21/07/2006 2:45 pm
Pas question de plomber vos vacances. Ça le ficherait mal, d’amorcer mon retour avec un sujet lourdingue. J’vous ai pas habitué à ça, hein, amis lecteurs ?? But, the question is, precisely, compte-je toujours des lecteurs après cette longue absence ?? C’est vrai quoi, vous pourriez m’avoir “flushée”, voire enterrée. Mais, comme la photographie ci-contre l’illustre, vous ne pouvez pas faire disparaître une espiègle comme vous voulez, nan nan, car elle serait bien capable d’aller vous tirer les orteils durant la nuit…
La blogosphère aura continué à tourner sans moi. Quoique mon absence n’aura pas été totale. Quelques—uns pourraient même avancer que j’aurais squatté leur espace sans vergogne. Sans vergogne, mouahhh ?? Allons donc ! Bon, suffit de ma comédie, comment allez-vous ? La vie est belle ? Votre petit train-train va loin ?

Mon mien de petit train-train ne roule pas encore rondement. En fait, j’en suis toujours à procéder à la remise sur ses rails de ma locomotive. Pour tout vous dire, son état n’est pas encore parfait - i.e. pas “pleinement fonctionnel”, mais la vie a vraiment recommencé à ressembler à la vie. La survie paraît s’être taillée d’autres quartiers. Pour le moment, du moins, hein, car, as you already know, nous ne sommes jamais qu’en sursis… Alors, surseyons fermement.
Y aurait des tonnes de choses dont vous parler là, tout de suite, mais on ne peut pas tout faire en une fois, en une reprise de contact. Ah si je l’avais pu, je vous aurais mis cette musique-là, de Claude Léveillée, justement intitulée Contact. Vous dirai-je l’émotion qui m’a étreint hier alors que, à la suite d’un rendez-vous (pas galant, le R-V, médical), m’est remontée du cœur les mélodies au piano tant aimées de cet album de Claude ?
Une éternité, depuis que je les ai écoutées, ma table tournante m’ayant lâchée y a environ 2 ans. Eh bien elles étaient en moi, entières, douces et mélancoliques, touchantes. Moment de plénitude. J’aime Claude Léveillée. D’ailleurs, je lui ai déjà dit. Avec ces mots-là. « Je vous aime », lui a-je déclaré un soir, après son spectacle, alors qu’il recevait ses fans. J’avais… mmm… 24-25 ans ? Ça fait un sacré bail en tout cas. Il en avait été un peu estomaqué. Puis avait dit : « Merci, merci bien. », en me serrant la main chaleureusement. Amoureuse de l’âme de l’Artiste, j’étais. Et suis encore. Je vais devoir trouver rapidement à réécouter ces albums vinyle que j’ai, le double, en particulier, celui de 1976, à la Place des arts, où il chante la Froide Afrique, Ce matin un homme, Adagio pour une femme, etc. Et La peinture, un texte de… je ne me souviens plus de quel poète il s’agit, Claude Péloquin ?

Vous croyiez vraiment que j’en resterais là de mon léger babil ? Of course, il est bien permis, voire fortement recommandé, de prendre du bon temps, dans cette vie pleine d’emmerdements. Un de ceux-là, à ne pas négliger, parce que lui ne vous fera pas de cadeaux, c’est de ne pas garder sa tête dans le sable. Même sur la plage, c’est pas conseillé, c’est dire ! Alors, je reprends ce commentaire laissé chez Big Pic un peu plus tôt aujourd’hui. D’ailleurs, faut aller y lire les coms subséquents qui en discutent. Comme je l’ai écrit là-bas, c’est une brèche que j’ouvre, que j’entaille à peine. Un sujet inépuisable, aux multiples aspects. Ma brèche, minuscule, est évidemment insuffisante à circonscrire son ampleur. Mais on est ici pour jaser, discuter, réfléchir…
« Flatun, je pratique une brèche dans votre commentaire, l’actualité récente m’y pousse. Ainsi, demanderais-je (en général, Flatun, vous n’êtes pas particulièrement visé) : “entre adultes consentants”, oui, mais l’est-on, adulte, parce qu’on a atteint l’âge légal pour pratiquer la bagatelle comme on l’entend ? On doit assumer que oui. Z’avez entendu parler de ce parti pédophile néerlandais ?
Cliquer ici pour lire l’article paru dans le Figaro.
Nouvelle, sinon sidérante, abracadabrante.
« Nous sommes environnés de menaces extrêmes. Le nucléaire, sans doute. Mais plus insidieusement le biologique, la manipulation des gènes, qui fut une des “solutions finales” de la folie hitlérienne. Je vous dis ceci, Jean Pénard, et je souhaite que vous le répétiez autour de vous : je ne vois pas, je ne vois plus ce qui pourrait retenir les hommes d’aller trop loin. »
In « Rencontres avec René Char », par Jean Pénard.
LA question de notre temps : quels repères “absolus”, pour échapper au fascisme de la relativité ?
Un espoir, pour notre temps : les victimes retournent à leurs agresseurs ce qui leur appartient en “propre” : la honte. Les victimes ne sont plus muselées, ne se terrent plus (quand elles en sont capables, ce qu’il faut respecter) dans ce silence qui prolongeait le geste annihilateur autrefois. Mais je crains que les luttes ne deviennent encore plus amères et… barbares. Espérons que je me trompe. »
Et s’il n’y avait que ça ! Aaaah cette insoutenable légèreté de l’être…





[Ne sachant résister à une invitation aussi charmante, je ne puis que copier-coller la réponse BigPicienne que je vous fis (sans le lapsus).]
Sandy, vous ouvrez une brèche béante. Les médiévaux considéraient que la “majorité sexuelle” était la puberté. Ce qui, en pure théorie, me semble assez juste. La question devient terrible lorsque l’on songe aux possibilités d’abus, ou, inversement, à la faculté de jugement des parents/tuteurs.
Une amie fut traumatisée non pas d’avoir (amoureusement) perdu sa virginité avant 15 ans, mais par l’interrogatoire policier provoqué par le dépôt de plainte fait par un paternel outré qu’un adulte ait ravi “l’honneur” de sa fille…
Reste qu’un homme politique devrait pouvoir voir sa vie privée privée, pour citer Traube.
Pour avoir un repère absolu, il faudrait croire en l’Absolu… et savoir relativiser ses applications
La quadrature du cercle, exactement.
Enfin, je rejoindrais aisément notre trop rare ami Robert sur les méfaits de la course éhontée au statut de victime, dans tous les domaines : des procès d’Outreau au conflit israelo-libanais (où les Libanais sont aujourd’hui autant les victimes du hezbollah que de l’état hébreu, qui eux mêmes réclament ce statut).
J’aurais envie de dire que l’éthique est d’autant plus impossible à règlementer rationnellement, qu’elle relève de l’intersubjectivité.
(À mon humble sens, les grandes religions l’ont bien compris et ce serait pourquoi il y a autant de contradictions internes en elles. Ces contradictions révèlent une adaptation pragmatique aux différentes circonstances et sont l’espace de liberté que +tous+ les fondamentalismes voudraient refermer, pour affirmer une vision de l’homme et de la société “sans péché”. C’est en réalité une rationnalisation de l’absolu et une réification de l’humain, une vision mécaniste, donc totalitaire.)
[À tous les autres, sorry de cet aparté pseudo-philo pour provocatrice espiègle]
Reste que bombarder ou “rocketetter” des enfants pour “faire plier” un groupement politique armé est une saloperie. Là dessus il n’y a aucune contradiction dans aucun texte, sacré ou pas.
Tout le monde est d’accord, sauf les gouvernements démocratiques aujourd’hui, comme théocratiques hier.
Allez comprendre.
Comment erre Flatun — 21/07/2006 @ 4:16 pm
PS C’est très joli les dessins de Mafalda.
Comment erre Flatun — 21/07/2006 @ 4:18 pm
Eh bien, vous me faites là un grand plaisir, Flatun, merci de paraître ici !
Pour ceux qui auraient la flemme d’aller sur Big Pic, voici ce que j’ai répondu à votre suite :
Traube, vous parvenez à situer précisément ce moment d’établissement en tant qu’adulte ? En ce qui me concerne, il s’est agi d’étapisme. Majeure à 18 ans, mais adulte, ça… Sur certains plans plus qu’à d’autres. Mais il faut bien fixer un âge précis, socialement, où l’on détermine que l’on puisse être tenu pour responsable.
Cher Flatun… comme j’aimerais parvenir à circonscrire et articuler aussi bien que vous les différents éléments dont tenir compte vis-à-vis du fait humain, sans hauteur méprisante et sans hermétisme. Avec toujours ce parfum politique…
Puisque vous en parlez dès le départ, je crois que vous vouliez dire “maturité” sexuelle, plutôt que “majorité”, cela s’appliquant de fait à la maturité physiologique. Que l’on croirait encore plus précoce de nos jours, du moins chez les filles à ce qu’on en dit, vu la précocité de leurs premières menstruations.
— Là, je suis embêtée. Au sens que je ne sais pas si ces digressions embêtent beaucoup Corine ou pas. Je sais que ce blog n’en est pas à une digression près, et ce, bien avant que je n’y participe, mais tout de même, ça me préoccupe un peu. En tout cas, je me suis remise à mon blog, et j’ai repris mon com précédent dans ma note du jour, sans en faire son seul sujet. Alors, la discussion peut se poursuivre là, si cela vaut mieux.
http://soif.blogsome.com/2006/07/21/dieses-et-bemols/
L’exemple que vous rapportez, Flatun, est très probant. Vous mettez également les accents là où ils se trouvent, mais j’aurais pas pu les cerner avec autant de concision : l’intersubjectivité, les rationnalisations et leurs récupérations religieuses et politiques, et cette fameuse quadrature du cercle.
Ce recours éhonté au statut de victime, l’effet du pendule après les abus éhontés des abuseurs ? N’empêche qu’aujourd’hui, on sait jouer des réputations et des apparences de tous côtés. Les cultures s’entrechoquent, avec chacune ses usages, ses croyances, ses valeurs, sans compter la sophistication qu’a atteinte la manipulation. Noooon, cé pô siiimp’ !
Là, j’ai pas mal bourlinblogué pour le moment, je m’offre une pause, mais il est possible que je revienne avec des ajouts.
Mafalda, et la Lucy de Charlie Brown, je suis très fan !
Avec Flatun, Saturne bien rond itou. Y aurait pas une Vénus là-dessous ?
Comment erre Marie Danielle — 21/07/2006 @ 5:18 pm
Well, au moyen-âge la mariage était possible (”consommable”) dès la puberté. La majorité de la femme, en revanche…
Encore que certaines aires musulmanes furent plus “libérales” à ce sujet. C-à-d que d’abord chacune possédait son patrimoine en propre (quand patrimoine il y avait, évidemment) et qu’ensuite le divorce était possible*. Une femme divorcée disposait donc d’une autonomie sociale totalement inconnue aux Européennes de l’époque, à fortiori si elle était mère.
Toutefois, les travaux de Régine Pernoud, que je n’ai hélas pas lus, ont paraît-il démontré que l’européenne médiévale jouissait de bien plus de droits que ce que l’école républicaine a enseigné pendant longtemps. Et enseigne encore. (La France a toujours très peur de dire du bien de l’Ancien Régime à ses enfants, un cas très curieux d’Histoire politisée…)
Bref, perso, je ne voterais pas pour un “parti pédophile” s’il y avait ça en France, c’est sûr.
Pourtant, en pure théorie, je me demande quand même dans quel mesure l’interdit sexuel post puberté ne nous affecte pas. C’est quand même pas mal d’années de refoulement que nous imposons à nos enfants, à un âge très tendre, justement.
Vous dites le mot : la question est aussi –et surtout– celle de la maturité affective.
On pourrait envisager qu’un psy quelconque puisse déterminer s’il y a lieu ou non d’entamer des poursuites dans des cas similaires à celui que je cite. Mais quand je vois le niveau de la psychologue qui a fait les premières “expertises” pour le procès d’Outreau, j’abandonne l’idée tout de suite !!
bref, j’en sais rien !
15 ans, ça semble un bon compromis, tout de même. D’autant que notre espérance de vie s’est bien rallongé, et que La femme de 30 ans, de Balzac, en aurait plutôt 40, de nos jours. Et encore…
* les textes nous montrent que le divorce à l’initiative de la femme était largement prévu, mais, allez savoir pourquoi, plus le temps a passé, plus ça s’est compliqué pour elles. Toujours est-il que la jurisprudence afghane a gardé jusqu’au années 1970 l’insatisfaction sexuelle comme motif valable de divorce demandé par une femme.
Gageons que si le Code Napoléon avait institué ça, Freud aurait eu beaucoup moins de client(e)s. Eh eh !
Comment erre Flatun — 21/07/2006 @ 6:45 pm
Mais, au Moyen-Âge, la pratique la plus répandue, et pas que dans le monde arabe ou musulman voire l’oriental, n’était-elle pas que le mariage était une affaire arrangée entre deux familles y trouvant chacun son intérêt, la plupart du temps ? Ce qui s’en dégagerait, advenant le cas qu’il en aurait été ainsi, serait que les individus n’exerçaient pas encore de choix à partir de leurs désirs, leurs sentiments et leurs pulsions, mais par obligation sociale et familiale.
On a beau se dire vivre à une époque de liberté en ce domaine, du moins en Occident, les rapports humains se sont en quelque sorte enrégimentés autrement soit du fait des nouvelles formes de marchandisation du corps, soit par les propositions + ou - aberrantes, évidentes ou sous-entendues, que contiennent des représentations sans âme véhiculées socialement, dans notre société du divertissement et de la consommation. À l’époque où mes parents se courtisaient, des attouchements très pudiques se trouvaient aisément sanctionnés lorsque surpris, il y avait un certain romantisme dans les rapports, mais aussi un monde de pulsions contenues moralisé par l’Église, tellement que le regard sur soi par soi-même se perdait dans le filtre religieux. Aujourd’hui, des fillettes de 10-12 ans (je ne crois pas que ce soit la majorité, mais ça semble suffisamment répandu pour considérer la chosse alarmante) font des fellations aux garçons tout simplement parce que les commandent les jeux d’imitation des adultes vus dans des films pornos ou sur internet. Je pense bien que de tout temps il ait pu se trouver une pourcentage de la population dont le sens de ce qu’ils étaient n’aura pas été “dénaturé” mais, époque pour époque, au vu de ce que j’en sais - i.e. que ça a bien des limites -, que les êtres humains aient la possibilité de croître et de vivre en éprouvant le sens de ce qu’ils sont sans être sévèrement asservis à des volontés extérieures dont les intérêts sont de l’ordre d’une exploitation quelconque, ça me paraît encore trop peu répandu. Mais ça, c’est aussi un avis que je me fais en fonction de ce préalable qui induit que nous vivons à une époque très évoluée, très civilisée. À certains égards, oui, mais parfois ça ressemble presque à des voeux pieux profanes…
À propos de cet interdit sexuel post-puberté : un révélateur du désarroi devant un phénomène déjà éprouvé par les adultes mais à l’égard duquel nous baignons encore trop dans l’incompréhension, encore pétris que nous sommes par les interdits (et ce qu’ils pouvaient induire) du temps de notre propre adolescence, et cela souvent même chez ceux qui les auraient bravés. Cette période de latence pré-pubertaire, est-elle réellement ce qui en a été fait, et cet éveil sexuel chez l’enfant en croissance, pourquoi est-il coupé de son éveil au monde ? Pourquoi ne sait-on pas encore favoriser le développement dans l’apprivoisement de cet inconnu qui surgit graduellement ? Trop d’adultes confondent également ces pulsions qui entrent en effervescence avec ce que les leurs sont devenues, en travestissent le sens et la portée.
La maturité affective, une acquisition que l’arrivée à lâge adulte ne garantit pas. Et ça, c’est sans compter les différences individuelles au départ.
Vrai, il y a de quoi trembler un peu/beaucoup à l’idée que les spécialistes et experts puissent commettre des erreurs analogues à celle d’Outreau, que vous mentionnez.
Notre Artpeur, ici, veut reporter à 16 ans l’âge du consentement sexuel, qui était jusqu’ici de 14 ans. Franchement, qu’il manifeste une préoccupation pour la chose, ça n’est pas automatiquement négatif, mais je trouve que c’est mettre la charrue devant les boeufs. Pour moi, tout devrait transiter par l’éducation, par l’éducation à penser par soi-même et pour soi-même à partir des savoirs disponibles et à partir de ce qui est pressenti en soi.
U T O P I E
Eh bien oui, mais j’vois pas mieux qui me fasse vivre, qui permette du sens.
J’ai peut-être l’air comme ça d’avoir des idées bien approfondies ou arrêtées, c’est selon, sur ces questions, mais c’est bien la première fois que m’est donnée l’occasion de formuler un peu “synthétiquement” ce qui s’est défini en moi au cours des ans et de mes observations, mes lectures, mes expériences et mes réflexions. Par ailleurs, je n’en ferais pas un système. Sauf d’échanges. Des échanges entre des idées et les réalités comme elles se vivent et non telles qu’on les suppose ou les veut. Sinon on n’avance pas, on ne commet que des faux pas. Mais qui pavent le chemin, tout de même. Etc.
Je ne connais pas beaucoup l’oeuvre de Balzac, et donc ne saisis pas votre idée de la femme de 30 et de 40 ans, sorry…
Si je pensais avoir une telle discussion aujourd’hui, pardi, non. C’est agréable. Mais ça en bouffe, du temps !
Comment erre Marie Danielle — 21/07/2006 @ 10:09 pm
D’abord c’est vous qui avez lancé ce sujet. Non mais !
By the way, une réaction sur Big Pic m’a fait craindre d’avoir été mal compris. Pas par vous : vous avez saisi ce que j’entendais.
Les mariages arrangés ne sont pas seulement du moyen-âge ! pour la France, la rupture c’est 1968, son mois de mai et le travail des babyboumeurs français durant les 70’s (le travail de l’imagerie hollywoodienne aussi…).
Là, la vision “romantique” de l’amour s’est imposée. D’aucuns feraient remarquer que le taux de divorce a augmenté aussi, mais c’est à tempérer par le fait que le divorce à l’amiable est très tardif, du moins en France. (J’ignore l’histoire nord américaine à ce sujet.)
Ramener l’âge du consentement de 14 à 16 ans ? Celui que j’étais à moins de vingt ans bondirais à cette idée. Cette amie dont je parle plus haut avait 14 ans.
En lisant votre description des “nouvelles” pratiques des 10-12 ans, j’ai commencé par être choqué.
Puis je me suis souvenu que je j’avais pensé au moyen âge précisément parce qu’il semblerait bien que la vie rurale a bien connu certain usage des meules de foins.
Toutefois le phénomène que vous décrivez serait peut-être à rapprocher de celui de l’habillement hyper sexy des pre-teens ?
En tous les cas, je pense fermement une chose : c’est que, comme vous le remarquez, les enfants n’apprennent que par imitation. Ils font pas ce qu’on leur dit, il font ce qu’il voient (un truc que beaucoup de parents oublient, et c’est terrible, qu’ils l’oublient).
Les enfants nous renvoient donc l’image de ce que nous sommes, l’image, enfantine, de notre société.
PS. ‘La femme de 30 ans’ est un roman de Balzac. Que je devrais relire d’ailleurs, il y a déjà 10 ans… Bref, il y décrit ce que nous appellerions maintenant la crise de la quarantaine. Bien que nos quadras ont d’autre perspectives sociales que de se placer sous protection maritale, et même après 40.
Voilà. Fait pour valoir ce que vaut le résumé en 3 lignes d’un roman balzacien.
Comment erre Flatun — 22/07/2006 @ 1:21 am
Ben oui, c’est moi qui ai lancé le sujet, mais je ne me plaignais nullement qu’il demandât tant de temps, je le reconnaissais, c’est tout. Je tendais surtout à dire que sans interlocuteur qui s’y engageât, il n’y aurait point eu de suite, dear. Et dépendamment de la qualité de l’interlocuteur - qualité de nature ou de culture -, les voies sur lesquelles s’aventurer varieront. Il y a des sujets que je peux développer à mon gré, d’autres que je lance fragmentairement et dont les suites donneront lieu à des développements, ou pas, mais j’apprécie énormément les échanges féconds. Probablement parce que longtemps ils furent plutôt rares. La tendance est nettement à la hausse, depuis la fin des années 90. Voilà.
Mariage et divorce. Je ne saurais parler que du Québec, encore que de façon limitée. Votre tournant de Mai 1968 correspond ici à l’époque de notre révolution tranquille : http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_tranquille
Libéralisation des moeurs, révolution sexuelle, une certaine “laïcisation” (pour faire court). Nos babyboomeurs ont prôné l’amour libre, l’ont expérimenté + ou - heureusement, en sont + ou - revenus. Parfois désenchantés, parfois en réussissant un passage vers une vie de couple ou de famille plus heureux.
Je crois que les conditions dans lesquelles le divorce s’opérait ont été un brin plus facilitées qu’en France. Avec pour résultat partiel, mais important, que leurs enfants en sont venus à désirer vivre des amours plus durables, dont les airs imitèrent les modèles traditionnels apparemment tombés en désuétude. Mais sans Dieu, ou sans le joug religieux qu’avaient connu leurs prédécesseurs.
Cela dit, mes parents se sont mariés bien avant, autour de 1944, leur mariage n’était pas arrangé, je ne crois pas que cette pratique-là sévissait tant que ça à leur époque. La conscription, par contre…
Notre Artpeur justifie ce passage de 14 à 16 ans surtout dans le cas de relations où l’écart entre les partenaires serait plus notable. Ce n’est pas de cette loi-là dont notre société a besoin, à mon avis.
L’habillement hyper sexy des teens, des pratiques sexuelles édictées par le groupe/la gang, ça participe sûrement d’un même phénomène, pas très heureux. Par contre, bien des jeunes (pas les mêmes que ceux dont on parlait juste avant) ont pu avoir des amours plus libres que leurs aînés, ce qui me semble avoir pour effet chez un bon nombre d’entre eux d’une perspective de l’union moins idéalisée, plus concrète, plus saine.
L’usage des meules de foin ? Une allusion à celles que j’ai moi-même fait chez PA, coquin ?? Anyway, mon expérience dans un décor aussi champêtre demeure relativement innocente et limitée, mais ces souvenirs conservent un halo plein de charme.
Vous croyez qu’y a que les enfants, pour apprendre par imitation ? Mais ne demeure-t-on pas de grands enfants toujours ? Admission de la bouche même d’une spiegel !
(je crois que le terme “infantile” était celui que vous entendiez, parlant d’image “enfantine” de notre société)
Et pendant ce temps-là, au Liban…
Comment erre Marie Danielle — 22/07/2006 @ 9:47 am
Avis aux [éventuels] commentateurs :
Je ne sais pas pourquoi les commentaire sont retenus pour modération, j’ai pourtant choisi l’option de publication immédiate. Je vais procéder à des vérifications, mais d’ici là, n’ayez crainte, votre commentaire ne se perd pas une fois que vous avez passé l’étape du spam blocker.
Comment erre Marie Danielle — 22/07/2006 @ 9:53 am
C’est intéressant, ce sujet. Je n’avais vraiment mesuré le grand écart qu’il y a faire entre la protection contre les monstres du quotidien, comme Dutroux ou bien des “oncles” dans bien des familles, hélas, et le respect de la naissance de la vie sexuelle ches les ados qui “vont bien”.
Je n’ai reçu la confidence de cette amie qu’assez récemment, alors que cela fait des années que je la connais.
Cela m’a nettement plus impressionné que la lecture de Matzneff, c’est sûr. Je serais curieux de lire le récit d’une de ses aventures par l’une de ses “conquêtes”. Ce serait beaucoup plus intéressant que ses jérémiades assez cuistres, il faut le dire.
“infantile” eut été plus juste, oui.
Je me souviens d’une année de collège (highschool ?) où une des élèves, plus agée, du haut de ses 16 ans se vantait des ses aventures en boite de nuit (notament dans des couloirs de toilettes…).
Un peu d’envie admirative devant tant de liberté, et, quand même, l’éducation que j’ai reçue jouait en me faisant penser que c’était un peu vain, cette accumulation. Je pouvais aussi me demander quelle était la part de mythomanie chez cette adolescente
Je n’aurais jamais la réponse, mais le seul fait qu’elle ai tenu à raconter est significatif.
J’avais une impression mitigée
Une Samantha avant la lettre.
Bon, bref, comment protéger les enfants sans leur faire croire qu’ils ont un monstre entre les jambes. Je crois que chaque génération, et chaque civilisation, aura à trouver sa réponse.
Comment erre Flatun — 22/07/2006 @ 12:27 pm
L’exemple de votre amie, à l’instar du mien (cette ancienne amie ayant été incestuée par ses oncles) ne font qu’illustrer une même phénomène : le rapt de l’intime d’une personne qu’ils traitent comme leur propriété.
Matzneff, jamais lu, mais ça me fait penser de vous reparler de Denise Bombardier, dont le nom de famille a dû autant la déterminer que son caractère qui s’y est allié à “merveille” (bon, certains vous diront la trouver trop… msculine pour s’en émerveiller !). DB fait partie de cette petite poignée de femmes qui ont ouvert le chemin à tant d’autres à leur suite. Elle, en tant qu’”intellectuelle” (cela aussi se discute) et animatrice télé, à Radio-Canada uniquement, je crois. Elle a fait preuve d’un “front de boeuf” pour se tailler une place dans ce monde des communications qui était alors la chasse gardée des hommes. Redoutable dans ses entrevues, affirmée, trop agressive aux yeux de ceux qui veulent les femmes effacées. Et puis, vous pensez bien, une intellectuelle dans un pays qui ne les prise pas… Pivot l’a reçue souvent à ses émissions, vous ne l’avez jamais vue ? Si mes souvenirs sont bons, c’est justement sur l’un de ses plateaux qu’elle aurait “apostrophé” Matzneff, et peut-être même deux fois plutôt qu’une. Je ne l’ai pas vu, mais ça a fait beaucoup jaser.
Le monstre entre les deux jambes, comme vous dites, me semble n’avoir d’égal que celui d’entre les deux oreilles, lorsque celui-là, abruti ou néantisé, prend de ce fait des airs de mauvais compagnon, non ?
J’avais mentionné le cas de cette ancienne amie une 1ère fois chez Big Pic, alors qu’il était question de racisme. J’avais omis un second élément qui justifiait mieux c rapprochement. Bien des années plus tard, elle avait eu un contrat de travail pour des arabo-québecois. Or, elle a éprouvé tout un tas de difficultés à se faire payer, et en parlait en qualifiant toute la communauté de maudits arabes. L’abus subi était bien moins grave que ces incestes répétés par gens de “son sang”, et pourtant elle n’a pas généralisé ce dernier en cas d’espèce raciste. Ô insondables méandres de l’esprit, du coeur et du corps…
Comment erre Marie Danielle — 22/07/2006 @ 2:51 pm