08/08/2006 10:05 pm
S’évader.
Migrer dans l’Œil du Temps,
loin des assignations
de l’habituel.
En mouvance,
dans l’espace du signe fixe,
se pratiquer
une brèche de liberté
dans la saisie
d’un regard trans-formé.
Rencontrer l’Autre
dans le détour.
Se retrouver, Soi,
en d’autres contours.
L’Être se fait dans l’Art.
Et l’Art refait l’Être.
Dans l’Œil qui danse
sur le Miroir aux Images,
avant de le traverser,
l’Être et l’Art
se lisent et se relisent,
se lient et se délient.
Se substantifier
de la noix des mots
en les ouvrant,
comme on ouvre
une porte.
Déchiffrer le réel,
le broder,
débusquer le Sens.
Dans une nonchalance
éveillée,
se tenir, entre Ombres
et Lumière.
Lire,
Regarder,
sont une prière
pour déjouer l’absurde,
une quête d’appui
sur la mosaïque
des Traces
qui nous ont précédé
ou nous entourent.
C’est casser le mécanique,
s’éprouver,
jouir
de s’appartenir,
s’abandonner
à la
Présence
de l’Autre en Soi,
de Soi dans l’Autre.
Ce qu’on appelle Être Vivant.
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J’ai écrit ce texte en réponse à l’invitation de l’inénarrable Thierry Kron, mieux connu sous le pseudo de Traube, grand commentateur de la République des livres. Ces trois photographies à partir desquelles s’est laissée guider ma plume sont de Henri Zerdoun, Auteur-Photographe, également commentateur - se faisant toujours trop rare - de la République (Pierre Assouline accompagne d’ailleurs souvent ses textes d’une ou plusieurs de ses photographies). Parmi les points forts de son parcours, je retiens qu’il a été reporter-baroudeur pour des agences internationales sur tous les points chauds de la planète (Israël, Chine, Liban, Algérie, Irlande, Afrique..) et qu’il a éventuellement choisi de se “poser” à Paris. Ses photographies ont été, et sont toujours, de manière récurrente, l’objet d’expositions, et maints livres sont parus dans lesquels des écrivains ont mis en perspective ses thèmes et ses photos, dont Martin Winckler (que l’on sait également médecin), pour Le Corps en suspens.



