Allez savoir pourquoi, le thème m’inspirait…
Première contribution au Coïtus impromptus.


Comment dire je t’aime sans se compromettre
(le thème de la semaine)

À Strasbourg (mais il n’est pas dit qu’il y habite en permanence), un coquin se plaît occasionnellement à me laisser des mots d’amour dans un espace qu’il sait voué à l’oubli. Un espace statisticien. C’est qu’il a le romantisme biscornu, mon coquin, et de l’humour. De l’humour allaisien. Mais pas que.

Prétextant rechercher un poème contenant un vers fort pratiqué, « Je t’aime et je t’embrasse », il parvient aphotiquement à aborder mon rivage euphotique. Inutile pour lui d’en ramer un coup, le tout lui vient aussi aisément que l’esprit.

Sa plus belle déclaration, sa déclaration oeuvrée fut néanmoins - je dois le reconnaître - celle-ci :« La noix, je la casse, et toi je t’embrasse ».

Celle-là est hautement poétique, n’en doutons point. Elle révèle l’amour impossible qu’il me porte, par l’alchimie de sa référence à Ghérasim. « Celui qui ouvre le mot ouvre la matière et le mot n’est que le support matériel d’une quête qui a la transmutation du réel pour fin. »

Le tout demeurant toujours anonyme. Sous le masque de l’accidentel. Mais, lui et moi, nous savons. Ainsi fait-il chanter (et rire) la carpe. Sacré coquin…