09/12/2005 7:23 pm
Le conte de NoWell Faust-’pataphysicien
Être une femme libre*, cela équivaut-il systématiquement à se retrouver sur la paille ? Voilà où je m’en trouvais de mes délibérations existentielles lorsque le Marquis donna signe de vie. Lui à qui, je me dois de vous le dire, le désert donna vie (avec, évidemment, tout le tralala dévolu à de telles circonstances, c’est-à-dire que sa naissance fut précédée d’une voix projetant les plus Ôkris de sa mizabah) tenait à m’assurer que ma poïkilothermie ne lui faisait ni chaud ni frette.
Son charme français (comment ? mais bien sûr que si, des Français dans le désert, ça se trouve, relisez l’histoire coloniale quoi !), donc, parlant de son charme français, j’allais dire qu’il opéra sur moi comme sur une Carmen aux abois — pléonasme, s’il en est, car comment se pourrait-il de concevoir autrement qu’aux abois une Carmen, une meute étant toujours à ses trousses ?
Enfin, entre bonnes gens de la cour, point de salamalecs. Mais des manières, ah si ! Prétendument bonnes, il va de soi, comme il en va des tissés-serrés motifs sur lesquels s’asseoient la royauté, les élites et tous les bachi-bouzouks de ce monde. Bref, le Marquis m’annonçait sa venue pour la NoWell et demandait à ce que nous nous rencontr’âmes. Sans tambours ni trompettes, simplement avec son grand manteau qu’il m’a confié craindre de le voir déchiré par les Reines. Ah tiens, me dis-je, ce serait là une moeurs italienne ?!?
Le Marquis vient, le Marquis vient ! me répétais-je au rythme de mon coeur affolé et réjoui. Et me voilà, Baronne, à nouveau sur la paille, faisant de l’or mon lit, entre le boeuf et l’âne n’ayant de cesse de me myrrher et de m’encenser chaudement ! Ah ! Dom Mage, j’ai enfin tout pigé, m’écriai-je, mon Sauveur est ‘pataphysicien ! C’est bon, c’est bon, puisqu’il le faut, je vous le rends, contre âme.
*Étymologie, dans le Petit Robert :
BARON, ONNE n. — Xe; frq °baro « homme libre ».
–> Donc, la femme itou, mon pitou.
NDLR : le premier à reconnaître publiquement mon titre de Baronne fut Sir Hrundi.




mais pour se libérer, il faut savoir parfois limer les baros de sa cellule !
Comment erre procrastin — 10/12/2005 @ 5:46 pm
“baros” ?
Sir Procrastîne dear, parlez-vous de barreaux ou de barons ? Dans le 1er cas, n’avez-vous jamais entendu les témoignages de certains hommes ayant été emprisonnés et s’étant senti plus libres en taule que nulle part ailleurs auparavant ? Dans le 2e cas, limer un baron, mais Sir, je n’en connais point qui soient encore libres : soit ils ont été déchus de leur titre parce qu’ils ont montrés ne pas le mériter en étant trop vénaux, soit ils ont épousé une dame de plus haut rang, perdant du coup leur statut d’homme libre en acquérant un titre “plus élevé” (cas beaucoup plus rares, certes). Enfin, peu importe, le sort a voulu que moi, je sublimasse*, trouvant ainsi une élévation qu’autrement les hommes se sont montrés impuissants à m’offrir.
*dessous la limace, nous retrouvons quelque matière baveuse dont je crois que vous pourriez nous KOHer (potasser) un papier, pas vrai ?
PS: merci, thank you, grazie mille ! car, si votre langue n’avait fourchu, je n’aurais eu ce moment de détente. Cela vous voudra bien des indulgences…
Comment erre Marie Danielle — 10/12/2005 @ 6:20 pm
C’est vrai que ce calembour éthymologique était un peu tiré par la perruque poudrée. Il n’en a pas fallu beaucoup à Robert (petit certes, mais bien fourni) pour me pousser sur la pente savonneuse du mauvais jeu de mots de boudoir…
Comment erre procrastin — 12/12/2005 @ 4:09 pm
“un peu tiré par la perruque poudrée” : ah l’union de l’humour anglais et de l’esprit français en vous engendre de cocasses images, Sir Procrastîne ! Et après vous me direz que vous ne fréquentez point les gens de la haute cour ??
Comment erre Marie Danielle — 12/12/2005 @ 11:43 pm
ma chère Baronne,
que puis je ajouter? les mots manipulent, tronquent, déforment, cachent et ne peuvent exprimer donc toute la joie que j’ai à vous rencontrer.
Je laisse donc tout ce blanc pour que vous puissiez lire à votre aise entre les lignes combien ce fut une grâce de vous connaître ici bas.
votre dévoué marquis
Comment erre le marquis de Montcalm — 14/12/2005 @ 5:52 pm
Pardon, Marquis, ce n’est qu’aujourd’hui que je constate que vous vous êtes manifesté ici. Dois-je comprendre que toute cette neige qui nous est annoncée ces prochains jours serait la manifestation céleste illustrant votre propos d’avant votre venue ?
Baronnesque salutation,
Comment erre Marie Danielle — 15/12/2005 @ 10:20 pm