sboccheranno nell’immensita’ del mare. Gli oceani, oramai, non possono piu dividerci! Altre onde ci trasportano…
Comment erre Anna — 29/08/2006 @ 11:58 pm
Traduzione : « Salut, garçons. Que vous soyez des agents (pas- urbains) mais des agents de l’âme poetica, bucolica, champêtre, rupestre, paysanne, rustique - perche’non - lacustre, marine et même fluviale. Ils sont les petits ruisseaux qui font les grands fleuves qui aboutiront nell’immensita’del mer. Les océans, maintenant, ne peuvent pas piu nous diviser ! Autres vagues nous transportent… »
J’en conclus que la mer me représente ?? Ben, j’étions pas un mec, quoique qu’en disent certains. Ce doit être charmant à entendre, Anna, en italien. Me faudrait me remettre à mon apprentissage.
À propos du Père Noël, j’ai confusionné (c’est le cas de le dire). Redressons les torts de mon histoire. Je suis la fille du Père Noël -j’espère, Flatun, que je n’expose pas là un secret nous unissant et qui ne saurait résister à la lumière
)-, et donc Flatun le fils du Père Fouettard (fichtre, je viens d’allumer en l’écrivant !! ah ben flûte alors !), et j’allais écrire que je parais avoir une dilection très nette pour le genre… MDR ! Bon Anna, si jamais vous ne saisissez pas -quoique je pense que vous êtes dans les secrets des Joyeux-, persévérez et vous verrez.
Faudrait vraiment que j’aille au pieu, mais je me sens comme une petite enfant devant le sapin tout décoré : analogie de ma journée, vu la marée haute qui a baigné cet espace. Quant à l’étoile ou l’ange à la cime de l’arbre, il vaut une heure infinie de CHF… Hé ben oui, ne dit-on pas qu’un ange passe, lorsqu’un silence s’établit parfois, lors d’une conversation intense ? Sauf qu’ici, y a que moi qui ai entendu son bruissement d’ailes. Mais, peut-être a-t-il le nez un peu rouge, comme le mignon petit Renne ou, mieux, un Auguste…? Pour autant, le mystère n’est pas neutralisé !
Comment erre Marie Danielle — 30/08/2006 @ 12:34 am
C’est quoi ca, ‘etre dans les secrets des Joyeux’? je suis dans le noir. Le sapin de Noel ne clignote plus!? Il est temps pour moi d’aller au lit. Traduction a peu pres correcte. Faut engager un macon italien pour remettre certaines briques bien en place.
Comment erre Anna — 30/08/2006 @ 10:49 am
Chère Anna, je suis en rivalité mimétique avec vous, alors je joue du saint-bol et énigme à tout crin. Secret pour secret, les signatures de la République cachent parfois des dessous qu’on saura voir : soit il s’agissait du prof, soit il s’agissait du nain.
Comment erre Marie Danielle — 30/08/2006 @ 11:02 am
Flap ! Flap ! Flap !
Comment erre Jean-Balthazar dit Flatun — 30/08/2006 @ 8:31 pm
Ce sont les battements d’ailes de l’albatros, of course. Pourquoi vole-t-il si bas ??
Comment erre Marie Danielle — 30/08/2006 @ 8:37 pm
Clap ! Clap ! Clap !
Comment erre Jean-Balthazar dit Flatun — 30/08/2006 @ 9:16 pm
Clap, clap, clap gros sabots ou flap, flap, flap tire-d’aile? Entre les deux: la position du tireur couche? Un chasseur sachant bien chasser est un bon chasseur!
… ou du nain Prof.
Today, National Day of Malaysia. Je me contenterai de ses feux d’artifices qui ne sont pas factices! Croyez-vous qu’il vaille la peine d’entrer en ‘rivalite mimetique’ avec eux? Ou m’y brulerai-je les ailes?
Comment erre Anna — 31/08/2006 @ 1:27 am
— > Flatun, le bout de vos ailes me fait frissonner. C’est à mourir de délices… euh c’est un supplice qui n’en finit plus de mourir ? bah, j’en perds la tête… m’enfin, cessez ce scalp scalp scalp !!
— > Je mis mes tics sur la rive alitée (la source coule et l’oiseau chante), et vous, Anna, feux-d’artificez !
Comment erre Marie Danielle — 31/08/2006 @ 11:59 am
Ce que vous pouvez déraper, quand même! Revenons à nos moutons en laisse libre, car j’ai une autre idée.
La toile rougeâtre ci-haut, d’abord, à bien la regarder, il m’apparait évident que ce n’est pas de la peinture, mais une photo. Un gros plan d’une tomate (1/6ème de pastis + 1 trait de sirop de grenadine + 5/6ème d’eau) dans un verre dépoli fabriqué en Suède et vendu dans une grande surface du meuble à bon marché près de chez vous. Du coup, le poème n’a ni queue ni tête et c’est bien normal puisque vous êtes bourrée.
Bon. Qu’est-ce que je gagne? On danse la bourrée?
Comment erre Christian Aubry — 01/09/2006 @ 12:27 am
Ouh la la, Christian ! Vous ne craignez rien ! Bon, ce n’est pas moi qui pourrais vous gronder car je m’autorise souvent de grandes licences à l’égard de ce qui nous est présenté comme Intouchable, mais là ! Et tout ça en disant que NOUS dérapons !!
J’avais écrit : “Cette magnifique toile de Jean McEwen, Entrelacs rouges n’a rien eu à voir avec mon extase poétifiée”, n’est-ce pas ? Mais du jour où j’avais publié pour une 1ère fois ce poème, je l’y avais joint. Le rouge des Entrelacs de McEwen -mais ça n’engage que moi- m’apparaissent comme une exultation de la vie, le rouge y dansant sur fond sombre n’en a que plus d’éclat, et les paillettes dorées qui l’illuminent rendent une certaine chaleur, bref j’aime le mouvement qu’il y a dans cette toile (j’ai pas fait histoire de l’art, moi, m’sieu’ ! - hé hé, j’ai lu ton “CV”)
Maintenant, vous croyez tout de même pas que je vais vous révéler le secret de ce poème pour vous voir ensuite en faire de la chair à pâté ?!?
En tenant compte de l’heure où vous avez écrit votre com, on se dit que le bourré n’est pas celui qu’on croit : trop de scotch, hier soir, mm ?? Proche du délirium très mince !
Sinon, voilà, j’ai employé ce qu’on pourrait peut-être qualifier de surréaliste un procédé d’écriture afin de rendre la joie et le bien-être instense du moment vécu à l’origine. J’ai fait danser les mots et les structures de phrase, et les impressions qui s’en dégagèrent m’ont parues rendre mon état intérieur et mes sensations. Et à chaque fois qu’il m’arrive de le relire, je me retrouve là où il est né. Une photographie n’aurait pu mieux le rendre.
À propos de bourrée, je ne crois pas en avoir parlé ici déjà, un ancien collègue de travail avait coutume de jouer avec mon nom de famille en m’appelant “la bourrée d’âges”. On pourrait aussi entendre “labourée d’âges”, et ma foi, ça faisait assez de sens. De voir que vous me dites bourrée… Quant à la danse, vous voyez, je viens de vous l’accorder. J’espère que ça ne vous aura pas trop étourdi, après ce lendemain de veille ??
Comment erre Marie Danielle — 01/09/2006 @ 8:05 am
Pardonnez, Dame Bourdage(s), si je vous ai asticotée. En art comme en cuisine, chacun son truc, après tout.
C’est vrai que je ne suis pas trop attiré par les croûtes de peinture pseudo abstraites dont la matière ne rime qu’avec elle-même dans un hermétisme abscond, si vous me pardonnez le pléonasme. Rien à voir avec la sensualité destroy d’un Willem De Kooning (mon expressioniste abstrait préféré), qui, en explosant ses Femmes ou ses compositions, explorait la matière féconde du matériau peinture pour mieux en révéler la charge émotionnelle.
Non, je n’avais rien bu, hier soir. J’essayais juste de saisir le sens profond de la dicussion et de me mettre au diapason (car j’ai aussi joué de la guitare basse).
Comment erre Christian Aubry — 01/09/2006 @ 11:22 pm
Ah mais, des asticots bien frais et vigoureux, ça a de quoi exciter les barbillons d’une carpe ! (mais je ne digère ni les asticots d’élevage, ni les clones
)
Euh, je ne vois pas tout à fait ce qu’il reste de sensualité dans le tableau de femme explosée de votre De Kooning, et bien que le divan soit à l’étage du dessus, je vous invite à vous étendre sur votre sujet si ça vous dit. À première vue, je trouve ça assez indigeste, mais on sent qu’il s’est investit… Bon, à chacun sa sensibilité, ou son apprentissage.
Il me semble que tous les grands peintres explorent “la matière féconde du matériau peinture pour mieux en révéler la charge émotionnelle”, non ? Vous avez dû vouloir dire la charge des émotions humaines. Justement ce soir, je voyais (sur le Net) à nouveau des toiles de Rothko et leur ai trouvé plus d’intérêt qu’il y a environ un an, alors qu’elles me laissaient totalement indifférentes. Pour moi le déclic pour l’abstrait s’est fait avec les œuvres de De Staël (voir la catégorie qui lui est consacrée ici, si ça vous dit), dont plusieurs nous placent à la frontière de l’abstraction et de la figuration. Quant à l’hermétisme, je n’ai pas d’opinion très ferme encore vis-à-vis de ce caractère. Par exemple, devant une personne qui me serait très étrangère qui se montrerait inaccessible : par exemple, je pourrais probablement plus facilement déceler si c’est par pure arrogance et pour faire la pose, ou s’il y a mieux à trouver au-delà de l’apparence, mais je m’y entends trop peu en abstraction pour en départager. Ici, j’avais fait une note sur Molinari, à la suite d’un reportage vu à la SRC. Je trouvais vraiment plus intéressant de découvrir le peintre que ses œuvres en général. Vrai que, quel que soit le peintre, l’hermétisme pour l’hermétisme, je ne crois pas que j’arriverais à accrocher.
Pour en revenir à mon poème, il est hermétique ? Peut-être les deux premiers vers, mais encore, les mots sont suggestifs, non ?
Pour la bourrée, il paraît que c’est souvent joué à l’accordéon ou à la cabrette, y a des possibilités pour que votre guitare mute ??
Comment erre Marie Danielle — 02/09/2006 @ 12:34 am
Ce n’est pas la sensualité de la femme que De Kooning donne à voir, mais celle de son geste à lui, sa vie propre, son être naturel. L’effigie frontale de la femme n’est là que pour nous rappeler l’histoire de l’art et l’un de ses thèmes favoris — la madone — ici radicalement profanée, déconstruite puis submergée par l’expressionnisme abstrait. J’adore les peintures de De Kooning (surtout les “paysages” picturaux épurés de la fin de son oeuvre) car (1) de près, elles révèlent chez lui un immense talent d’alchimiste pictural et (2) de loin, elles nous confrontent à la subjectivité de nos interprétations figuratives qui sont à la fois réconfortantes (je distingue très nettement telle chose!) et déstabilisantes (car je sais bien qu’il n’y a là que toile, volonté humaine et pigments).
Ceci dit, je ne te raconte cela, Marie, que parce que je ne connais plus grand chose à l’histoire de l’art. Ce que je sais, en revanche, c’est que l’art de la seconde moitié du XXème siècle ne peut être correctement perçu dans les pages d’un livre ni, a fortiori sur le Net. Pour les apprécier et en tirer quelque chose de signifiant pour soi, il faut se trouver en leur présence physique. De par leur taille souvent monumentale, de par leur rapport à l’espace, de par la matière qui les compose et sa relation sensible avec la lumière, ce sont réellement des objets uniques dont la photographie ne peut absolument pas rendre compte avec précision — cela vaut pour De Kooning, pour Rothko et pour tous les autres artistes ayant échappé au “piège” de la figuration, ce qui inclut également Vermeer, Caravagio, Van Gogh et tant d’autres.
Comment erre Christian Aubry — 04/09/2006 @ 11:57 am
Ah ton supplément d’informations m’ouvre de nouvelles perspectives, Christian, et du même coup me paraît illustrer un fait, celui que l’art, pour s’en saisir, exige au minimum d’y être initié, sinon à l’univers de tout artiste, du moins à celui du courant dans lequel il s’inscrit. À ton avis ?
La nécessité de la présence physique est possiblement plus criante pour ces œuvres contemporaines, mais je pressens que notre œil manque toujours quelques chose en contemplant l’art par le biais d’autres médiums, on ne peut éviter de penser aux immenses fresques peintes en des cathédrales, par exemple. Peut-être soulignes-tu de fait que l’art contemporain exige absolument un rapport à l’espace physique dans lequel on l’expose ?
Peut-être aussi qu’un photographe ayant l’œil sera en mesure, dans certains cas, de rendre un peu mieux que d’autres ce qui ne s’appréhenderait vraiment que de visu ? Reste que pour quelque œuvre que ce soit, on ne peut faire l’économie de cette nécessité de se retrouver en leur présence physique. Enfin, si je peux retrouver, par des images sur le Net ou dans des revues, la charge des signes que contiennent ces œuvres que j’aime tant de Betty Goodwin, c’est bien parce que je conserve en moi leur résonance première captée lorsque je les ai vues de près. Voilà qui me laisse rêveuse, de me dire que les toiles de Staël, dont les reproductions à elles seules me remuent puissamment, me chavireraient l’âme, ce que je ne craindrais pas…
Je jetterai un nouveau coup d’œil à ces toiles de De Kooning, en les relisant à partir de ce que tu m’en as dit. Merci…
Comment erre Marie Danielle — 04/09/2006 @ 1:20 pm